Pour la troisième année consécutive, l'Ifremer propose une
nouvelle édition des « Données économiques maritimes
françaises ».
Un tel document est unique parmi les publications françaises d'informations économiques et statistiques. Et pour
cause : le « lien à la mer » n'est pas un critère permettant
habituellement aux statisticiens de définir les différentes
catégories d'activités. Notre entreprise sort donc des sentiers
battus. Ce faisant, nous prenons le risque d'une insuffisance
de données quantitatives et d'informations sur des secteurs
que nous savons nombreux, parfois mal identifiés, souvent
constitués de parties de secteurs plus vastes dont, seules, des
informations globales sont diffusées. Cet obstacle est permanent ; nous nous employons à le surmonter. À cet égard,
l'intérêt suscité par les deux éditions précédentes de cet
ouvrage prouve que l'effort consacré à son amélioration a été
considéré comme probant et qu'il répond à un besoin,
notamment au besoin du monde maritime de se connaître
lui-même.
Pour cette édition, nous avons retravaillé la présentation de
l'ouvrage; des graphiques ont été introduits en plus grand
nombre pour améliorer la lisibilité d'ensemble.
Il faut noter d'emblée que l'économie maritime ici considérée n'est pas strictement localisée sur la frange littorale à
laquelle on aurait tendance à l'associer spontanément.
Plusieurs branches industrielles (transformation des produits de la mer, ingénierie para pétrolière offshore, fabrication de câbles, par exemple) sont, d'un point de vue géographique, désolidarisées des zones côtières. Inversement, il
existe de nombreuses activités situées sur le littoral, que
nous n'avons pas prises en compte car elles n'apparaissent
pas spécifiquement liées à la mer.
Dans l'édition de l'an dernier, nous insistions sur la nécessité
de procéder à des études pour accroître l'effort de précision
des données. Nous en avons tiré les conséquences pour la
présente édition, où l'une des améliorations majeures
concerne le tourisme. Ce secteur occupe une place considérable dans l'économie littorale et maritime, puisqu'il contribue à près de la moitié de la production et de l'emploi. Il est
dès lors indispensable d'en affiner la connaissance et l'analyse du comportement des consommateurs. À cet égard, le
projet que nous avons mis en œuvre a consisté à obtenir une
répartition régionale de la production et de la consommation. Cela a été possible grâce à l'analyse des résultats d'une
enquête sur le tourisme littoral estival, réalisée par laSofres
pour l'Ifremer. Nous avons bénéficié de l'aide précieuse de la
direction du Tourisme, que je tiens à remercier vivement.
Nombreux sont, par ailleurs, les organismes professionnels,
entreprises, administrations et établissements qui nous ont
apporté leur concours dans tous les domaines, et dont la liste
complète serait trop longue à dresser. Je leur exprime également ma reconnaissance, en particulier à la direction du
Transport maritime, des Ports et du Littoral, et à la direction
des Affaires maritimes et des Gens de mer.
L'analyse du tourisme, que nous évoquions, se justifie par la
pression de plus en plus forte qu'il exerce sur le littoral, en
réponse à une demande croissante de loisirs. Le phénomène
du tourisme est mondial, et la France est en pointe. Cette
pression s'ajoute à d'autres formes d'occupation et de pollution qui mettent, plus que jamais, à l'ordre du jour l'impératif d'un développement durable des zones littorales et
côtières. Ce qui justifie l'effort de collecte de données sur les
coûts de protection de l'environnement littoral et marin,
que nous poursuivons dans un chapitre spécifiquement
consacré à cet effet. La bonne connaissance des coûts de protection et de gestion des zones côtières, ainsi que la constitution de bases de données économiques à cet effet, s'avéreront
indispensables à un institut tel que le notre, relativement à
ses missions.
Outre le tourisme et les aspects environnementaux, l'étude
fait ressortir certains traits saillants. En premier lieu, elle
confirme ce qui a déjà été mis en évidence dans les éditions
antérieures : l'économie maritime est extrêmement diverse ;
elle rassemble à la fois des activités traditionnelles d'exploitation des ressources vivantes et des métiers utilisant des
techniques de pointe tels que le parapétrolier offshore et la
fabrication de câbles sous-marins de télécommunications.
En deuxième lieu, l'économie maritime est très ouverte à
l'international, comme le montrent ses niveaux d'échanges
avec l'extérieur. Ce qui suggère de revoir le préjugé d'une
économie littorale et maritime qui resterait à l'écart des zones
de développement. En troisième lieu, la plupart des secteurs
de l'économie maritime ont enregistré, sur la période récente,
une croissance supérieure à celle de la moyenne de l'industrie
nationale, ce qui, là encore, contribue à nuancer quelques
idées reçues.
D'où cette physionomie fortement contrastée de l'économie
maritime, celle-ci demeurant pourtant modeste du point de
vue de sa contribution au produit intérieur brut de la France :
contrastes entre les espaces littoraux, dont certains connaissent des problèmes de baisse démographique, tandis que
d'autres sont l'objet d'une pression croissante, voire d'une
saturation ; contrastes entre secteurs d'activité, dont certains
peuvent apparaître en perte de vitesse au sein de la concurrence internationale, tandis que d'autres, très performants,
affichent une croissance considérable dans la conjoncture
récente. Il incombe à l'Ifremer de mettre en évidence cette
diversité et de contribuer à son analyse, afin de permettre aux
acteurs des zones littorales de maîtriser plus efficacement le
développement du monde maritime.
