CHAPITRE XVI
CILIATA OLIGOTRICHA (OLIGOTRICHES BÜTSCHLI)
SOUS-ORDRE DES TINTINNOINEA KOFOID ET CAMPBELL
par
G. TRÉGOUBOFF
CARACTÈRES GÉNÉRAUX
Les Tintinnides sont des Ciliés « loriqués », car ils sont logés à l’intérieur d’une coque
propre, désignée sous le nom de lorica. Ils constituent un sous-ordre très homogène des
Ciliés Oligotriches et dérivent, comme l’avait montré Fauré-Frémiet (1924), de certains Hétérotriches tels que Strombidium et Strombilidium, qui sont caractérisés par
l’existence chez eux d’une frange ciliée adorale, annulaire ou spiralée, bordant le pourtour du champ péristomien. A l’exception de quelques espèces des eaux douces et saumâtres, ils sont essentiellement marins, eupélagiques.
Quelques Tintinnides ont été décrits très sommairement, pour la première fois, par
O. F. Müller en 1786. Ils ont été étudiés ensuite par de nombreux auteurs, tels que Fol
(1884) à Villefranche-sur-Mer, Entz Sr. (1884), Daday (1887), Laackmann (1906),
Brandt (1906), Entz Jr. (1909), Schweyer (1909), Fauré-Frémiet (1924), Jorgensen (1924), et par bien d’autres. Mais la cytologie fine de quelques espèces des
Tintinnides n’a été précisée d’une manière suffisante qu’assez récemment par Campbell
(1926) dans son étude monographique de « Tintinopsis nucula Fol », qui est, en réalité,
Sténo semella nivalis (Meunier), que nous prendrons, en conséquence, comme type du
sous-ordre.
M O R P U O LO G 1 E E X 1 E R N E
Lorica. — Le corps plasmatique de Stenosemella nivalis (Meunier), de 70 de longueur
environ en état d’extension, est logé à l’intérieur d’une lorica, ayant la forme d’une
fraise, close à son extrémité postérieure, acuminée et ouverte au pôle antérieur oral,
où elle se prolonge par un col rétréci, droit et court, lisse et d’apparence homogène,
rattaché au corps de la lorica par une bande annulaire, dite nucàle ou nuchale (PI. 56,
fig. 1). La paroi de la coque proprement dite, de couleur jaunâtre ou brunâtre, mince
et translucide, sans structure apparente, est constituée par une matière colloïdale
qu’on considère, à cause de ses réactions chimiques, comme voisine de la xanthoprotéine. A sa surface externe existe un réseau en relief, assez grossier et irrégulier (PL 56,
fig. 1, rl), résultant de l’amalgame de diverses substances de déjection, telles que les
débris de Radiolaires, de Diatomées, de spicules d’Éponges, etc. Un amas de ces
matières se trouve généralement à l’intérieur et au fond de la lorica (PI. 56, fig. 2, cdej),
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