données économiques 99 - secteur public
81
Selon une étude de la Sogreah (citée par l'Office parlementaire d'évaluation des politiques publiques, 1998), le coût
moyen du mètre linéaire de littoral protégé était d'environ
8 500 francs en 1987 ; le littoral protégé était d'une longueur
d'environ 550 km pour une valeur actualisée d'investissement de l'ordre de 5 milliards de francs.
Le coût du mètre linéaire varie beaucoup en fonction du type
d'ouvrage et de ses conditions de réalisation. Le Service technique central des ports maritimes et des voies navigables
(1998) tournit quelques ordres de grandeur. Concernant le
rechargement de plage, le coût des opérations varie entre
10 et 60 francs par mètre cube de matériaux rapportés.
Concernant l'aménagement des dunes, ils est de l'ordre de
100 à 200 francs par mètre carré pour la mise en place de
clayonnages et de fascinages, et de 140 francs par mètre
linéaire (ml) pour la mise en place de ganivelles. Concernant
les ouvrages longitudinaux de haut de plage, le coût des perrés
en béton ou en maçonnerie est compris entre 7 000 et 10 000
francs par mètre linéaire pour un littoral soumis à un marrage moyen ; il varie entre 2 500 F/ml et 7 000 F/ml pour des
perrés en enrochements ; le coût moyen de brise-lames étant au
minimum de 50000 F/ml. Quant aux ouvrages transversaux
(épis), leurs coûts varient entre 6 000 à 18 000 F/ml selon
leur nature (maçonnerie, plaques de béton amovibles, enrochements) et leur positionnement.
Lutte contre les espèces proliférantes
Certaines espèces ont été introduites accidentellement dans
les écosystèmes côtiers. Lorsque leur développement entraîne une transformation importante des caractéristiques de
ces écosystèmes et s'avère générateur de nuisances pour les
usagers du littoral, des moyens de contenir leur extension
sont recherchés. Les dépenses consenties en ce sens participent de l'effort public et privé général pour la protection de
l'environnement littoral.
Ce type de problème se pose pour certai nés espèces de microalgues. Outre les ulves, dont le développement est étroitement
lié à l'évolution de la qualité des eaux marines (cf. supra),
d'autres cas connus sont celui des algues brunes (sargasses),
et celui de la caulerpe.
Les algues brunes, originaires du Japon, ont proliféré par le
vecteur que constituent les naissains d'huîtres japonaise.
Elles gèrent la conchyliculture (nécessitant le nettoyage des
parcs), la pêche à pied, la plaisance et la baignade.
La caulerpe est une algue tropicale introduite accidentellement en Méditerranée nord-occidentale au début des
années 90. Son développement présente des cycles saisonniers,
inféodés à la température de l'eau. Elle se développe ainsi
essentiellement de la fin du printemps à la fin de l'automne,
lorsque la température dépasse 18 °C. Une phase de latence
intervient au cours de l'hiver.
L'expansion de l'algue est suivie par l'Ifremer depuis 1992,
avec les collaborations du service de l'environnement de
Monaco, du groupe d'intérêt scientifique posidonies, et du
laboratoire environnement marin littoral de l'université de
Nice, au rythme d'une à deux campagnes par an. Depuis
cette date, l'algue a progressé sur tous les types de substrats,
formant en certains endroits des couvertures très denses.
D'octobre 1992 à 1995, les surfaces concernées sont passées
de 50 à 238 ha dans le secteur de Cap-d'Ail; de 37
à 97 ha dans celui de Monaco ; de 1 29 à 166 ha autour de
Cap-Martin et de 0,76 à 229 ha en face de Menton. Ces
chiffres doivent être pondérés par les densités de recouvremenent qui englobent des classes au pourcentage faible (de 1
à 25 %) et moyen (de 25 à 50%). Par ailleurs, des fluctuations de cette expansion, apparemment liées aux conditions
de température et d'hydrodynamique, ont pu être observées.
L'extension de l'aire colonisée par l'algue, le long des rivages
de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, du golfe du
Lion, des Baléares, et des côtes italiennes du golfe de Gênes
provoque certaines inquiétudes. Son développement entraîne
en effet une uniformisation rapide des fonds marins. Au-delà
des modifications écologiques impliquées, cette uniformisation a également des conséquences économiques directes.
Elle réduit l'intérêt des zones concernées pour des activités
récréatives telles que la plongée sous-marine en raison de la
monotonie des paysages sous-marins engendré par l'invasion
de l'algue. L'expansion de la caulerpe entraîne également une
gêne physique pour la pêche côtière.
