CHAPITRE XIV
RADIOLARIA (RADIOLAIRES)
par
G. TRÉGOUBOFF
CARACTÈRES GENERAUX
Les Radiolaires, qui constituent la troisième et dernière classe des Rhizopodes Actinopodes, sont généralement qualifiés de perforés (R. porulosa et osculosa) à cause de
la présence constante chez eux d’une capsule centrale, dont la membrane, de nature
protéïque, séparant l’ectoplasme extracapsulaire de l’endoplasme intracapsulaire, est
perforée soit de nombreux pores fins, disséminés sur toute sa surface, soit d’un, ou de
plusieurs, orifices de structure particulière et strictement localisés. Un autre caractère
essentiel des Radiolaires est la nature de leur squelette autogène, constitué par de la
silice pure amorphe (opale). La couche gélatineuse, qui existe chez tous les Radiolaires,
est homogène, sans aucune différenciation particulière, et se trouve incluse dans l’épaisseur de l’ectoplasme. Par contre, le dernier caractère, soit disant essentiel des Radiolaires, admis classiquement (v. Trégouboff, 1953), c’est-à-dire l’absence chez eux
d’axopodes, ne peut plus être considéré actuellement comme tel. Une courte note de
Hollande et Enjumet (1954) relate l’existence d’axopodes chez de nombreux Radiolaires Shaerellaires et Nassellaires, tout comme chez des Acanthaires et Héliozoaires,
en même temps que celle de pseudopodes rayonnants réticulés d’origine ectoplasmique.
Très nombreux, environ 750 genres actuels, les Radiolaires, tous marins pélagiques,
répandus dans toutes les mers et à tous les niveaux, vivent généralement à l’état isolé
(R. Monocyttaires); d’autres ont été décrits comme vivant à l’état colonial (R. Polycyttaires), mais, comme il va être exposé plus loin, certains parmi eux ont été reconnus
comme étant des stades évolutifs de quelques R. Monocyttaires. Au point de vue de
leur morphologie externe et surtout de leur conformation squelettique, les Radiolaires
présentent une telle diversité que la description dans la partie systématique de plusieurs
types, caractéristiques des divers ordres, en lesquels on les divise, sera nécessaire.
MORPHOLOGIE GENERALE
11 est malaisé d’exposer actuellement la morphologie générale des Radiolaires, car la
conception classique, telle qu’elle a été présentée par nous dans le Traité de Zoologie de
P. Grasse et résumée dans le paragraphe qui suit, doit subir des modifications continuelles au fur et à mesure que sont publiés les résultats des études cytologiques, poursuivies actuellement par PIollande et Enjumet.
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