125
3. Menaces
Comme toutes les communautés littorales, le coralligène et les grottes sousmarines subissent les effets, plus ou moins marqués localement, de la pollution et
de la pêche. De plus, étant des objectifs privilégiés du tourisme sous-marin, les sites
réputés sont soumis à une fréquentation massive, dont la croissance incontrôlée
peut devenir inquiétante.
En situation de forte pollution, il est généralement difficile de faire la part de
l'action directe des altéragènes chimiques sur les composants des peuplements de
substrats durs de celle de l'accroissement des dépôts de particules fines. Ces dépôts
ont, en plus d'un rôle de rétention des polluants, un effet mécanique en altérant le
fonctionnement de l'épifaune et de l'épiflore et en supprimant par ennoyage une
part des microhabitats disponibles. Ces effets sont, bien sûr, d'autant plus marqués
que le pendage des fonds et le courant sont faibles.
Dans une région recevant des pollutions multiples (golfe de Fos),
l'altération d'un concrétionnement coralligène (HONG, 1980, 1983) se traduit par
une diminution de la richesse spécifique globale, qui atteint 45 %, et par une
réduction encore plus forte de la densité en individus, de l'ordre de 75 %.
L'appauvrissement est particulièrement marqué pour les bryozoaires, les crustacés,
et surtout les échinodermes. L'activité constructrice du concrétionnement est
considérablement réduite, d'une part en raison d'une diminution qualitative et
quantitative des éléments constructeurs et, d'autre part, par accroissement de
l'abondance relative des foreurs (sipunculides et sans doute aussi cliones). Certaines
situations d'enrichissement des masses d'eau en matières organiques peuvent
amener une prolifération des échinides (HARMELIN et al., 1981) et, en particulier,
de Sphaerechinus granularis, dont l'impact du rongement du concrétionnement
peut être notable (LAUBIER, 1966).
L'évaluation des effets de la pollution sur les peuplements des grottes est
dans sa phase préliminaire. D'après les particularités physiques et biotiques de cet
habitat, on peut supposer (1) que le faible renouvellement hydrologique peut avoir
des conséquences inverses selon que le profil de la grotte est ascendant ou
descendant : dans le premier cas, relative protection des parties obscures surélevées
grâce à une décantation des particules dans les parties basses proches de l'entrée ;
dans le deuxième cas, piégeage des altéragènes dans les parties obscures ; (2) une
reconstitution extrêmement lente et aléatoire du peuplement des zones obscures
après une mortalité catastrophique, en raison de l'éloignement écologique des
sources exogènes de recrutement de ce peuplement très particulier et de sa très faible
dynamique (HARMELIN, 1980).
Des cas de mortalité catastrophique touchant sélectivement certains
éléments de la faune coralligène ont été observés ces dernières années, les plus
spectaculaires concernant des octocoralliaires : gorgones et corail rouge
(HARMELIN, 1984 ; RIVOIRE, 1987). La nature de l'agent léthal n'a pu être
déterminée, mais ce dernier semble avoir eu des origines diverses et avoir été
véhiculé par les masses d'eau de la dérive liguro-provençale, avec une action très
locale et à faible profondeur (< 30 m) dans un cas, et à grande profondeur (> 80 m) et
sur une zone géographique beaucoup plus vaste dans un autre cas (ARNOUX et al.,
1992).
3. Menaces
Comme toutes les communautés littorales, le coralligène et les grottes sousmarines subissent les effets, plus ou moins marqués localement, de la pollution et
de la pêche. De plus, étant des objectifs privilégiés du tourisme sous-marin, les sites
réputés sont soumis à une fréquentation massive, dont la croissance incontrôlée
peut devenir inquiétante.
En situation de forte pollution, il est généralement difficile de faire la part de
l'action directe des altéragènes chimiques sur les composants des peuplements de
substrats durs de celle de l'accroissement des dépôts de particules fines. Ces dépôts
ont, en plus d'un rôle de rétention des polluants, un effet mécanique en altérant le
fonctionnement de l'épifaune et de l'épiflore et en supprimant par ennoyage une
part des microhabitats disponibles. Ces effets sont, bien sûr, d'autant plus marqués
que le pendage des fonds et le courant sont faibles.
Dans une région recevant des pollutions multiples (golfe de Fos),
l'altération d'un concrétionnement coralligène (HONG, 1980, 1983) se traduit par
une diminution de la richesse spécifique globale, qui atteint 45 %, et par une
réduction encore plus forte de la densité en individus, de l'ordre de 75 %.
L'appauvrissement est particulièrement marqué pour les bryozoaires, les crustacés,
et surtout les échinodermes. L'activité constructrice du concrétionnement est
considérablement réduite, d'une part en raison d'une diminution qualitative et
quantitative des éléments constructeurs et, d'autre part, par accroissement de
l'abondance relative des foreurs (sipunculides et sans doute aussi cliones). Certaines
situations d'enrichissement des masses d'eau en matières organiques peuvent
amener une prolifération des échinides (HARMELIN et al., 1981) et, en particulier,
de Sphaerechinus granularis, dont l'impact du rongement du concrétionnement
peut être notable (LAUBIER, 1966).
L'évaluation des effets de la pollution sur les peuplements des grottes est
dans sa phase préliminaire. D'après les particularités physiques et biotiques de cet
habitat, on peut supposer (1) que le faible renouvellement hydrologique peut avoir
des conséquences inverses selon que le profil de la grotte est ascendant ou
descendant : dans le premier cas, relative protection des parties obscures surélevées
grâce à une décantation des particules dans les parties basses proches de l'entrée ;
dans le deuxième cas, piégeage des altéragènes dans les parties obscures ; (2) une
reconstitution extrêmement lente et aléatoire du peuplement des zones obscures
après une mortalité catastrophique, en raison de l'éloignement écologique des
sources exogènes de recrutement de ce peuplement très particulier et de sa très faible
dynamique (HARMELIN, 1980).
Des cas de mortalité catastrophique touchant sélectivement certains
éléments de la faune coralligène ont été observés ces dernières années, les plus
spectaculaires concernant des octocoralliaires : gorgones et corail rouge
(HARMELIN, 1984 ; RIVOIRE, 1987). La nature de l'agent léthal n'a pu être
déterminée, mais ce dernier semble avoir eu des origines diverses et avoir été
véhiculé par les masses d'eau de la dérive liguro-provençale, avec une action très
locale et à faible profondeur (< 30 m) dans un cas, et à grande profondeur (> 80 m) et
sur une zone géographique beaucoup plus vaste dans un autre cas (ARNOUX et al.,
1992).
