■ Caractères distinctifs
Les lançons sont des Perciformes caractérisés par l’absence de nageoires
pelviennes. Leur corps, en forme de
cigare est très allongé et rond. Leur
museau est pointu, la mandibule
étant fortement saillante. Leur queue
est fourchue. Six espèces fréquentent
nos eaux.
Tailles maximales :
- lançon équille : 25 cm
- lançon nordique : 24 cm
- lançon commun : 40 cm
- lançon jolivet : 30 cm
- lançon cicerèle : 15 cm
- lançon anguille : 24 cm.
■ Confusions possibles
Les lançons ne peuvent être confondus qu’entre eux.
■ Biologie
Mœurs : les lançons sont des poissons grégaires et fouisseurs. Ils vivent en bancs, enfouis dans le sable
ou les graviers où ils se déplacent
avec agilité, ou nageant en pleine
eau parfois à la surface. Les bancs
sont généralement constitués d’individus de même taille, les poissons y
étant séparés les uns des autres latéralement par une distance égale à
environ les 2/3 de la longueur de
leur corps, vers l’avant ou l’arrière
par seulement 1/3 de leur taille.
Lorsqu’ils sont pourchassés, les lançons se resserrent les uns contre les
autres. Lorsqu’ils se nourrissent ils
s’écartent. Leur vitesse normale de
déplacement est de 30 à 40 cm à la
seconde. Elle peut atteindre 300 à
500 cm par seconde en période de
fuite. Ces poissons effectuent des
migrations au cours de leur vie. Ainsi le lançon équille, A. to b i anus, le
plus abondant sur la côte normande,
immature se trouve près de la côte
(fond de la baie d’Isigny à environ 3
mètres de profondeur), adulte plus
au large (fonds des îles Saint-Marcouf à plus de 10 mètres). Notons
également que dans cette région le
lançon équille est présent toute l’année, le lançon anguille, G. semisquamatus, seulement d’avril à septembre, mais surtout d’avril à juin.
Les migrations des différentes espèces sont toutefois mal connues.
Reproduction : le lançon équille,
A. tobianus, acquiert sa maturité
sexuelle dès sa première année (8 à
9 cm). Les poissons de 1 an à 1 an
et demi pondent en automne, les
plus âgés (2 à 3 ans) au printemps.
Cette ponte du printemps est beaucoup plus importante que celle
d’automne. En Manche, les périodes de reproduction s’étendent
de février à mars et de septembre à
décembre, en mer du Nord, en
mars-avril et en novembre-décembre. Le lançon anguille, G. semisquamatus, acquiert sa maturité
sexuelle au mois de mai. Le lançon
nordique, A. marinus, qui fréquente
nos côtes de la Manche l’été, pond
en mer du Nord de novembre à janvier, en mer d’Irlande en janvier-février, au sud-ouest de l’Islande en
mars-avril ; le lançon jolivet, H. immaculatus, de janvier à avril et
peut-être également en novembre ;
le lançon commun, H. lanceolatus,
d’avril à mai entre 20 et 100 m de
profondeur; le lançon cicerèle,
G. cicerelus, de novembre à janvier
en Méditerranée. Les œufs de 0,7 à
0,9 mm de diamètre sont pondus
dans le sable aux grains duquel ils
adhèrent. La larve est pélagique
semblant suivre des migrations verticales, ses concentrations étant plus
profondes la nuit que le jour.
Croissance : la croissance des lançons
est rapide, leur longévité brève. Dans
la Manche, le lançon équille, A. tobianus, vit 3 ans (25 cm). A la fin de
la première année les individus nés en
automne atteignent 12 cm, ceux du
printemps 17 cm, la seconde année,
ceux de l’automne 20 cm. Dans la
Manche, le lançon anguille, G. semisquamatus, atteint environ 13 cm à un
an, 16 cm à 2 ans, 18 cm à 3 ans. Sa
longévité est de 5 ans (24 cm). En
mer du Nord, le lançon nordique,
A. marinus, mesure 11 cm à 1 an,
13 cm à 2 ans, 16 cm à 3 ans, 19 cm
à 4 ans et 24 cm à 5 ans.
Alimentation : les larves pélagiques
du lançon nordique, A. marinus, se
nourrissent, lorsque leur taille est
comprise entre 3 et 9 mm, de dinoflagellés, d’œufs d’invertébrés (de 3
à 9 mm), de larves de copépodes
(de 3 à 21 mm, mais surtout entre
9 et 15 mm) puis de tintinnides (de
5 à 11 mm), de diatomées (de 5 à
21 mm), de larves de lamellibranches (de 5 à 21 mm), d’appendiculaires (à partir de 7 mm), de
larves de polychètes (de 9 à 17 mm)
et de copépodes de plus en plus
gros (à partir de 9 mm). De même
la larve du lançon commun,
H. lanceolatus, ingère des tintinnides lorsque sa taille est de 3 à
5 mm, des dinoflagellés et des œufs
d’invertébrés lorsqu’elle mesure de
3 à 7 mm, des larves de copépodes
quand sa longueur est de 3 à
13 mm et en grandissant des copépodes de plus en plus gros (à partir
de 5 mais surtout de 7 mm).
Dans le golfe de Gascogne, les
jeunes (7 à 11 cm) mangent surtout de petits gastéropodes de 1 à
2 mm, puis des ostracodes, des copépodes, des mysidacés, de minuscules bivalves et quelques rares isopodes. En Manche et autour des
Iles Britanniques, les grands individus mangent surtout de petits
poissons dont des alevins de lançons. Le lançon nordique, A. marinus, se nourrit de vers annélides,
d’amphipodes de larves de crustacés décapodes, de copépodes.
■ Pêche
Les lançons sont capturés de jour et
pendant la pleine mer avec un chalut spécial constitué par un fdet en
étamine à maille de 5 mm de côté.
Ils sont pris en Bretagne sud à la senne à lançons également à mailles très
fines et à la drague à lançons. Notons que sur les côtes de la Manche
au moment des grandes marées, il
s’en prend à pied sec en fouillant le
sable avec une faucille ou une bêche.
Les statistiques des pêches maritimes
françaises font état, toutes espèces
confondues, d’une capture annuelle
de 300 à 500 tonnes entre 1974
et 1979, de 80 tonnes en 1994.
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