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En ce qui concerne le plancton, il est bien évident que certains groupes sont plus
importants que d’autres ; et en particulier les Algues sont d’intérêt primordial, puisqu’elles sont à l’origine de la synthèse de la nitilière-vivrmte.
Ces Algues ont donc été cultivées dans des milieux artificiels amenés peu à peu,
et empiriquement, à une composition telle, que la vitesse de croissance et de reproduction soit maximum, quand la température et la lumière sont le plus favorables.
On a vu qu’ils devaient contenir les mêmes sels et à peu près en même proportion que
pour la culture des plantes terrestres (liquides de Knop ou de Detmer plus ou moins
modifiés). Mais, de plus, la nécessité de divers éléments, parfois à l’état de traces (oligoéléments), s’est révélée : par exemple le Fer, le Manganèse, le Cobalt, le Silicium, le
Soufre bivalent ajoutés au milieu de culture en quantités très faibles augmentent le
rendement dans des proportions très importantes.
On a donc réussi à mettre au point un milieu de culture standard pour certaines
espèces et certaines souches de Diatomées. Le genre Nitschia représenté par diverses
races d’espèces benthiques est ainsi cultivé en permanence dans quelques laboratoires,
qui l’utilisent couramment dans leurs recherches ; et même en distribuent des échantillons vivants à d’autres expérimentateurs.
Naturellement, on a également déterminé les conditions de température et de lumière
qui sont les meilleures pour une forme définie. Et ainsi, pour certaines Diatomées du
moins, on a pu « ajuster » le végétal à son milieu d’une manière si précise, que l’algue
se développe beaucoup mieux et plus vite que dans les conditions naturelles les meilleures. A la fois la vitesse de croissance individuelle et la vitesse de reproduction des
générations successives ont atteint des valeurs maxima pratiquement constantes. Organisme et milieu sont adaptés l’un à l’autre, aussi parfaitement que possible.
Le rapport entre la concentration d’un élément en dehors et en dedans de la cellule
constitue le « facteur de concentration » qui varie avec les organismes, leur état physiologique et les éléments étudiés. Les plus importants de ces rapports sont ceux de N et P,
éléments essentiels pour la régulation des populations pélagiques. Le rapport N/P dans
l’eau de mer est une valeur d’intérêt certain. Il donne, en effet, une idée de la consommation par les organismes et de la régénération par les bactéries, de ces 2 éléments
chimiques dans une région déterminée. En général, il oscille entre 6 et 9, comme dans
les êtres vivants.
Si l’on prélève un échantillon d’eau, qu’on le répartisse en bouteilles stérilisées identiques, suspendues ensuite dans la mer à diverses profondeurs, au bout d’un temps
déterminé (en général 24 heures) on peut mesurer l’accroissement des algues dominantes en % de la population initiale, ou le dégagement d’O. L’optimum de croissance
en mars est à 5 m de profondeur en Norvège (fjord d’Oslo); à 10 m dans le Pas-deCalais. L’eau norvégienne est de 6-7° plus froide que celle de la Manche; moins transparente, mais plus riche en sels.
L’eau du large de Plymouth mise à la température de la salle, avec l’éclairement
correspondant à 10 m de profondeur, a été additionnée de doses connues, mais variées
de Nitrates et de Phosphates séparés ou mélangés. Il y a prolifération de plancton
végétal et utilisation complète des sels nutritifs en peu de jours (14 pour une dose de
sels 10 fois plus forte que celle de l’eau originelle).
Enfin, notons que les algues planctoniques, d’après les analyses qui en ont été faites,
sont très riches en protéines (40%), en lipides et glucides. Ce sont des aliments de très
haute valeur nutritive. Sans doute aussi leur teneur en provitamines et vitamines
doit-elle être élevée.
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