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Le peuplement des grottes obscures est appauvri en espèces comparé à celui
de la zone semi-obscure, mais à un degré qui diffère selon les groupes ; il est faible
(20 %) pour les éponges et les bryozoaires et très fort (80 %) pour les scléractiniaires
(HARMELIN et al., 1985). On observe une diminution générale de la taille des
individus.
Parmi les éponges, on peut citer l'espèce "hypercalcifiée" Petrobiona
massiliana, une relique des peuplements des Pharétronides constructeurs de récifs
au Paléozoïque (VACELET, 1964), les démosponges Spirastrella cunctatrix,
Diplastrella bistellata, Discodermia polydiscus. Une hexactinellide (Oopsacas
minuta, identif. J. VACELET) a été découverte récemment dans une grotte de la côte
provençale à configuration descendante (VACELET et al., sous presse) ; c'est la
première signalisation à faible profondeur en zone tempérée d'un représentant de
ce groupe d'éponges essentiellement bathyal et psychrophile. Les bryozoaires
comprennent de nombreuses espèces vivant aussi dans le bathyal supérieur ; ils
présentent la particularité de constituer par endroit des agrégations plurispécifiques
formant des encroûtements nodulaires ou vermiculés (HARMELIN, 1986). Les
chéilostomes Setosella cavernicola, Ellisina sp., Puellina pedunculata, P. corbula, les
cyclostomes Plagioecia inoedificata et Diaperoecia indistincta sont parmi les espèces
les plus caractéristiques de cet environnement obscur oligotrophe. La faune vagile
de ce biotope est marquée par l'abondance parfois extrême du mysidacé Hemimysis
speluncola, qui forme des essaims migrant à l'extérieur pour la phase nocturne
(PASSELAIGUE, 1989), ainsi que par la présence des décapodes Herbstia condyliata,
Galathea strigosa et Stenopus spinosus, des poissons Thorogobius ephippiatus,
Apogon imberbis et surtout Oligopus ater, une espèce qui vit jusqu'à 800 m de
profondeur et qui appartient à une famille (Bythitidae) typiquement cavernicole ou
bathyale.
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