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1. Le coralligène
a) Conditions de milieu
La distribution des peuplements coralligènes est soumise à une
combinaison de facteurs qui agissent plus ou moins sélectivement sur les différents
composants. Les principaux facteurs sont la lumière, la circulation hydrologique, la
température, le dépôt sédimentaire et les interactions biologiques (WEINBERG,
1978). Le coralligène de paroi se rencontre sur des roches où les algues calcaires ne
peuvent édifier de concrétionnement épais du fait d'un pendage trop important
et/ou d'un éclairement trop diminué par la profondeur. Il est précédé à faible
profondeur (15-40 m) par un "précoralligène" (PÉRÈS et PICARD, 1964), assemblage
de transition avec les peuplements infralittoraux plus photophiles
(MARINOPOULOS, 1989). Il est remplacé en profondeur, entre 90 et 130 m, par la
communauté de la roche du large (PÉRÈS, 1967) avec, en particulier, un
renouvellement important de la faune d'éponges (VACELET, 1969) se manifestant
par l'apparition d'espèces septentrionales ne supportant pas le réchauffement
estival des niveaux supérieurs. Le développement des concrétionnements
coralligènes est soumis aux tolérances lumineuses de leurs principaux
constructeurs, les Corallinacés. Du fait de leur sciaphilie, ces algues calcaires sont
limitées vers le haut par les forts éclairements et ont une extension en profondeur
déterminée par l'énergie minimale pour leur photosynthèse. Dans les régions à
forte turbidité, comme à Banyuls-sur-mer (LAUBIER, 1966) ou dans le golfe de Fos
(HONG, 1980), on observe un décalage vers les petites profondeurs (15-20 m) du
concrétionnement coralligène. Le phénomène inverse est observé dans les eaux très
limpides, comme en Corse. Le coralligène sensu lato admet des régimes thermiques
assez divers : l'amplitude de variation saisonnière peut être étendue dans les
niveaux supérieurs (12-13°C, LAUBIER, 1966) et être relativement réduite et proche
du minimum hivernal dans les niveaux inférieurs (90-100 m). Le coralligène peut
également tolérer des fluctuations assez grandes de salinité (LAUBIER, 1966). Une
circulation hydrologique active est favorable à la plupart des composants du
coralligène alors qu'une forte sédimentation en particules fines leur est néfaste.
b) Structure et particularités du peuplement.
Le coralligène de paroi est marqué physionomiquement par l'abondance de
grands invertébrés sessiles de forme dressée : des gorgones, surtout (Paramuricea
clavata, Eunicella cavolinii, E. singularis, Lophogorgia ceratophyta), d'autres
cnidaires comme Alcyonium acaule, Gerardia savaglia, de grands bryozoaires
branchus (Adeonella calveti, Hornera spp., Myriapora truncata, Pentapora fascialis,
Smittina cervicornis, ...), des éponges comme Axinella polypoïdes. Ces grandes
formes dressées sont les éléments les plus typiques du peuplement coralligène
sensu lato, avec un nombre assez restreint d'espèces encroûtantes ou vagiles, parmi
lesquelles on peut citer les algues Palnwphyllum crassum, Peyssonnelia spp., les
éponges Acanthella acuta, Dictyonella incisa, Hexadella racovitzai, Spongia
agaricina (VACELET, comm. pers.), des cnidaires (Parerythropodium coralloides,
Paralcyonium elegans, ...), des bryozoaires (Schizomavella mamillata,
1. Le coralligène
a) Conditions de milieu
La distribution des peuplements coralligènes est soumise à une
combinaison de facteurs qui agissent plus ou moins sélectivement sur les différents
composants. Les principaux facteurs sont la lumière, la circulation hydrologique, la
température, le dépôt sédimentaire et les interactions biologiques (WEINBERG,
1978). Le coralligène de paroi se rencontre sur des roches où les algues calcaires ne
peuvent édifier de concrétionnement épais du fait d'un pendage trop important
et/ou d'un éclairement trop diminué par la profondeur. Il est précédé à faible
profondeur (15-40 m) par un "précoralligène" (PÉRÈS et PICARD, 1964), assemblage
de transition avec les peuplements infralittoraux plus photophiles
(MARINOPOULOS, 1989). Il est remplacé en profondeur, entre 90 et 130 m, par la
communauté de la roche du large (PÉRÈS, 1967) avec, en particulier, un
renouvellement important de la faune d'éponges (VACELET, 1969) se manifestant
par l'apparition d'espèces septentrionales ne supportant pas le réchauffement
estival des niveaux supérieurs. Le développement des concrétionnements
coralligènes est soumis aux tolérances lumineuses de leurs principaux
constructeurs, les Corallinacés. Du fait de leur sciaphilie, ces algues calcaires sont
limitées vers le haut par les forts éclairements et ont une extension en profondeur
déterminée par l'énergie minimale pour leur photosynthèse. Dans les régions à
forte turbidité, comme à Banyuls-sur-mer (LAUBIER, 1966) ou dans le golfe de Fos
(HONG, 1980), on observe un décalage vers les petites profondeurs (15-20 m) du
concrétionnement coralligène. Le phénomène inverse est observé dans les eaux très
limpides, comme en Corse. Le coralligène sensu lato admet des régimes thermiques
assez divers : l'amplitude de variation saisonnière peut être étendue dans les
niveaux supérieurs (12-13°C, LAUBIER, 1966) et être relativement réduite et proche
du minimum hivernal dans les niveaux inférieurs (90-100 m). Le coralligène peut
également tolérer des fluctuations assez grandes de salinité (LAUBIER, 1966). Une
circulation hydrologique active est favorable à la plupart des composants du
coralligène alors qu'une forte sédimentation en particules fines leur est néfaste.
b) Structure et particularités du peuplement.
Le coralligène de paroi est marqué physionomiquement par l'abondance de
grands invertébrés sessiles de forme dressée : des gorgones, surtout (Paramuricea
clavata, Eunicella cavolinii, E. singularis, Lophogorgia ceratophyta), d'autres
cnidaires comme Alcyonium acaule, Gerardia savaglia, de grands bryozoaires
branchus (Adeonella calveti, Hornera spp., Myriapora truncata, Pentapora fascialis,
Smittina cervicornis, ...), des éponges comme Axinella polypoïdes. Ces grandes
formes dressées sont les éléments les plus typiques du peuplement coralligène
sensu lato, avec un nombre assez restreint d'espèces encroûtantes ou vagiles, parmi
lesquelles on peut citer les algues Palnwphyllum crassum, Peyssonnelia spp., les
éponges Acanthella acuta, Dictyonella incisa, Hexadella racovitzai, Spongia
agaricina (VACELET, comm. pers.), des cnidaires (Parerythropodium coralloides,
Paralcyonium elegans, ...), des bryozoaires (Schizomavella mamillata,
