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LES
PHYTOCÉNOSES
PHANEROGAMIQUES
DU
LITTORAL
MÉDITERRANÉEN FRANÇAIS. FACTEURS ET DEGRÉS DE MENACE
DE DISPARITION : Roger LOISEL
Une phytocénose ou association végétale est avant tout une combinaison
originale d'espèces ; elle est définie par un ensemble spécifique normal au sein
duquel les espèces dites caractéristiques servent à souligner son individualité
(GUINOCHET, 1973).
Cette unité synsystématique révèle par sa composition floristique des
conditions écologiques particulières, qu'elles soient de nature physico-chimique,
biologique ou historique.
En ce qui concerne le littoral méditerranéen français, la combinaison des
caractéristiques écologiques est remarquablement variée ; il existe par suite une
grande diversité de phytocénoses.
Certaines de celles-ci, moins exigeantes du point de vue de
l'environnement, occupent un espace géographique important. Ce sont pour la
plupart des unités décrites par les premiers phytosociologues et en particulier Josias
BRAUN-BLANQUET (1957) et René MOLINIER (1934). D'autres, plus nombreuses,
s'accordent avec des biotopes et des taxons (de rang spécifique ou infraspécifique) à
aire de répartition fréquemment limitée voire très limitée. Leur description est
souvent plus récente et relève des progrès de la systématique et d'une conception
plus moderne de la phytosociologie ; ces phytocénoses ont souvent une valeur
territoriale et ont été individualisées notamment par Jean-Marie GEHU et Jacques
GAMISANS.
Il n'y a pas lieu de rentrer ici dans le détail de l'ensemble des phytocénoses
recensées sur le littoral méditerranéen français. Après qu'aient été brièvement
présentés les conditions écologiques de leur développement et les principaux traits
morphophysiologiques des espèces qui les constituent, les principales associations
des côtes méditerranéennes seront analysées.
Pour chaque grand ensemble phytosociologique et compte tenu de leurs
exigences écologiques propres, seront étudiés les éléments exogènes qui, à terme,
pourraient entrainer leur régression voire leur disparition.
A) LES CONDITIONS ÉCOLOGIQUES
La majeure partie du littoral méditerranéen français est en ambiance
mésoméditerranéenne (température moyenne annuelle comprise entre 14°C et
15,5 C) ; certains secteurs du Roussillon, du Var, des Alpes-Maritimes et de la Corse
peuvent cependant être intégrés à l'étage thermoméditerranéen ou pour le moins à
sa partie supérieure (température moyenne annuelle supérieure à 16°C ou voisine
de cette valeur et moyenne des minima du mois le plus froid supérieure à 5°C). Le
climat ne joue cependant pas un rôle prépondérant dans le déterminisme de la
diversité du tapis végétal côtier mais il convient cependant de rappeler que les
amplitudes thermiques restent faibles sur le littoral, en raison même de la
LES
PHYTOCÉNOSES
PHANEROGAMIQUES
DU
LITTORAL
MÉDITERRANÉEN FRANÇAIS. FACTEURS ET DEGRÉS DE MENACE
DE DISPARITION : Roger LOISEL
Une phytocénose ou association végétale est avant tout une combinaison
originale d'espèces ; elle est définie par un ensemble spécifique normal au sein
duquel les espèces dites caractéristiques servent à souligner son individualité
(GUINOCHET, 1973).
Cette unité synsystématique révèle par sa composition floristique des
conditions écologiques particulières, qu'elles soient de nature physico-chimique,
biologique ou historique.
En ce qui concerne le littoral méditerranéen français, la combinaison des
caractéristiques écologiques est remarquablement variée ; il existe par suite une
grande diversité de phytocénoses.
Certaines de celles-ci, moins exigeantes du point de vue de
l'environnement, occupent un espace géographique important. Ce sont pour la
plupart des unités décrites par les premiers phytosociologues et en particulier Josias
BRAUN-BLANQUET (1957) et René MOLINIER (1934). D'autres, plus nombreuses,
s'accordent avec des biotopes et des taxons (de rang spécifique ou infraspécifique) à
aire de répartition fréquemment limitée voire très limitée. Leur description est
souvent plus récente et relève des progrès de la systématique et d'une conception
plus moderne de la phytosociologie ; ces phytocénoses ont souvent une valeur
territoriale et ont été individualisées notamment par Jean-Marie GEHU et Jacques
GAMISANS.
Il n'y a pas lieu de rentrer ici dans le détail de l'ensemble des phytocénoses
recensées sur le littoral méditerranéen français. Après qu'aient été brièvement
présentés les conditions écologiques de leur développement et les principaux traits
morphophysiologiques des espèces qui les constituent, les principales associations
des côtes méditerranéennes seront analysées.
Pour chaque grand ensemble phytosociologique et compte tenu de leurs
exigences écologiques propres, seront étudiés les éléments exogènes qui, à terme,
pourraient entrainer leur régression voire leur disparition.
A) LES CONDITIONS ÉCOLOGIQUES
La majeure partie du littoral méditerranéen français est en ambiance
mésoméditerranéenne (température moyenne annuelle comprise entre 14°C et
15,5 C) ; certains secteurs du Roussillon, du Var, des Alpes-Maritimes et de la Corse
peuvent cependant être intégrés à l'étage thermoméditerranéen ou pour le moins à
sa partie supérieure (température moyenne annuelle supérieure à 16°C ou voisine
de cette valeur et moyenne des minima du mois le plus froid supérieure à 5°C). Le
climat ne joue cependant pas un rôle prépondérant dans le déterminisme de la
diversité du tapis végétal côtier mais il convient cependant de rappeler que les
amplitudes thermiques restent faibles sur le littoral, en raison même de la
