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recrutement. Cependant, la densité et la biomasse moyennes de l'ichytofaune
tendent à diminuer dans les zones colonisées par cette caulerpe (FRANCOUR et al.,
1994). Il n'existe pas de relation simple entre la présence de C. taxifolia et le
peuplement de poissons, qui est également influencé par d'autres facteurs
(topographies du fond, courants, pêche, ...) (HARMELIN-VIVIEN et al., 1994).
Caulerpa taxifolia entre également en compétition avec l'herbier à Posidonia
oceanica, l'un des écosystèmes les plus importants de Méditerranée. VILLELE et
VERLAQUE (1994) observent, lorsque l'herbier est envahi par C. taxifolia, une
diminution de la largeur, de l'épaisseur, du nombre et de la longévité des feuilles de
P. oceanica. Des nécroses apparaissent sur les feuilles et les faisceaux meurent.
L'incidence de C. taxifolia peut être directe (compétition) mais aussi indirecte, en
raison des changements physico-chimiques et biotiques qu'elle induit au sein de
l'herbier.
Le succès compétitif de Caulerpa taxifolia vis-à-vis des espèces indigènes est
sans doute dû à sa taille, à la densité des peuplements qu'elle constitue (MEINESZ et
HESSE, 1991), à sa vitesse de croissance (KOMATSU et al., 1994), mais aussi aux
métabolites secondaires toxiques (sesquiterpènes et monoterpènes) qu'elle synthétise
(GUERRIERO et al., 1992). Les extraits aqueux de C. taxifolia sont actifs sur les
fibroblastes de hamster et les oeufs de l'oursin Paracentrotus lividus. La 10,11epoxycaulerpényne est le métabolite le plus actif sur la souris et les fibroblastes de
hamster, alors que la caulerpényne, le principal métabolite de C. taxifolia, est la plus
active sur les oeufs d'oursins (LEMEE et al., 1993). DINI et al. (1992) montrent que
certains ciliés sont sensibles à des doses relativement faibles (0.5-1.0 pg/ml) des
différents terpènes de C. taxifolia ; à ces doses, aucun cilié ne résiste à ces terpènes
pris ensemble ; en conséquence, ces auteurs considèrent qu'une discontinuité dans
la chaîne trophique menant aux métazoaoires existe probablement dans les régions
densément peuplées par C. taxifolia. La toxicité de C. taxifolia varie fortement au
cours de l'année : elle est minimale en mars-avril et maximale entre juillet et
novembre (LEMEE et al., 1993).
C'est sans doute la présence de ces métabolites secondaires toxiques qui
explique que C. taxifolia soit fortement évitée, en été et en automne, par les deux
principaux macro-herbivores de Méditerranée, le poisson Sarpa salpa et l'oursin
Paracentrotus lividus (Lamarck) (GOBERT, 1992 ; RUITTON et al., 1994). En été et en
automne, si aucune autre nourriture que C. taxifolia n'est disponible, Paracentrotus
lividus ne consomme que peu cette dernière : la ration alimentaire, initialement 3
fois moindre qu'avec des algues-témoin appréciées (Padina pavonica (Linnaeus)
Thivy et Cystoseira amentacea Bory), diminue progressivement, pour devenir nulle
; les oursins meurent au bout de 3 mois (LEMEE et al., 1994a). Au printemps et en
hiver et dans les mêmes conditions expérimentales, Paracentrotus lividus
consomme C. taxifolia en même quantité que le témoin ; toutefois, au bout de
quelques semaines, le temps de retournement des individus (righting) augmente
significativement et leur rapport gonado-somatique (indice gonadique) diminue
fortement (LEMEE et al., 1994b). Cet affaiblissement général des animaux, ajouté à
l'activité antimitotique de la caulerpényne sur les oeufs d oursins, pourrait affecter
le recrutement et la densité de P. lividus dans les sites envahis par C. taxifolia. Un tel
déclin des effectifs a été effectivement observé au Cap Martin en 1993 (RUITTON,
1994).
recrutement. Cependant, la densité et la biomasse moyennes de l'ichytofaune
tendent à diminuer dans les zones colonisées par cette caulerpe (FRANCOUR et al.,
1994). Il n'existe pas de relation simple entre la présence de C. taxifolia et le
peuplement de poissons, qui est également influencé par d'autres facteurs
(topographies du fond, courants, pêche, ...) (HARMELIN-VIVIEN et al., 1994).
