LES
RAIES
Poissons
cartilagineux
plupart des raies comme la raie fleurie, la taille maximale des femelles
est nettement plus élevée que celle
des mâles.
Les raies sont des poissons vivant
sur le fond, sur du sable ou tout
autre substrat meuble. On en trouve
toutefois dans des zones rocheuses.
Elles s’enfouissent souvent, ne laissant apparaître que leurs yeux, leurs
évents et le sommet de leur dos. La
coloration de la partie visible de leur
disque s’adapte si bien à celle du
fond qu’il devient difficile de les
apercevoir. L’oxygène nécessaire à
leur respiration, amené par l’eau de
mer, arrive aux branchies par les
évents et non par la bouche plus ou
moins ensablée. Elles se déplacent
par des ondulations de leurs ailes, se
servant peu de leur queue ou parfois
comme gouvernail. Les observations
en aquarium montrent que les raies
sont le plus souvent inactives le jour.
Elles se nourrissent surtout la nuit.
Enfouies dans le sable ou posées sur
un substrat plus dur, elles guettent
les proies à l’affût, ne quittant souvent le fond que pour en poursuivre
une. S’il s’agit d’une proie capable de
se déplacer rapidement comme un
poisson ou un céphalopode, elles ne
peuvent l’attaquer directement étant
donné la position ventrale de leur
bouche. Elles nagent alors rapidement au-dessus d’elle, puis la plaquent sur le fond pour l’empêcher de
s’échapper. Carnivores, leur régime
alimentaire se compose surtout de
crustacés et de poissons et, en
moindre part, de mollusques et de
vers polychètes.
La fécondation de la femelle est interne. Les raies s’accoupleraient
ventre à ventre. On a ainsi pêché des
raies accouplées dont le mâle mordait encore le bord du disque de la
femelle. D’après certaines observations, chez les espèces les plus
grandes, le mâle n’introduirait qu’un
ptérygopode à la fois dans le cloaque
de la femelle. Chez d’autres espèces
plus petites les deux ptérygopodes seraient introduits simultanément. Juste après l’accouplement les ptérygopodes sont enflés et rouges. Les raies
sont ovipares, c’est-à-dire quelles
pondent des œufs. La fécondation
des ovules peut avoir lieu longtemps
après l’accouplement. Par exemple,
on a observé la ponte d’œufs fécondés chez une femelle vivant seule en
aquarium, un mois après sa capture.
Aussitôt après la fécondation de
l’ovule, une coque cornée se forme
autour de l’œuf, qui sera pondu peu
de temps après. L’œuf se présente
comme une capsule de grande taille
(de 4 à 24 cm de long sur 3 à 14 cm
de large selon les espèces) à peu près
rectangulaire et à bord aplatis. Il se
prolonge aux quatre angles par des
filaments tubulaires, les cornes, les
postérieures étant longues, les antérieures plus courtes. La coloration de
la capsule est verte, ambre, brune ou
noire, opaque ou transparente. Les
œufs sont pondus par paires l’un
aussitôt après l’autre, la ponte de la
paire suivante ne s’effectuant selon
les espèces qu’un à cinq jours plus
tard. En aquarium, les œufs sont enfouis dans le sable. Dans des dragages effectués en mer, certains
étaient attachés à des concrétions de
coquilles brisées, à des fragments
d’algues, à des graviers. Pour sa respiration l’embryon utilise l’oxygène de
l’eau de mer qui traverse par osmose
la paroi de la capsule. Toutefois, les
observations ont montré qu’il y a
également des échanges, entrée
d’oxygène, sortie de gaz carbonique,
par les fentes des cornes. L’éclosion a
lieu, selon les espèces, après environ
4 mois et demi à 14 mois et demi
d’incubation. L’embryon quitte alors
l’œuf par une fente transversale située entre les cornes postérieures.
Il existe plus d’une centaine d’espèces de Rajidés. 35 d’entre-elles ont
été signalées dans les mers européennes. Certaines sont rares ou vivent à de grandes profondeurs (jusqu’à 3 000 m pour la raie pâle, Bathyraja pallida). Seules 18 sont communes ou assez communes sur les
fonds de pêche de nos régions. La
raie, étant adaptée à une vie sédentaire sur le fond, ne doit pas effectuer
de grandes migrations. C’est ce qui
explique que l’on puisse avoir une espèce connue uniquement de Madère
et des Açores, la raie de Madère,
Raja maderensis, et cinq autres strictement méditerranéennes : la raie
étoilée, Raja asterias, la raie de Malte,
Raja melitensis, la raie tachetée, Raja
polystigma, la raie râpe, Raja radula et
la raie de Rondelet, Raja rondeleti.
