CHAPITRE XIII
ACANTHARIA (ACANTHAIRES)
par
G. TRÉGOUBOFF
CARACTÈRES GENERAUX
Incorporés pendant longtemps comme une sous-classe dans les Radiolaires, les
Acanthaires sont considérés actuellement comme formant une classe distincte et sont
rangés, au même titre que celles des Héliozoaires et des Radiolaires, dans la superclasse artificielle des Actinopodes, c’est-à-dire des Rhizopodes, possédant de fins
pseudopodes rayonnants, auxquels peuvent s’ajouter, éventuellement, des axopodes.
Cette séparation se justifie par les caractères essentiels des Acanthaires, bien différents de ceux des Radiolaires vrais, tels que : la présence chez eux d’un squelette non
siliceux, constitué par un nombre fixe de spicules géométriquement disposés, se réunissant toujours au centre du corps; l’existence d’une couche gélatineuse périphérique,
rarement homogène, le plus souvent différenciée en un appareil hydrostatique particulier qui leur est propre ; enfin, l’absence de la membrane perforée de la capsule centrale
de nature protéique, séparant l’ectoplasme extracapsulaire de l’endoplasme intracapsulaire, dont l’existence constitue le caractère essentiel des Radiolaires.
Les Acanthaires sont uniquement marins et pélagiques et se rencontrent en abondance dans le plancton méditerranéen.
MORPHOLOGIE EXTERNE
Squelette. — La nature chimique du squelette des Acanthaires n’est pas encore
déterminée avec certitude. D’après certains auteurs, tels que Bütschli, Odum, leur
squelette contiendrait du sulfate de strontium (célestine); d’après d’autres, et notamment Schewiakoff, ils résulteraient de la combinaison des silicates d’aluminium et de
calcium.
Quoiqu’il en soit, le squelette est représenté chez les Acanthaires soit par 10 spicules
diamétraux, traversant entièrement le corps plasmatique, soit par 20 spicules radiaires,
se réunissant, dans les deux cas, plus ou moins étroitement au centre. Les spicules sont
disposés en outre d’une manière bien définie et identique chez tous les vrais Acanthaires,
conformément à la loi dite de Müller, qui détermine, avec précision, les endroits de sortie
à l’extérieur de leurs pointes. Par comparaison du corps, généralement sphéroïdal, des
Acanthaires avec le globe terrestre, Müller avait constaté que les endroits de sortie des
10 —
Précédent

- 145/590

Suivant