133
VI. LES BIOCÉNOSES DU DOMAINE EARALÎQUE : Olivier GUELORGET et
Jean-Pierre PERTHUISOT
Les conceptions sur les peuplements aquatiques qui occupent la zone
comprise entre la mer et le continent ont considérablement évolué depuis une
dizaine d'années. A la conception d'une biocénose unique (LEE : Biocénose
lagunaire eurytherme et euryhaline (PÉRÈS et PICARD, 1964)) s'est substituée la
notion d'un domaine paralique individualisé avec une organisation zonale
caractéristique depuis la mer ouverte vers les confins continentaux (GUELORGET et
PERTHUISOT, 1983). Chaque zone comporte un peuplement défini que l'on peut
considérer comme une entité biocénotique. Soulignons que certaines de ces zones
sont à rapprocher de biocénoses littorales individualisées par PÉRÈS et PICARD
comme par exemple les SMVC (sables vaseux superficiels en mode calme). Cette
zonation biocénotique recouvre une organisation fonctionnelle, à la fois
"anatomique" et "physiologique", principalement liée au régime de la
communication avec le domaine marin que l'on peut traduire en termes de
confinement.
Les agressions, d'origine principalement anthropique, ont donc une action
différenciée sur chacune des zones mais aussi sur l'ensemble du système, compte
tenu des interelations entre les différentes entités biocénotiques zonales.
A) Les différentes aires paraliques du littoral méditerranéen.
Les aires paraliques du littoral méditerranéen français sont extrêmement
diversifiées quant à leur géométrie, leur morphologie et leur origine.
On peut distinguer :
Les baies et calanques largement ouvertes sur la mer dont les parties les plus
continentales comportent des peuplements paraliques. On peut citer les calanques de
Cassis, la baie de St Tropez, les baies de Porto Vecchio et de Propriano. La création de
zones portuaires tout le long du littoral, ont créé par endiguement des aires
paraliques plus ou moins étendues. On retiendra notamment le port et l'avant-port
de Fos, la rade de Toulon.
Les bassins de type bahira (petite mer en langue arabe) qui correspondent à
l'ennoyage de dépressions continentales par la transgression holocène (ou
flandrienne). Ces bassins sont généralement relativement profonds eu égard à leur
surperficie. En outre les apports sédimentaires tant d'origine continentale que
d'origine littorale y sont généralement restreints. L'exemple le plus caractéristique
est celui de l'étang de Berre.
Les lagunes (au sens strict) sont des plans d'eau isolés de la mer ouverte par
des flèches de sédiments meubles récents accumulés sous 1 effet des dérives perilittorales. Ces bassins, situés dans les zones basses du littoral, sont généralement peu
profonds. Ils sont en relations avec des systèmes sédimentaires actifs et progradants,
notamment les deltas. Tel est le cas du complexe lagunaire palavasien (Languedoc) et
de celui du delta de la Camargue. Mentionnons le cas particulier de la lagune de
Précédent

- 137/249

Suivant