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INDICATIONS PRATIQUES
Pêche. — Seuls les petits Calycophorides Diphyidae et Abylopsidae peuvent être
capturés, sans trop de dommages, avec des filets planctoniques ; et encore, on constate
souvent que les cloches des colonies se sont dissociées au cours de la pêche. Quant aux
grands Calycophorides, tels que Sulculeolariinae et Prayidae, ainsi qu’aux Physonectes, pour les avoir intacts, on doit les faire rentrer directement dans des bocaux de
dimensions appropriées, en évitant de les heurter contre le rebord de ces derniers, car
le , moindre choc provoque le détachement des cloches natatoires. La capture doit se
faire sous l’eau, et en aucun cas les Siphonophores ne doivent être exposés à l’air;
dans le cas contraire, ils « explosent » littéralement et se désagrègent entièrement.
Préparation. -— Tous les Siphonophores étant extrêmement contractiles, leur préparation exige l’anesthésie préalable. On obtient les meilleurs résultats en utilisant la
solution isotonique dans l’eau douce du Chlorure de Magnésium (à 7 %, la salinité de
la mer étant de 38 % environ), que nous étions le premier à préconiser et qui est
employée par nous à Villefranche pour tous les animaux marins, des Protistes aux
Poissons inclus. Les Cystonectes Physalies, les Calycophorides Diphyidae, Abylopsinae
et les Polyphyidae Hippopodius, s’anesthésient parfaitement dans ce liquide. La durée
de l’anesthésie, de 30 minutes à 2 heures environ, varie suivant les dimensions des
Siphonophores, et elle est généralement plus longue pendant la saison froide qu’en
été. On les fixe ensuite dans le Formol à 5 % neutre, additionné de quelques gouttes
de Flemming afin de raffermir les pédicules des cloches natatoires, et on les conserve
soit dans le Formol à 5 % propre, soit dans l’alcool à 70°. Dans ce dernier cas la déshydratation doit être progressive et très lente afin d’éviter que les cloches natatoires ne
sé rident pas et ne se remplissent pas de bulles d’air.
Le même procédé peut être employé, avec succès, pour la préparation de Physophora
hydrostatica; toutefois, quelques précautions sont à prendre avec elle. En premier
lieu, on doit attacher son pneumatophore avec un fil de soie encore pendant qu’elle
est* dans l’eau de mer et la maintenir ensuite en suspension dans le bocal contenant la
solution du Chlorure de Magnésium jusqu’à son anesthésie complète, qui demande
environ 2 heures. L’anesthésique sera remplacé progressivement par le Formol à 5 %,
seul ou additionné de Flemming. Il faut éviter de procéder à l’anesthésie et à la fixation
des Physophores quand elles sont couchées à plat dans les cristallisoirs, car, dans ce
cas, les cloches natatoires et les dactylozoïdes s’aplatissent facilement et les Siphonophores restent déformés.
En ce qui concerne tous les autres Siphonophores Physonectes, ainsi que les Calycophofidés Sulculeolariinae et les Prayidae, leur préparation est difficile et ne réussit
pas toujours, même quand on en a une grande habitude. Comme règle générale, on ne
doit chercher à préparer les colonies trop grandes, dépassant 50 cm de long. Ensuite,
les Siphonophores qu’on désire préparer doivent être absolument en parfait état, sans
aucune lésion. Il faut les traiter aussi rapidement que possible après leur capture, car
les Siphonophores, gardés à l’étroit dans un récipient pendant 2 ou 3 heures, sont déjà
altérés, ne supportent pas l’anesthésie, et perdent leurs cloches natatoires dès le début
des manipulations qu’on leur fait subir. Enfin, il est important de ne pas exposer les
Siphonophores à l’air, toutes les manipulations devant se faire sous l’eau dans de longues cuvettes de dimensions appropriées. Suivant la taille, l’anesthésie au Chlorure de
Magnésium demande de 1 à 5 heures, au maximum. Avant la fixation par le Formol
à 5 %, additionné de Flemming, on attache le Siphonophore par son pneumatophore
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