CHAPITRE XXXIII
LES LARVES DU PLANCTON
par
M. ROSE
Les récoltes pélagiques effectuées au filet fin, renferment toujours un nombre important d’œufs et de formes larvaires. Celles-ci proviennent soit d’animaux holoplanctoniques,
c est-à-dire dont toute la vie se déroule à l’état pélagique; soit, en grande majorité,
d’organismes méroplanctoniques dont seule la larve vit à l’état libre dans le plancton,
l’adulte étant benthique ou nageur. C’est pourquoi plus le plancton est recueilli près des
côtes et moins la mer est profonde, plus le nombre de types larvaires pêchés est grand.
Les larves pélagiques sont d’une extraordinaire variété de formes et appartiennent à
tous les groupes zoologiques marins. De plus, une même espèce dans son évolution
larvaire, passe très souvent par des stades fort différents d’aspect; soit par métamorphose, soit par croissance et différenciation progressives. Ces variations morphologiques
ont souvent une telle importance, que deux larves à des stades évolutifs différents,
ont été prises pour des animaux n’ayant aucun rapport entre eux, baptisées de noms
différents, bien qu’elles appartiennent en fait à la même espèce.
Il est bien évident que nous ne pouvons décrire et figurer tous ces stades ; non plus
que toutes les larves que l’on peut trouver dans le plancton. Nous en donnons seulement
quelques types fondamentaux, les plus communs et les plus caractéristiques.
Pendant longtemps, on s’est contenté de décrire, dessiner et baptiser les larves observées, au hasard des rencontres, dans le matériel recueilli. On ne savait pas les élever;
leur origine et leur évolution restaient souvent inconnues. On leur a donné soit le nom
de l’auteur qui les a signalées le premier, soit celui de la localité où on les a pêchées :
Tornaria Krohni, Auricularia de Trieste par exemple.
Mais depuis, on a fait de très gros progrès dans les techniques d’élevage; soit en
partant de l’œuf fécondé, soit en partant des larves pêchées. On a pu boucler des cycles
complets, ce qui a permis de combler des lacunes nombreuses, de redresser des erreurs
et de montrer des filiations inattendues et insoupçonnées entre des formes considérées
comme indépendantes. Actuellement, on peut dire que l’on est capable d’élever une
larve quelconque. C’est une question d’abondance de matériel, de temps et de patience,
de nourriture adéquate à trouver et de technique à mettre au point. Pour le moment, on
ne s’est encore occupé que d’un nombre d’espèces tout à fait infime; mais qui augmentera
très vite dans un avenir proche.
Il nous a paru plus commode pour l’usager, de trouver réunies sur une même planche,
et autant que possible, les larves d’un même type général. Nous avons pensé qu’on arriverait ainsi plus vite à une identification approchée des formes rencontrées. Mais
pour la description des larves pélagiques, nous suivons l’ordre zoologique.
LES LARVES DU PLANCTON
par
M. ROSE
Les récoltes pélagiques effectuées au filet fin, renferment toujours un nombre important d’œufs et de formes larvaires. Celles-ci proviennent soit d’animaux holoplanctoniques,
c est-à-dire dont toute la vie se déroule à l’état pélagique; soit, en grande majorité,
d’organismes méroplanctoniques dont seule la larve vit à l’état libre dans le plancton,
l’adulte étant benthique ou nageur. C’est pourquoi plus le plancton est recueilli près des
côtes et moins la mer est profonde, plus le nombre de types larvaires pêchés est grand.
Les larves pélagiques sont d’une extraordinaire variété de formes et appartiennent à
tous les groupes zoologiques marins. De plus, une même espèce dans son évolution
larvaire, passe très souvent par des stades fort différents d’aspect; soit par métamorphose, soit par croissance et différenciation progressives. Ces variations morphologiques
ont souvent une telle importance, que deux larves à des stades évolutifs différents,
ont été prises pour des animaux n’ayant aucun rapport entre eux, baptisées de noms
différents, bien qu’elles appartiennent en fait à la même espèce.
Il est bien évident que nous ne pouvons décrire et figurer tous ces stades ; non plus
que toutes les larves que l’on peut trouver dans le plancton. Nous en donnons seulement
quelques types fondamentaux, les plus communs et les plus caractéristiques.
Pendant longtemps, on s’est contenté de décrire, dessiner et baptiser les larves observées, au hasard des rencontres, dans le matériel recueilli. On ne savait pas les élever;
leur origine et leur évolution restaient souvent inconnues. On leur a donné soit le nom
de l’auteur qui les a signalées le premier, soit celui de la localité où on les a pêchées :
Tornaria Krohni, Auricularia de Trieste par exemple.
Mais depuis, on a fait de très gros progrès dans les techniques d’élevage; soit en
partant de l’œuf fécondé, soit en partant des larves pêchées. On a pu boucler des cycles
complets, ce qui a permis de combler des lacunes nombreuses, de redresser des erreurs
et de montrer des filiations inattendues et insoupçonnées entre des formes considérées
comme indépendantes. Actuellement, on peut dire que l’on est capable d’élever une
larve quelconque. C’est une question d’abondance de matériel, de temps et de patience,
de nourriture adéquate à trouver et de technique à mettre au point. Pour le moment, on
ne s’est encore occupé que d’un nombre d’espèces tout à fait infime; mais qui augmentera
très vite dans un avenir proche.
Il nous a paru plus commode pour l’usager, de trouver réunies sur une même planche,
et autant que possible, les larves d’un même type général. Nous avons pensé qu’on arriverait ainsi plus vite à une identification approchée des formes rencontrées. Mais
pour la description des larves pélagiques, nous suivons l’ordre zoologique.