Caulerpa taxifolia entre également en compétition avec l'herbier à Posidonia
oceanica, l'un des écosystèmes les plus importants de Méditerranée. VILLELE et
VERLAQUE (1994) observent, lorsque l'herbier est envahi par C. taxifolia, une
diminution de la largeur, de l'épaisseur, du nombre et de la longévité des feuilles de
P. oceanica. Des nécroses apparaissent sur les feuilles et les faisceaux meurent.
L'incidence de C. taxifolia peut être directe (compétition) mais aussi indirecte, en
raison des changements physico-chimiques et biotiques qu'elle induit au sein de
l'herbier.
Le succès compétitif de Caulerpa taxifolia vis-à-vis des espèces indigènes est
sans doute dû à sa taille, à la densité des peuplements qu'elle constitue (MEINESZ et
HESSE, 1991), à sa vitesse de croissance (KOMATSU et al., 1994), mais aussi aux
métabolites secondaires toxiques (sesquiterpènes et monoterpènes) qu'elle synthétise
(GUERRIERO et al., 1992). Les extraits aqueux de C. taxifolia sont actifs sur les
fibroblastes de hamster et les oeufs de l'oursin Paracentrotus lividus. La 10,11epoxycaulerpényne est le métabolite le plus actif sur la souris et les fibroblastes de
hamster, alors que la caulerpényne, le principal métabolite de C. taxifolia, est la plus
active sur les oeufs d'oursins (LEMEE et al., 1993). DINI et al. (1992) montrent que
certains ciliés sont sensibles à des doses relativement faibles (0.5-1.0 pg/ml) des
différents terpènes de C. taxifolia ; à ces doses, aucun cilié ne résiste à ces terpènes
pris ensemble ; en conséquence, ces auteurs considèrent qu'une discontinuité dans
la chaîne trophique menant aux métazoaoires existe probablement dans les régions
densément peuplées par C. taxifolia. La toxicité de C. taxifolia varie fortement au
cours de l'année : elle est minimale en mars-avril et maximale entre juillet et
novembre (LEMEE et al., 1993).
C'est sans doute la présence de ces métabolites secondaires toxiques qui
explique que C. taxifolia soit fortement évitée, en été et en automne, par les deux
principaux macro-herbivores de Méditerranée, le poisson Sarpa salpa et l'oursin
Paracentrotus lividus (Lamarck) (GOBERT, 1992 ; RUITTON et al., 1994). En été et en
automne, si aucune autre nourriture que C. taxifolia n'est disponible, Paracentrotus
lividus ne consomme que peu cette dernière : la ration alimentaire, initialement 3
fois moindre qu'avec des algues-témoin appréciées (Padina pavonica (Linnaeus)
Thivy et Cystoseira amentacea Bory), diminue progressivement, pour devenir nulle
; les oursins meurent au bout de 3 mois (LEMEE et al., 1994a). Au printemps et en
hiver et dans les mêmes conditions expérimentales, Paracentrotus lividus
consomme C. taxifolia en même quantité que le témoin ; toutefois, au bout de
quelques semaines, le temps de retournement des individus (righting) augmente
significativement et leur rapport gonado-somatique (indice gonadique) diminue
fortement (LEMEE et al., 1994b). Cet affaiblissement général des animaux, ajouté à
l'activité antimitotique de la caulerpényne sur les oeufs d oursins, pourrait affecter
le recrutement et la densité de P. lividus dans les sites envahis par C. taxifolia. Un tel
déclin des effectifs a été effectivement observé au Cap Martin en 1993 (RUITTON,
1994).
