Extraction de matériaux marins
Les matériaux marins exploités en France comprennent
les sables et graviers siliceux (granulats), les sables
calcaires et le maërl. La première catégorie est
destinée au bâtiment et aux travaux publics, la seconde,
principalement à l'agronomie (amendement des sols).
Il existe aussi des exploitations en Guadeloupe (sables
mixtes volcaniques et calcaires destinés au bâtimenttravaux publics) et à Saînt-Pierre-et-Miquelon (sables
et graviers siliceux).
La production de matériaux marins siliceux représente
environ 1,5 % de la production nationale de matériaux de
construction. Elle consiste principalement en granuiats siliceux (environ 4 millions de tonnes), le reste provenant des
matériaux calcaires. S'y ajoutent la production d'environ
300000 tonnes de Guadeloupe sur un site exploité, la très
faible production de Saint-Martin et la production de 20 000
tonnes de Saint-Pierre-et-Miquelon. À titre comparatif, le
Royaume-Uni produit 21 millions de tonnes de granulats siliceux (15 % de sa production totale de matériaux) ; le Japon,
80 millions de tonnes.
Situation de l'activité
L'exploitation de matériaux marins est régie dans le cadre du
code minier et fait l'objet de la délivrance d'un titre, d'une
autorisation domaniale et d'une autorisation d'ouverture de
travaux avec étude d'impact. L'exploitation du maërl et des
sables calcaires est soumise à quota et autorisation préfectorale. Ces dispositions réglementaires ont fait l'objet d'une
harmonisation par la loi 97-1051 de novembre 1997. Celle-ci
place les calcaires sous le régime minier. C'est pourquoi, à la
demande du ministère chargé de l'Industrie, les exploitants
de matériaux calcaires (maërl et sables coquilliers) ont dû
déposer, avant le 31 décembre 1999, une demande de titre
minier et d'autorisation domaniale.
La production de matériaux calcaires (environ 700 000
tonnes) est constituée, à part égale, de maërl et de sables calcaires. Le premier est utilisé comme amendement élaboré
des sols, composant d'alimentation animale ou composant
d'engrais. Les seconds sont utilisés comme amendements
bruts des sols ou composants d'alimentation animale.
Le chiffre d'affaires de l'activité en métropole peut s'apprécier :
-en valorisant les matériaux siliceux au stade du chargement
pour livraison aux entreprises de matériaux de construction ;
-en valorisant les matériaux calcaires au stade de la livraison
du produit final : l'objectif est, en effet, de réaliser une forte
valeur ajoutée à partir de ce produit, dont l'extraction n'a de
sens qu'en fonction des utilisations finales ci-dessus.
Les principaux centres de production de matériaux siliceux
sont situés entre le département de la Seine-Maritime et
celui de la Gironde, sur des zones peu profondes, inférieures
à 30 mètres. Le site de production principal est l'embouchure de la Loire. La production de matériaux calcaires est
située en Bretagne (on compte trois gisements de maërl).
Extraction et importations de granulats marins
en France métropolitaine
1995
1996
1997
1998
Extraction '
Normandie
Bretc is
Facade atlantique
Total
!mpo) talions
920
150
3 100
4170
nd
710
60
3 110
3880
700
750
80
3290
4 120
850
nd
nd
net
4000
350'
("i Granulats majoritairement siliceux; l'extraction de maërl n'est pas prise en
compte.
i"i Dont 80 % provenant du Royaume-Uni et 20% de Belgique.
nd : non disponible.
Unité : millier de tonnes.
Source : Union nationale des producteurs de granulats.
Le chiffre d'affaires global est d'environ 515 MF (estimation
de l'Ifremer après consultation des professionnels). On peut
estimer la valeur ajoutée à 200 MF environ, à partir des
données de l'Insec.
Emploi et entreprises
Les armateurs extracteurs de matériaux marins constituent
l'une des professions de ce secteur. Les emplois directs sont
estimés à environ 200 marins et 100 personnes à terre
(fonctions administratives, commerciales et techniques),
selon L'Ifremer. On compte une douzaine d'entreprises utilisant 16 navires sabliers différents par la taille (de 80 à 1 926
tjb). Certaines de ces sociétés valorisent les matériaux, après
traitement, dans le cadre de leurs activités de béton prêt à
l'emploi ou de travaux publics.
L'extraction de matériaux marins est également réalisée par
des industriels exploitant des gisements terrestres, soucieux
de diversifier leurs approvisionnements. Les extractions peuvent alors faire l'objet de sous-traitance auprès d'entreprises
internationales spécialisées. Les usages sont également réservés
au bâtiment-travaux publics.
Perspectives
L'extraction de granulats marins est un atout au regard des
difficultés croissantes d'accès aux gisements, notamment de
granulats alluvionnaires.
L'Ifremer évalue à 52 milliards de tonnes les ressources en
granulats siliceux dans les eaux territoriales. Cependant, les
réserves exploitables se limitent actuellement à 600 millions
de m
3 (960 millions de tonnes).
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