Le cas de la crépidule, mollusque gastéropode, est aussi
connu. Originaire de la façade atlantique de l'Amérique du
Nord, elle arrive sur les côtes européennes à la fin du siècle
dernier, sa distribution s'étendant aujourd'hui de la Suède
à la Méditerranée. Arrivée sur les côtes françaises pendant la
deuxième guerre mondiale, puis avec l'introduction de
l'huître japonaise dans les années 70, elle occupe actuellement
une place importante dans les écosystèmes côtiers, notamment dans les secteurs abrités peu profonds (baies, estuaires).
Le golfe normand breton est sans aucun doute le secteur le
plus colonisé avec particulièrement les baies de Saint-Brieuc
(stock actuel estimé à 250000 tonnes) et de Cancale (stock
actuel estimé à 100000 tonnes).
Si les activités conchylicoles ont été un vecteur majeur dans
la propagation de la crépitude sur le littoral français dans les
années 60 à 70, du fait des échanges de produits entre bassins,
la pêche côtière aux engins traînants a depuis favorisé localement la dissémination de l'espèce. Les travaux en cours
révèlent que la prolifération de la crépidule se poursuit dans la
plupart des secteurs étudiés.
La crépidule modifie la texture des fonds, son développement
en fortes concentrations s'accompagnant d'un appauvrissement de la diversité des communautés benthiques. À cet effet
s'ajoute un risque de compétition spatiale et trophique avec
d'autres filtreurs, à la fois dans les zones conchylicoles et sur les
gisements naturels de bivalves. Par ailleurs, certains secteurs
conchylicoles et zones de pêche, traditionnellement exploités
par dragage et chalutage deviennent inexploitables du fait de
l'augmentation du volume de crépidules récoltées et de l'allongement du temps de tri. Un déplacement, voire une réduction,
de certaines de ces activités est alors constaté localement.
Jusqu'à ces dernières années, la lutte contre la crépidule était
limitée à des nettoyages ponctuels opérés par dragage de parcs
ostréicoles (Marennes-Oléron et Cancale notamment) avec
remise à l'eau dans les zones délaissées, ou mise en décharge à
terre (cette dernière solution devrait être prochainement interdite dans le cadre de la réglementation européenne).
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Selon une étude de la Sogreah (citée par l'Office parlementaire d'évaluation des politiques publiques, 1998), le coût
moyen du mètre linéaire de littoral protégé était d'environ
8 500 francs en 1987 ; le littoral protégé était d'une longueur
d'environ 550 km pour une valeur actualisée d'investissement de l'ordre de 5 milliards de francs.
Le coût du mètre linéaire varie beaucoup en fonction du type
d'ouvrage et de ses conditions de réalisation. Le Service technique central des ports maritimes et des voies navigables
(1998) tournit quelques ordres de grandeur. Concernant le
rechargement de plage, le coût des opérations varie entre
10 et 60 francs par mètre cube de matériaux rapportés.
Concernant l'aménagement des dunes, ils est de l'ordre de
100 à 200 francs par mètre carré pour la mise en place de
clayonnages et de fascinages, et de 140 francs par mètre
linéaire (ml) pour la mise en place de ganivelles. Concernant
les ouvrages longitudinaux de haut de plage, le coût des perrés
en béton ou en maçonnerie est compris entre 7 000 et 10 000
francs par mètre linéaire pour un littoral soumis à un marrage moyen ; il varie entre 2 500 F/ml et 7 000 F/ml pour des
perrés en enrochements ; le coût moyen de brise-lames étant au
minimum de 50000 F/ml. Quant aux ouvrages transversaux
(épis), leurs coûts varient entre 6 000 à 18 000 F/ml selon
leur nature (maçonnerie, plaques de béton amovibles, enrochements) et leur positionnement.
Lutte contre les espèces proliférantes
Certaines espèces ont été introduites accidentellement dans
les écosystèmes côtiers. Lorsque leur développement entraîne une transformation importante des caractéristiques de
ces écosystèmes et s'avère générateur de nuisances pour les
usagers du littoral, des moyens de contenir leur extension
sont recherchés. Les dépenses consenties en ce sens participent de l'effort public et privé général pour la protection de
l'environnement littoral.
Ce type de problème se pose pour certai nés espèces de microalgues. Outre les ulves, dont le développement est étroitement
lié à l'évolution de la qualité des eaux marines (cf. supra),
d'autres cas connus sont celui des algues brunes (sargasses),
et celui de la caulerpe.
