CHAPITRE XVIII
HYDROMÉDUSES (MÉDUSES CRASPÉDOTES)
par
G. TRÉGOUBOFF
CARACTÈRES GENERAUX
Les pêches planctoniques contiennent généralement diverses petites Méduses qu’on
désigne sous le nom d’Hydroméduses. Quoique de forme très diverse, elles présentent
toutes le caractère commun d’être pourvues d’un velum, dont la présence leur a valu
leur ancien nom de Méduses Craspédotes. Elles appartiennent toutefois à 2 catégories
bien distinctes. Les unes sont des Polypoméduses et représentent la génération sexuée
de divers Hydraires, en jouant un rôle comparable à celui des Eudoxies des Siphonophores Calycophorides, en disséminant dans la mer les produits génitaux, qui se forment dans leurs gonades. Elles doivent avoir toutes, du moins théoriquement, les
stades polypes asexués, représentés par des Hydraires. Ces derniers sont presque tous
benthiques, sessiles, le plus souvent ramifiés, coloniaux, rarement isolés, également
sessiles, et parfois fortement régressés. Exceptionnellement leurs Hydraires sont planctoniques, s’étant adaptés à la vie pélagique.
Les Hydraires sont ainsi métagénétiques puisqu’ils présentent l’alternance de 2 générations. Leur cycle évolutif peut être résumé de la manière suivante : l’œuf, émis par
la méduse, fécondé généralement dans la mer, évolue en une larve nageuse, la planule
(PI. 62, fig. 1), qui se fixe ensuite, presque toujours, sur un substratum et se transforme
en un polype (PI. 62, fig. 2), lequel peut former, par bourgeonnement, une colonie
ramifiée.
Sans entrer dans les détails de l’organisation d’un Hydraire, rappelons seulement
que les polypes d’Hydraires possèdent une bouche saillante en hypostome, n’ont pas
de stomodoeum et que leur cavité stomacale n’est pas divisée par des cloisons mésentériques. Les individus de la colonie d’un Hydraire sont diversement différenciés; les
uns sont des gastrozoïdes nourriciers, stériles, pourvus d’une bouche et de tentacules;
les autres, les dactylozoïdes, également stériles, astomes et sans tentacules, sont pourvus
de cellules urticantes, appelées les nématocystes, et jouent le double rôle de défenseurs
de la colonie et de pourvoyeurs de proies; on les désigne, pour cette raison, sous le nom
de machozoïdes ; d’autres, souvent très modifiés, sont des gonozoïdes, et c’est dans leur
intérieur que se développent les gonocytes, qui évolueront en méduses mâles et femelles.
Chez certains Hydraires existent encore les polypes particuliers, les blastostyles, sur
lesquels naissent, par bourgeonnement, les méduses.
Les Hydroméduses de la deuxième catégorie, plus évoluées, sont appelées les Méduses
autonomes ou Automéduses, parce qu’elles n’ont pas de stades asexués correspondants,
leur cycle évolutif se passant entièrement dans le milieu pélagique.
Précédent

- 264/590

Suivant