— 151 —
La classification des Acanthaires, proposée par Schewiakoff (1926), la plus rationnelle à 1 heure actuelle, est basée, contrairement à celles établies par ses prédécesseurs,
non seulement sur les caractères squelettiques, mais tient également compte des caractères cytologiques et des stades évolutifs de nombreux Acanthaires, observés par lui
à Naples.
Pour la distinction des ordres la classification de Schewiakoff se base uniquement
sur la modalité de l’union centrale des spicules, laquelle est parfois difficile à déceler
chez les Acanthaires vivants par suite de l’opacité de leur corps plasmatique, très
souvent vivement pigmenté.
i. Ordre des Holacantha Schew. ou Acanthaires primitifs, chez lesquels les 10 spicules diamétraux soit se croisent simplement au centre (PI. 30, fig. 10, A), ou s’enchevêtrent entre eux en un corps central par suite de la torsion en pas de vis ou de
l’excavation de leurs parties médianes (PI. 30, fig. 10, B, B ).
1
ii. Ordre des Symphyacantha Schew., dont les représentants sont pourvus de 20 spicules radiaires, très étroitement réunis au centre en un corps homogène par leurs parties
basales, différenciées parfois en pyramides (PI. 30, fig. 10 C).
ni. Ordre des Chaunacantha Schew., chez lesquels les 20 spicules radiaires, dont
les parties basales sont, ou non, différenciées en pyramides, se réunissent au centre
d’une manière tellement déliée qu’une simple pression suffit pour isoler les spicules
(PI. 30, fig. 10 D).
iv. Ordre des Arthracantha Schew. comprend les formes les plus évoluées, chez
lesquelles les parties basales des 20 spicules radiaires, en forme de pyramides à 5 ou
6 faces, sont étroitement réunies au centre suivant 2 modalités différentes :
1. sous-ordre des Sphaenacantha Schew. : les parties basales des spicules
sont réunies en un corps central étoilé par les faces des pyramides (PI. 30, fig. 10 E) ;
2. sous-ordre des Phyllacantha Schew. : les parties basales des spicules, munies
sur les bords des faces des pyramides d’expansions aliformes, s’unissent au centre non
par les faces, mais par les bords, en formant un corps central ayant l’aspect d’une
« croix foliacée », dans lequel existent 22 espaces pyramidaux creux (PI. 30, fig. 10 F).
Pour la distinction des familles, des genres et des espèces la classification de Schewiakoff tient compte aussi bien de caractères cytologiques, tels que la différenciation de
la couche gélatineuse en pellicules et en fibres élastiques, le nombre de myonèmes et
d’axopodes autour de chaque spicule, l’existence de la capsule centrale, que squelettiques : la forme et les dimensions des spicules, l’existence et la conformation des apophyses, la présence du squelette secondaire, les emplacements et le nombre de pores
des plaques apophysaires.
Les diagnoses des familles et les caractères des genres sont résumés dans les tableaux
dichotomiques qui suivent; afin de les rendre plus maniables les diagnoses des ordres
sont exposées dans un tableau distinct.
Pour des raisons d’ordre technique de nombreuses abréviations doivent être utilisées
dans les tableaux. Certaines parmi elles, - ax, my, sont précédées d’un chiffre, ce dernier
indiquant le nombre d’éléments disposés autour de chaque spicule.
ap-apophyse; ax-axopode; cap.c-capsule centrale; c.centr-corps central; AC-assez
commun; C-commun; CC-très commun; ec-ectoplasme; en-endoplasme; esp-espèce;
D-diamètre; g-genre; L-longueur; La-largeur; Méd-Méditerranée; My-myonèmes; p.
asp-pores aspinaux; p.cor-pores coronaux; p.sut-pores suturaux; pel.e-pellicule géla-
Précédent

- 151/590

Suivant