Pierre David
Président-directeur général de l'Ifremer
nouvelle édition des « Données économiques maritimes
françaises ».
Un tel document est unique parmi les publications françaises d'informations économiques et statistiques. Et pour
cause : le « lien à la mer » n'est pas un critère permettant
habituellement aux statisticiens de définir les différentes
catégories d'activités. Notre entreprise sort donc des sentiers
battus. Ce faisant, nous prenons le risque d'une insuffisance
de données quantitatives et d'informations sur des secteurs
que nous savons nombreux, parfois mal identifiés, souvent
constitués de parties de secteurs plus vastes dont, seules, des
informations globales sont diffusées. Cet obstacle est permanent ; nous nous employons à le surmonter. À cet égard,
l'intérêt suscité par les deux éditions précédentes de cet
ouvrage prouve que l'effort consacré à son amélioration a été
considéré comme probant et qu'il répond à un besoin,
notamment au besoin du monde maritime de se connaître
lui-même.
Pour cette édition, nous avons retravaillé la présentation de
l'ouvrage; des graphiques ont été introduits en plus grand
nombre pour améliorer la lisibilité d'ensemble.
Il faut noter d'emblée que l'économie maritime ici considérée n'est pas strictement localisée sur la frange littorale à
laquelle on aurait tendance à l'associer spontanément.
Plusieurs branches industrielles (transformation des produits de la mer, ingénierie para pétrolière offshore, fabrication de câbles, par exemple) sont, d'un point de vue géographique, désolidarisées des zones côtières. Inversement, il
existe de nombreuses activités situées sur le littoral, que
nous n'avons pas prises en compte car elles n'apparaissent
pas spécifiquement liées à la mer.
Dans l'édition de l'an dernier, nous insistions sur la nécessité
de procéder à des études pour accroître l'effort de précision
des données. Nous en avons tiré les conséquences pour la
présente édition, où l'une des améliorations majeures
concerne le tourisme. Ce secteur occupe une place considérable dans l'économie littorale et maritime, puisqu'il contribue à près de la moitié de la production et de l'emploi. Il est
dès lors indispensable d'en affiner la connaissance et l'analyse du comportement des consommateurs. À cet égard, le
projet que nous avons mis en œuvre a consisté à obtenir une
répartition régionale de la production et de la consommation. Cela a été possible grâce à l'analyse des résultats d'une
enquête sur le tourisme littoral estival, réalisée par laSofres
pour l'Ifremer. Nous avons bénéficié de l'aide précieuse de la
direction du Tourisme, que je tiens à remercier vivement.
Nombreux sont, par ailleurs, les organismes professionnels,
entreprises, administrations et établissements qui nous ont
apporté leur concours dans tous les domaines, et dont la liste
complète serait trop longue à dresser. Je leur exprime également ma reconnaissance, en particulier à la direction du
Transport maritime, des Ports et du Littoral, et à la direction
des Affaires maritimes et des Gens de mer.
L'analyse du tourisme, que nous évoquions, se justifie par la
pression de plus en plus forte qu'il exerce sur le littoral, en
réponse à une demande croissante de loisirs. Le phénomène
du tourisme est mondial, et la France est en pointe. Cette
pression s'ajoute à d'autres formes d'occupation et de pollution qui mettent, plus que jamais, à l'ordre du jour l'impératif d'un développement durable des zones littorales et
côtières. Ce qui justifie l'effort de collecte de données sur les
coûts de protection de l'environnement littoral et marin,
que nous poursuivons dans un chapitre spécifiquement
consacré à cet effet. La bonne connaissance des coûts de protection et de gestion des zones côtières, ainsi que la constitution de bases de données économiques à cet effet, s'avéreront
indispensables à un institut tel que le notre, relativement à
ses missions.
Outre le tourisme et les aspects environnementaux, l'étude
fait ressortir certains traits saillants. En premier lieu, elle
confirme ce qui a déjà été mis en évidence dans les éditions
antérieures : l'économie maritime est extrêmement diverse ;
elle rassemble à la fois des activités traditionnelles d'exploitation des ressources vivantes et des métiers utilisant des
techniques de pointe tels que le parapétrolier offshore et la
fabrication de câbles sous-marins de télécommunications.
En deuxième lieu, l'économie maritime est très ouverte à
l'international, comme le montrent ses niveaux d'échanges
avec l'extérieur. Ce qui suggère de revoir le préjugé d'une
économie littorale et maritime qui resterait à l'écart des zones
de développement. En troisième lieu, la plupart des secteurs
de l'économie maritime ont enregistré, sur la période récente,
une croissance supérieure à celle de la moyenne de l'industrie
nationale, ce qui, là encore, contribue à nuancer quelques
idées reçues.
D'où cette physionomie fortement contrastée de l'économie
maritime, celle-ci demeurant pourtant modeste du point de
vue de sa contribution au produit intérieur brut de la France :
contrastes entre les espaces littoraux, dont certains connaissent des problèmes de baisse démographique, tandis que
d'autres sont l'objet d'une pression croissante, voire d'une
saturation ; contrastes entre secteurs d'activité, dont certains
peuvent apparaître en perte de vitesse au sein de la concurrence internationale, tandis que d'autres, très performants,
affichent une croissance considérable dans la conjoncture
récente. Il incombe à l'Ifremer de mettre en évidence cette
diversité et de contribuer à son analyse, afin de permettre aux
acteurs des zones littorales de maîtriser plus efficacement le
développement du monde maritime.
Pierre David
Président-directeur général de l'Ifremer
