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5. Mesures de protection
L'édification d'un encorbellement à Lithophyllum ou d'un trottoir à
Dendropoma sont des phénomènes très lents (de l'ordre du siècle) et leur
destruction doit être considérée comme irréversible à l'échelle humaine si la masse
de la construction est détruite. Cependant une reprise des peuplements sur le noyau
cimenté est possible dans certains cas si les structures elles-mêmes ne sont pas
érodées. Des mesures de protection sont donc nécessaires.
Parmi les mesures que l'on peut envisager, il convient dans un premier
temps de développer l'inventaire, encore très insuffisant, des formations
bioconstruites littorales sur les côtes méditerranéennes françaises de façon à mieux
connaître leur extension, leur état de santé ainsi que les menaces directes ou
indirectes qui pèsent sur elles. Il conviendrait aussi dans les parcs et réserves
comme sur les parties non protégées du littoral de mettre au point une méthode
simple d'estimation visuelle ou photographique de la vitalité des diverses
formations construites de façon à connaître en permanence leur état de vitalité.
Des études de détail peuvent être consacrées aux aspects floristiques et
faunistiques, aux phénomènes de cimentation et de sédimentation interne, à la
bioérosion, ainsi qu'à la dynamique des formations dans le temps. Les études basées
sur des petits forages et des datations radiométriques sont à encourager
particulièrement car elles peuvent être importantes pour l'étude des variations
fines des niveaux marins ou des variations climatiques.
Les bioconcrétionnements superficiels étant très sensibles à l'action des eaux
polluées en provenance d'émissaires urbains (trottoir du Grand Langoustier), leur
étude et leur suivi régulier constituent donc un moyen de déceler et de suivre la
dégradation du milieu marin local.
Au niveau du public une information doit être entreprise en raison de
l'aspect spectaculaire de certaines de ces formations, de façon à les valoriser aux
yeux des visiteurs des parcs et réserves marines comme auprès des différentes
catégories d'usagers de la mer.
Le classement de certains concrétionnements de grande taille en
"monuments naturels", par arrêté de biotope ou par inclusion dans des réserves
encore à créer s'imposera dès que la cartographie sera terminée, permettant ainsi
une meilleure protection.
En tout cas, quelle que soit la réglementation adoptée il convient de réaliser
que si on laisse aller les choses à leur cours actuel, la plupart de ces formations
construites, souvent spectaculaires et d'un grand intérêt scientifique, auront disparu
de nos côtes dans quelques dizaines d'années tout au plus.
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