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plaines côtières souvent très étroites de même que pour d'autres raisons l'essentiel
de l'afflux touristique tant au nord qu'au sud du bassin.
Ainsi les populations urbaines littorales passeraient toujours selon le Plan
Bleu de 82 millions d'habitants en 1985 à 170 millions en 2025. A cela s'ajouterait
l'afflux touristique avec un pic estival impressionnant. Malgré ses quelques 43 000
km de côtes, il est donc à craindre que cette urbanisation ne dévore l'ensemble des
zones littorales encore réputées sauvages.
Dès à présent dans les trois pays du Nord-Ouest, plus de 4 000 km 2 sont
urbanisés ce qui est énorme si l'on songe que la majorité de ces constructions
concerne une bande littorale de largeur moyenne de l'ordre d'à peine 500 mètres !
On arriverait ainsi à l'horizon 2025 avec un taux d'urbanisation excédant 80
% dans certaines zones en particulier du Sud et de l'Est du Bassin. Ces prévisions
risquent à tout le moins de pêcher par défaut si l'on songe qu'en Grèce par exemple,
90 % des touristes et plus de 75 % de la population nationale sont localisés sur la
frange littorale de ce pays !
Outre l'occupation désastreuse de l'espace que cela implique pour les
écosystèmes côtiers, cette urbanisation entraînera une pollution accrue des eaux
littorales, si leurs effluents ne sont pas correctement traités, car ils correspondent au
déversement d'au moins 2 milliards de m 3 d'eaux usées par an dans la mer. On
imagine sans peine les désastres écologiques que représenteraient pour les
biocénoses de la zone néritique ces rejets en l'absence de traitement, or à peine 30 %
des rejets d'égout actuels font l'objet d'un traitement généralement primaire donc
peu efficace.
De plus, cette urbanisation induit une consommation supplémentaire
d'espace liée au développement des infrastructures de transport, des ports de
plaisance, ...détruisant irréversiblement dunes, lagunes et autres zones humides
littorales, sans omettre les divers biotopes marins affectés.
L'urbanisation a déjà été la cause de l'éradication de nombreux habitats
d'importance écologique exceptionnelle en particulier des milieux dunaires
relativement rares sur le pourtour méditerranéen (Fig. 34). A cela s'ajoute pour les
dunes marines l'usage des véhicules tout terrain qui soulèvent dès à présent de
redoutables problèmes de conservation pour les biocénoses fragiles propres à ces
écosystèmes littoraux comme en Camargue.
Par ailleurs les constructions de marinas et de centres résidentiels littoraux
destinés à accueillir les touristes ont conduit à la perte par remblayage de
nombreuses zones humides côtières, sans omettre les effets désastreux de la
construction de ports de plaisance et des ancres des navires sur les herbiers de
Posidonia oceanica.
L augmentation des besoins en eau associée à l'accroissement démographique et ses
corollaires, celle de 1 urbanisation, de l'industrialisation, et de l'agriculture,
présente une menace immédiate sur toutes les zones de marais d'eau douce
littoraux, en danger d assèchement : El Kala en Algérie, Ichkeul en Tunisie, diverses
zones humides de Turquie et le célèbre Parc National du Coto Donana en Espagne
où la régression de la surface marécageuse due au pompage des nappes phréatiques
pour 1 irrigation associée à une intrusion des eaux salées souterraines a provoqué
une régression catastrophique des étendues palustres de cette exceptionnelle zone
protégée.
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