Plus étonnant est la répartition antitropicale du pocheteau gris, Raja bâtis et de la raie radiée, Raja radiata.
On les trouve, d’une part, dans les
eaux européennes au nord de Madère pour la première, de la Manche
pour la seconde et, d’autre part, dans
les eaux froides de l’Afrique du Sud.
Les raies sont surtout pêchées au
chalut, mais aussi aux palangres ou
aux filets droits. En 1964, elles représentaient 4 % des captures réalisées avec ces types d’engins. Les raies
les plus abondantes étaient la raie
bouclée, le pocheteau gris et la raie
fleurie. Ainsi, dans des ports où le
chalutage domine comme à Concarneau, les apports de raies étaient
composés de 30 % de raies bouclées,
28 % de raies fleuries et 26 % de pocheteaux gris et, à Lorient, 46 % de
raies bouclées, 23,5 % de pocheteaux
gris et 13 % de raies fleuries. Dans
ceux où l’on pêche surtout aux palangres sur des fonds durs ou dans
leur voisinage, comme à Douarnenez, il y avait 58 % de raies bouclées,
15 % de raies douces et 12 % de
raies lisses. Notons que la raie
blanche, Raja alba, qui, à Douarnenez représentait 5 % des captures de
raies en 1964, s’est si raréfiée quelle
n’est plus capturée en 1981. La situation est analogue pour le pocheteau
gris. Sur des lieux de pêche déterminés en mer Celtique, les captures
sont passées de 900 tonnes en 1965 à
190 tonnes en 1975 et en mer d’Irlande, cette espèce, autrefois abondante, est devenue rarissime. Ces
deux espèces sont très vulnérables,
mais la situation est inquiétante pour
l’ensemble des raies qui ont une
croissance très lente, qui acquièrent
leur maturité à un âge avancé, qui
n’ont pas une grande fécondité, et
qui, même de petite taille (raitons),
n’échappent pas aux maillages si
grands soient-ils. De plus la raie fait
partie des prises accessoires du chalutage, sa capture (donc sa disparition
éventuelle) est inéluctable.
Les raies sont commercialisées en
frais et surtout vendues sur le marché
en « ailes ». Il est recommandé de ne
pas les manger aussitôt pêchées. Elles
sont, en effet, meilleures après avoir
été gardées 48 heures au frais.
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RAIES
Poissons
cartilagineux
plupart des raies comme la raie fleurie, la taille maximale des femelles
est nettement plus élevée que celle
des mâles.
Les raies sont des poissons vivant
sur le fond, sur du sable ou tout
autre substrat meuble. On en trouve
toutefois dans des zones rocheuses.
Elles s’enfouissent souvent, ne laissant apparaître que leurs yeux, leurs
évents et le sommet de leur dos. La
coloration de la partie visible de leur
disque s’adapte si bien à celle du
fond qu’il devient difficile de les
apercevoir. L’oxygène nécessaire à
leur respiration, amené par l’eau de
mer, arrive aux branchies par les
évents et non par la bouche plus ou
moins ensablée. Elles se déplacent
par des ondulations de leurs ailes, se
servant peu de leur queue ou parfois
comme gouvernail. Les observations
en aquarium montrent que les raies
sont le plus souvent inactives le jour.
Elles se nourrissent surtout la nuit.
Enfouies dans le sable ou posées sur
un substrat plus dur, elles guettent
les proies à l’affût, ne quittant souvent le fond que pour en poursuivre
une. S’il s’agit d’une proie capable de
se déplacer rapidement comme un
poisson ou un céphalopode, elles ne
peuvent l’attaquer directement étant
donné la position ventrale de leur
bouche. Elles nagent alors rapidement au-dessus d’elle, puis la plaquent sur le fond pour l’empêcher de
s’échapper. Carnivores, leur régime
alimentaire se compose surtout de
crustacés et de poissons et, en
moindre part, de mollusques et de
vers polychètes.
La fécondation de la femelle est interne. Les raies s’accoupleraient
ventre à ventre. On a ainsi pêché des
raies accouplées dont le mâle mordait encore le bord du disque de la
femelle. D’après certaines observations, chez les espèces les plus
grandes, le mâle n’introduirait qu’un
ptérygopode à la fois dans le cloaque
de la femelle. Chez d’autres espèces
plus petites les deux ptérygopodes seraient introduits simultanément. Juste après l’accouplement les ptérygopodes sont enflés et rouges. Les raies
sont ovipares, c’est-à-dire quelles
pondent des œufs. La fécondation
des ovules peut avoir lieu longtemps
après l’accouplement. Par exemple,
on a observé la ponte d’œufs fécondés chez une femelle vivant seule en
aquarium, un mois après sa capture.
