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pourrait libérer également des « substances de croissance » solubles, utilisées par les
Diatomées.
Enfin, on a préjugé l’existence de substances inhibitrices ou antagonistes, ayant une
origine analogue et bloquant plus ou moins la croissance et la reproduction des algues
planctoniques.
Les organismes photosynthétisants sont représentés partout par les Diatomées et
les Péridiniens. Les premières sont plus abondantes et plus variées dans les mers froides,
surtout dans la zone néritique. Les Péridiniens sont nombreux partout; mais dominent
en particulier dans les eaux de température moyenne élevée. Parfois, on a pu observer
1’ « ensemencement » d’une région par une espèce introduite d’une province géographique très éloignée. Ainsi la diatomée Biddulphia sinensis est commune dans le plancton
des mers d’Europe. On sait qu’elle fut introduite en 1903 à Hambourg et de là, s’est
propagée partout. Mais il ne faut pas tirer de ce fait des conclusions trop hâtives sur
les voies de migration des espèces, la similitude des eaux où se développent les organismes exilés.
D’autre part, les fluctuations du plancton animal, consommateurs directs ou indirects
des Diatomées, retentissent fortement sur la biomasse végétale d’une région océanique
donnée. Tout cela nous montre la complexité des phénomènes qui interviennent dans
la productivité des eaux marines, et explique notre impuissance à prévoir l’avenir
même dans un temps rapproché.
Les difficultés augmenteront encore lorsqu’on tiendra compte du plancton animal,
qui va introduire dans la construction de la biomasse de nombreuses variables supplémentaires.
Le travail d’ajustement de l’organisme au milieu a été beaucoup plus difficile à réaliser chez les animaux pélagiques, car pendant longtemps, on a cru qu’ils ne pouvaient
vivre que dans la mer libre. On a vu que cette idée était erronée pour beaucoup et l’on
a réussi à cultiver au laboratoire des animaux planctoniques depuis l’œuf jusqu’à
l’adulte et la génération suivante.
On s’est adressé surtout aux Copépodes, si abondants dans le plancton, et grands
consommateurs de Diatomées. Ils sont à leur tour dévorés en quantité par une foule
d’animaux de tous les groupes, et constituent un maillon de toute première importance
dans le cycle des organismes marins.
L’espèce la mieux étudiée, et de beaucoup, est Calanus finmarchicus, à cause de
son abondance, de sa grande taille et de sa robustesse. On a pu le nourrir exclusivement
avec des cultures de Nitzschia closterium, et constater que le rythme d’absorption est
irrégulier; plus rapide la nuit, et à 8° qu’à 13° ou 3°. De même, la concentration en Diatomées influe sur la vitesse de filtration; on estime que dans les conditions naturelles,
la moitié de N organique peut être pris par l’animal aux Diatomées. Les bactéries à
elles seules sont incapables d’assurer la nutrition; mais le Copépode peut absorber des
protistes incolores variés et même de jeunes larves et des œufs flottants de beaucoup
d’animaux. Des caroténoïdes divers et des carotines-protides s’accumulent dans le corps,
où s’élaborent sans doute des provitamines et vitamines qui passeront aux poissons.
Le comportement des Copépodes vis-à-vis des facteurs physico-chimiques du milieu
a été également étudié. Il est dominé par des tropismes, surtout le phototropisme, des
sensibilités différentielles et des pathies. Cela permet de comprendre pro parte la migration nycthémérale de ces Crustacés.
La durée du cycle reproducteur et de la vie est fonction des conditions externes, surtout de la température. C. finmarchicus à l’embouchure de la Clyde vit 2 mois 1/2 en
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