Les algues brunes, originaires du Japon, ont proliféré par le
vecteur que constituent les naissains d'huîtres japonaise.
Elles gèrent la conchyliculture (nécessitant le nettoyage des
parcs), la pêche à pied, la plaisance et la baignade.
La caulerpe est une algue tropicale introduite accidentellement en Méditerranée nord-occidentale au début des
années 90. Son développement présente des cycles saisonniers,
inféodés à la température de l'eau. Elle se développe ainsi
essentiellement de la fin du printemps à la fin de l'automne,
lorsque la température dépasse 18 °C. Une phase de latence
intervient au cours de l'hiver.
L'expansion de l'algue est suivie par l'Ifremer depuis 1992,
avec les collaborations du service de l'environnement de
Monaco, du groupe d'intérêt scientifique posidonies, et du
laboratoire environnement marin littoral de l'université de
Nice, au rythme d'une à deux campagnes par an. Depuis
cette date, l'algue a progressé sur tous les types de substrats,
formant en certains endroits des couvertures très denses.
D'octobre 1992 à 1995, les surfaces concernées sont passées
de 50 à 238 ha dans le secteur de Cap-d'Ail; de 37
à 97 ha dans celui de Monaco ; de 1 29 à 166 ha autour de
Cap-Martin et de 0,76 à 229 ha en face de Menton. Ces
chiffres doivent être pondérés par les densités de recouvremenent qui englobent des classes au pourcentage faible (de 1
à 25 %) et moyen (de 25 à 50%). Par ailleurs, des fluctuations de cette expansion, apparemment liées aux conditions
de température et d'hydrodynamique, ont pu être observées.
L'extension de l'aire colonisée par l'algue, le long des rivages
de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, du golfe du
Lion, des Baléares, et des côtes italiennes du golfe de Gênes
provoque certaines inquiétudes. Son développement entraîne
en effet une uniformisation rapide des fonds marins. Au-delà
des modifications écologiques impliquées, cette uniformisation a également des conséquences économiques directes.
Elle réduit l'intérêt des zones concernées pour des activités
récréatives telles que la plongée sous-marine en raison de la
monotonie des paysages sous-marins engendré par l'invasion
de l'algue. L'expansion de la caulerpe entraîne également une
gêne physique pour la pêche côtière.
Le cas de la crépidule, mollusque gastéropode, est aussi
connu. Originaire de la façade atlantique de l'Amérique du
Nord, elle arrive sur les côtes européennes à la fin du siècle
dernier, sa distribution s'étendant aujourd'hui de la Suède
à la Méditerranée. Arrivée sur les côtes françaises pendant la
deuxième guerre mondiale, puis avec l'introduction de
l'huître japonaise dans les années 70, elle occupe actuellement
une place importante dans les écosystèmes côtiers, notamment dans les secteurs abrités peu profonds (baies, estuaires).
Le golfe normand breton est sans aucun doute le secteur le
plus colonisé avec particulièrement les baies de Saint-Brieuc
(stock actuel estimé à 250000 tonnes) et de Cancale (stock
actuel estimé à 100000 tonnes).
Si les activités conchylicoles ont été un vecteur majeur dans
la propagation de la crépitude sur le littoral français dans les
années 60 à 70, du fait des échanges de produits entre bassins,
la pêche côtière aux engins traînants a depuis favorisé localement la dissémination de l'espèce. Les travaux en cours
révèlent que la prolifération de la crépidule se poursuit dans la
plupart des secteurs étudiés.
La crépidule modifie la texture des fonds, son développement
en fortes concentrations s'accompagnant d'un appauvrissement de la diversité des communautés benthiques. À cet effet
s'ajoute un risque de compétition spatiale et trophique avec
d'autres filtreurs, à la fois dans les zones conchylicoles et sur les
gisements naturels de bivalves. Par ailleurs, certains secteurs
conchylicoles et zones de pêche, traditionnellement exploités
par dragage et chalutage deviennent inexploitables du fait de
l'augmentation du volume de crépidules récoltées et de l'allongement du temps de tri. Un déplacement, voire une réduction,
de certaines de ces activités est alors constaté localement.
Jusqu'à ces dernières années, la lutte contre la crépidule était
limitée à des nettoyages ponctuels opérés par dragage de parcs
ostréicoles (Marennes-Oléron et Cancale notamment) avec
remise à l'eau dans les zones délaissées, ou mise en décharge à
terre (cette dernière solution devrait être prochainement interdite dans le cadre de la réglementation européenne).