Aussitôt après la fécondation de
l’ovule, une coque cornée se forme
autour de l’œuf, qui sera pondu peu
de temps après. L’œuf se présente
comme une capsule de grande taille
(de 4 à 24 cm de long sur 3 à 14 cm
de large selon les espèces) à peu près
rectangulaire et à bord aplatis. Il se
prolonge aux quatre angles par des
filaments tubulaires, les cornes, les
postérieures étant longues, les antérieures plus courtes. La coloration de
la capsule est verte, ambre, brune ou
noire, opaque ou transparente. Les
œufs sont pondus par paires l’un
aussitôt après l’autre, la ponte de la
paire suivante ne s’effectuant selon
les espèces qu’un à cinq jours plus
tard. En aquarium, les œufs sont enfouis dans le sable. Dans des dragages effectués en mer, certains
étaient attachés à des concrétions de
coquilles brisées, à des fragments
d’algues, à des graviers. Pour sa respiration l’embryon utilise l’oxygène de
l’eau de mer qui traverse par osmose
la paroi de la capsule. Toutefois, les
observations ont montré qu’il y a
également des échanges, entrée
d’oxygène, sortie de gaz carbonique,
par les fentes des cornes. L’éclosion a
lieu, selon les espèces, après environ
4 mois et demi à 14 mois et demi
d’incubation. L’embryon quitte alors
l’œuf par une fente transversale située entre les cornes postérieures.
Il existe plus d’une centaine d’espèces de Rajidés. 35 d’entre-elles ont
été signalées dans les mers européennes. Certaines sont rares ou vivent à de grandes profondeurs (jusqu’à 3 000 m pour la raie pâle, Bathyraja pallida). Seules 18 sont communes ou assez communes sur les
fonds de pêche de nos régions. La
raie, étant adaptée à une vie sédentaire sur le fond, ne doit pas effectuer
de grandes migrations. C’est ce qui
explique que l’on puisse avoir une espèce connue uniquement de Madère
et des Açores, la raie de Madère,
Raja maderensis, et cinq autres strictement méditerranéennes : la raie
étoilée, Raja asterias, la raie de Malte,
Raja melitensis, la raie tachetée, Raja
polystigma, la raie râpe, Raja radula et
la raie de Rondelet, Raja rondeleti.
Plus étonnant est la répartition antitropicale du pocheteau gris, Raja bâtis et de la raie radiée, Raja radiata.
On les trouve, d’une part, dans les
eaux européennes au nord de Madère pour la première, de la Manche
pour la seconde et, d’autre part, dans
les eaux froides de l’Afrique du Sud.
Les raies sont surtout pêchées au
chalut, mais aussi aux palangres ou
aux filets droits. En 1964, elles représentaient 4 % des captures réalisées avec ces types d’engins. Les raies
les plus abondantes étaient la raie
bouclée, le pocheteau gris et la raie
fleurie. Ainsi, dans des ports où le
chalutage domine comme à Concarneau, les apports de raies étaient
composés de 30 % de raies bouclées,
28 % de raies fleuries et 26 % de pocheteaux gris et, à Lorient, 46 % de
raies bouclées, 23,5 % de pocheteaux
gris et 13 % de raies fleuries. Dans
ceux où l’on pêche surtout aux palangres sur des fonds durs ou dans
leur voisinage, comme à Douarnenez, il y avait 58 % de raies bouclées,
15 % de raies douces et 12 % de
raies lisses. Notons que la raie
blanche, Raja alba, qui, à Douarnenez représentait 5 % des captures de
raies en 1964, s’est si raréfiée quelle
n’est plus capturée en 1981. La situation est analogue pour le pocheteau
gris. Sur des lieux de pêche déterminés en mer Celtique, les captures
sont passées de 900 tonnes en 1965 à
190 tonnes en 1975 et en mer d’Irlande, cette espèce, autrefois abondante, est devenue rarissime. Ces
deux espèces sont très vulnérables,
mais la situation est inquiétante pour
l’ensemble des raies qui ont une
croissance très lente, qui acquièrent
leur maturité à un âge avancé, qui
n’ont pas une grande fécondité, et
qui, même de petite taille (raitons),
n’échappent pas aux maillages si
grands soient-ils. De plus la raie fait
partie des prises accessoires du chalutage, sa capture (donc sa disparition
éventuelle) est inéluctable.
Les raies sont commercialisées en
frais et surtout vendues sur le marché
en « ailes ». Il est recommandé de ne
pas les manger aussitôt pêchées. Elles
sont, en effet, meilleures après avoir
été gardées 48 heures au frais.
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