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1. L'herbier à Posidonia oceanica
a) Distribution géographique :
Posidonia oceanica est une endémique méditerranéene stricte ; toutes les
signalisations extra-méditerranéennes sont erronées (HARTOG, 1970). L'espèce, et
les herbiers qu'elle constitue, est répandue dans la plus grande partie de la
Méditerranée, à l'exception des parages immédiats de Gibraltar, de la haute
Adriatique, des côtes d'Israël, du Bosphore, de la mer de Marmara et de la mer
Noire (MOLINIER et PICARD, 1956 ; HARTOG, 1970 ; LIPKIN, 1977 ; CONDEPOYALES, 1989).
En France, les herbiers sont peu étendus sur le littoral languedocien et
catalan (de la Camargue aux Pyrénées), sans doute en raison de la rareté des
substrats durs et des mouvements de sédiment trop importants. Les herbiers les
plus étendus sont ceux de la rade de Giens, de la baie d'Hyères et de la côte orientale
de Corse.
Il ne subsiste que quatre récifs-barrières (BOUDOURESQUE et al., 1985) : baie
de Port-Cros (Var), baie du Brusc (Var), Sainte-Marguerite (îles de Lérins, AlpesMaritimes) et San-Fiurenzu (= Saint-Florent, Haute Corse). On peut y ajouter deux
petits récifs-barrières, brièvement mentionnés dans la littérature : avant-port de
Centuri et marina di Malfaco (Haute Corse) (MOLINIER, 1960 ; CASTA, 1981).
b) Structure et dynamique :
L'herbier à Posidonia oceanica, grâce à la densité de ses feuilles (plusieurs
milliers par m2), piège des quantités importantes de sédiment. Les rhizomes
réagissent par une croissance verticale de quelques millimètres à quelques
centimètres par an (BOUDOURESQUE et al., 1984) et édifient ainsi la matte,
ensemble constitué par le lacis des rhizomes et des racines, très peu putrescibles, et
par le sédiment qui colmate les interstices (Fig. 16). La matte peut être érodée par
l'hydrodynamisme (intermattes). Au cours du temps, la matte s'élève lentement au
dessus du niveau initial (1 m par siècle, selon MOLINIER et PICARD, 1952) : son
épaisseur peut dépasser 8 m.
Lorsque, près de la côte et en mode calme, l'herbier à P. oceanica approche
de la surface, l'extrémité des feuilles s'y étale : on parle de récif-frangeant (Fig. 17B).
Entre la zone d'émersion des feuilles et la côte, l'eau circule mal, s'échauffe en été,
se dessale lors des orages, de telle sorte que les Posidonies y meurent tandis que la
poursuite de la croissance en hauteur de l'herbier conduit, côté large, à l'émersion
de nouvelles Posidonies : ainsi se constitue un récif-barrière (Fig. 17C), séparé de la
côte par un lagon (MOLINIER et PICARD, 1952 : BOUDOURESQUE et MEINESZ,
1982). Un cas particulier est constitué par le plateau-récifal décrit à San-Fiurenzu
(Haute Corse) par BOUDOURESQUE et al., 1985).
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