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Sa position chez l’Appendiculaire adulte, c’est-à-dire son insertion à angle droit
sur la face ventrale du tronc dans une échancrure entre l’abdomen et le post-abdomen
et son incurvation à 45° vers l’avant du corps, n’est pas la position morphologique
normale, comme le montre le développement.
La queue est aplatie, foliacée, et sa forme est très variable. Sa partie centrale, légèrement renflée, contient l’élément squelettique, la corde élastique tubulaire, fermée aux
extrémités, de consistance cartilaginoïde. Sur le côté gauche de la corde se trouve le
cordon nerveux caudal avec ses ganglions plus ou moins rudimentaires, desquels partent
symétriquement les nerfs spinaux, moteurs ou sensitifs (PI. 192, fig. 1). A droite et à
gauche de la corde, soit sur toute la longueur de la queue, soit sur une partie, s’étendent
2 bandes musculaires striées, plus ou moins développées, résultant de la fusion d’un
nombre restreint de cellules musculaires géantes. La couche cuticulaire, qui recouvre
la queue, se prolonge sur les côtés en expansions aliformes transparentes ou nageoires,
à la base desquelles sont situés les 2 sinus sanguins caudaux latéraux.
Dans l’espace hœmocœlien de la queue on trouve des cellules particulières d’aspect
mésenchymateux, le vrai mésenchyme n’existant pas chez les Appendiculaires. Elles
sont de 2 sortes : les unes arrondies, disposées ventralement par rapport à la corde,
désignées sous le nom de cellules sub-cordales ou sous-cordales, sont en nombre variable :
1, 2, ou plusieurs, disposées dans ce dernier cas en rangées longitudinales (PI. 195,
fig. 6). Les autres, utriculaires, sont localisées surtout dans la partie caudale de la
queue, en dehors des bandes musculaires. Elles sont disposées généralement symétriquement en 2 rangées des 2 côtés de la corde et elles portent le nom de cellules amphicordales (Pl. 195, fig. 6). Le nombre et la disposition des cellules sub-cordales et
amphi-cordales, dont la fonction reste inconnue, sont utilisés comme des caractères
distinctifs spécifiques importants dans la taxonomie des Appendiculaires.
DÉVELOPPEMENT
Les œufs, pondus dans la mer et fécondés, s’entourent d’une enveloppe vitelline
enkystée. Leur segmentation et l’organogénèse sont assez bien connues actuellement
grâce surtout aux travaux de Delsmann sur Oikopleura, et leurs descriptions sortiraient
du cadre du Manuel. Par contre, afin de mieux comprendre l’organisation de l’Appendiculaire adulte, s’impose celle des larves au moment où elles quittent leurs enveloppes
vitellines, et qu’on peut rencontrer en liberté dans les prises planctoniques.
A ce stade l’embryon montre une grande ressemblance avec la larve têtard d’une
Ascidie, et sa queue conserve encore sa position morphologique primitive médiosagittale (Pl. 192, fig. 4). Son système nerveux, fortement développé, se compose d’une
vésicule cérébrale, dans la cavité de laquelle est logé le statocyste (Pl. 192, fig. 4, vc),
prolongée par le cordon nerveux dorsal non métamérisé. A part le pharynx (ph), l’appareil digestif n’est pas encore différencié chez lui. La métamorphose de la larve est évolutive et consiste en la différenciation de divers organes de l’appareil digestif, des tubes
branchiaux, de la bouche et de l’anus, ce dernier s’ouvrant en dernier lieu, et surtout en le
déplacement de l’insertion de la queue par suite du fort développement de l’anse digestive et du post-abdomen (Pl. 192, fig. 5). En même temps la queue se tord à 90° autour
de son axe longitudinal de telle sorte que ses faces latérales deviennent dorsale et
ventrale; enfin, elle se recourbe à 45° vers la partie antérieure du tronc. On doit faire
remarquer cependant qu’au point de vue de l’organisation interne la larve de l’Appendiculaire en train de se transformer en un individu adulte, présente des différences
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