— 565 —
par une vésicule intermédiaire (v), qui prend d’abord un grand développement au début
de l’organogénèse du futur oozoïde (PL 204, fig. 3), mais qui est résorbée ensuite graduellement ainsi que la queue cordée. L’enveloppe anhiste entourant l’embryon,
formée probablement aux dépens du liquide périvitellin, expulsé de l’œuf au moment de
la segmentation, se distend et devient sphérique (PI. 204, fig. 4), à l’intérieur de laquelle
est encore emprisonné le jeune oozoïde, ayant acquis sa forme définitive après la résorption totale de la queue et de la vésicule intermédiaire, quand cette dernière était présente.
Finalement le jeune oozoïde devient libre dans la mer et n’a qu’à parfaire son organisation interne et atteindre sa taille définitive (PI. 203, fig. 1).
ÉCOLOGIE
7 espèces et 2 variétés de Doliolides sont connues en Méditerranée. Parmi elles 3 sont
rares, ou même très rares et accidentelles, tandis que 6 autres formes sont communes
dans le plancton de surface ou de faible profondeur pendant la saison froide. Les gonozoïdes, les jeunes oozoïdes et les vieilles nourrices, ces dernières le plus souvent amputées
de la presque totalité de leurs appendices dorsaux, sont communes dans le plancton
de surface du mois de décembre au mois d’avril. Au mois de mai on pêche en profondeur
de 100 à 400 m leurs larves cordées, qui apparaissent ensuite à la surface, parfois en
abondance, en octobre et novembre, ainsi que les jeunes oozoïdes.
SYSTÉMATIQUE
La classification des Doliolides n’est pas au point à l’heure actuelle à cause de la
complexité de leur cycle évolutif, du polymorphisme de leurs bourgeons et de l’insuffisance de nos connaissances sur le développement de leurs stades larvaires cordés, qui
a lieu généralement dans la zone profonde. Ainsi, aucun classement ne peut être établi
actuellement des oozoïdes et des phorozoïdes, qui sont soit inconnus, soit insuffisamment
décrits chez de nombreuses espèces de Doliolides. On pourra reconnaître toutefois la
nature, mais non l’appartenance spécifique, de ces 2 sortes de blastozoïdes par les
caractères suivants : les phorozoïdes, qui présentent une organisation générale, quoique
simplifiée, assez semblable à celle de leurs gonozoïdes respectifs, sont stériles, n’ont
que 8 bandes musculaires et possèdent généralement des reliquats de leurs pédicules
placentaires, sur lesquels sont fixés les jeunes gonozoïdes. Quant à la reconnaissance de
la nature des oozoïdes âgés ou des nourrices, elle est facile à cause de l’existence chez
eux des appendices dorsaux, de la régression de tous les organes internes à l’exception
du cœur et du système nerveux, et du fort développement de leurs bandes musculaires,
devenues souvent presque coalescentes en un manchon musculaire.
La classification actuelle des Doliolides ne s’applique ainsi qu’aux gonozoïdes adultes,
ayant acquis tous leurs caractères distinctifs. Elle est basée sur la forme des branchies
et le nombre de leurs fentes, sur la largeur des bandes musculaires et surtout sur la
conformation et la disposition de l’appareil digestif et des organes génitaux. D’après ces
caractères on divise les Doliolides en 3 genres, tous représentés dans la Méditerranée.
g. Doliopsis (= Anchinia) Vogt, comprenant 1 seule espèce primitive, insuffisamment connue : rubescens Vogt.
g. Dolioloïdes Garstang, également avec 1 seule espèce rarum Grobben, caractérisé par son tube digestif droit et descendant.
Précédent

- 566/590

Suivant