CHAPITRE XXVII
I
CTENOPHORA ( ACNIDARIA auct.)
par
G. TRÉGOUBOFF
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Les Cténophores sont marins et holoplanctoniques, à l’exception de quelques formes
exotiques aberrantes, rampantes ou même sessiles. Les anciens auteurs avaient créé
pour eux une classe particulière des Acnidaires, en les opposant aux Cnidaires, auxquels
appartiennent tous les autres Cœlentérés. Cette séparation se justifiait, d’après eux,
par certains caractères particuliers aux Cténophores, tels que : l’absence chez eux des
nématoblastes, remplacés par des colloblastes, la présence de bandes ciliées vibratiles, assurant la locomotion, l’existence d’un organe des sens et d’équilibre unique,
appelé statocyste, et, enfin, le fait qu’ils sont hermaphrodites et non dioïques, comme
les autres Hydrozoaires.
On a tenté, à plusieurs reprises, de combler le fossé entre Acnidaires et Cnidaires.
Ainsi, Gegenbaur (1856), Chun (1880) et Komai (1942), ayant constaté la présence
de nématocystes dans les tentacules d’un Cténophore Tentaculé primitif, Euchlora
rubra Chun, ont considéré, pour cette raison, cette dernière comme une forme intermédiaire entre les 2 classes des Cœlentérés. Toutefois, Komai (1951) s’est rétracté
récemment et admet actuellement qu’il avait commis une erreur d’interprétation et
que les nématocystes des tentacules à? Euchlora sont d’origine étrangère et proviendraient d’une Méduse ingérée. Malgré cette rétraction de Komai, la question de la
nature des nématocystes &Euchlora ne peut pas être considérée comme résolue d’une
manière définitive. En faveur de la nature autogène plaident les faits suivants : l’absence
des colloblastes dans les tentacules Euchlora; l’existence des nématocystes du même
type chez des Euchlores de provenance différente (Méditerranée et Mer du Japon);
la structure de ces nématocystes, jeunes ou définitivement formés, qui ne répond à
aucun type connu de Méduses méditerranéennes, d’après les observations de Picard
sur les Euchlores récoltées à Villefranche-sur-Mer. L’origine des nématocystes Euchlora
ne sera établie avec certitude qu’au moyen des coupes histologiques qui seules peuvent
montrer s’il existe ou non une zone cnidogène à la base des tentacules (1).
Dans la classification actuelle on place les Cténophores en appendice aux Automéduses, et leur rapprochement avec les Cnidaires, comme il sera indiqué dans l’exposé
1). Après la rédaction de ce chapitre Picard (1955) a publié une note sur les nématocystes à Euchlora
rubra, en provenance de Villefranche, dans laquelle il a montré qu’il existe chez ce Cténophore à la base
des tentacules des foyers cnidogènes et qu’en conséquence ses nématocystes ne sont pas d’origine étrangère.
I
CTENOPHORA ( ACNIDARIA auct.)
par
G. TRÉGOUBOFF
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Les Cténophores sont marins et holoplanctoniques, à l’exception de quelques formes
exotiques aberrantes, rampantes ou même sessiles. Les anciens auteurs avaient créé
pour eux une classe particulière des Acnidaires, en les opposant aux Cnidaires, auxquels
appartiennent tous les autres Cœlentérés. Cette séparation se justifiait, d’après eux,
par certains caractères particuliers aux Cténophores, tels que : l’absence chez eux des
nématoblastes, remplacés par des colloblastes, la présence de bandes ciliées vibratiles, assurant la locomotion, l’existence d’un organe des sens et d’équilibre unique,
appelé statocyste, et, enfin, le fait qu’ils sont hermaphrodites et non dioïques, comme
les autres Hydrozoaires.
On a tenté, à plusieurs reprises, de combler le fossé entre Acnidaires et Cnidaires.
Ainsi, Gegenbaur (1856), Chun (1880) et Komai (1942), ayant constaté la présence
de nématocystes dans les tentacules d’un Cténophore Tentaculé primitif, Euchlora
rubra Chun, ont considéré, pour cette raison, cette dernière comme une forme intermédiaire entre les 2 classes des Cœlentérés. Toutefois, Komai (1951) s’est rétracté
récemment et admet actuellement qu’il avait commis une erreur d’interprétation et
que les nématocystes des tentacules à? Euchlora sont d’origine étrangère et proviendraient d’une Méduse ingérée. Malgré cette rétraction de Komai, la question de la
nature des nématocystes &Euchlora ne peut pas être considérée comme résolue d’une
manière définitive. En faveur de la nature autogène plaident les faits suivants : l’absence
des colloblastes dans les tentacules Euchlora; l’existence des nématocystes du même
type chez des Euchlores de provenance différente (Méditerranée et Mer du Japon);
la structure de ces nématocystes, jeunes ou définitivement formés, qui ne répond à
aucun type connu de Méduses méditerranéennes, d’après les observations de Picard
sur les Euchlores récoltées à Villefranche-sur-Mer. L’origine des nématocystes Euchlora
ne sera établie avec certitude qu’au moyen des coupes histologiques qui seules peuvent
montrer s’il existe ou non une zone cnidogène à la base des tentacules (1).
Dans la classification actuelle on place les Cténophores en appendice aux Automéduses, et leur rapprochement avec les Cnidaires, comme il sera indiqué dans l’exposé
1). Après la rédaction de ce chapitre Picard (1955) a publié une note sur les nématocystes à Euchlora
rubra, en provenance de Villefranche, dans laquelle il a montré qu’il existe chez ce Cténophore à la base
des tentacules des foyers cnidogènes et qu’en conséquence ses nématocystes ne sont pas d’origine étrangère.
