RÔLE DES ÉVÉNEMENTS DE SOCIÉTÉ
75
• Le XIX
e siècle débute par les guerres de Napoléon qui empêchent toute pêche française et provoquent
des importations de Hollande en 1808, de Hollande et de Suède en 1810-1811, de Hollande et de Norvège de 1812 à
1814.
Ensuite, une période de paix relative s'étend de 1814 à 1914. Il semble en effet que les diverses années
troublées par la guerre avec l'Espagne en 1823, les révolutions de 1830 et de 1848 en France et même la guerre de
1870 n'ont pas eu d'impacts importants sur les départs en pêche des morutiers français. Au siècle précédent, il
s'agissait des guerres dans lesquelles l'Angleterre était impliquée. Celle-ci, en tant que principale concurrente de la
France dans le domaine de la pêche et, en particulier, de la pêche morutiere dans l'Atlantique du Nord-Ouest, a toujours
essayé d'anéantir l'économie de la France dans le domaine maritime.
Si on met à part une absence partielle de données pendant six ans, de 1843 à 1848, qui ne nous permet pas
de connaître l'intensité exacte de la pêche au cours de ces années, pendant le reste du siècle, la pêche morutiere est
importante. En cent ans, on a dénombré 37 342 départs de bateaux ce qui est de l'ordre de 373 morutiers en moyenne
par an. L'amélioration du climat, celle des techniques et la bonne consommation de la morue, très prisée,
encourageaient alors les départs vers Terre-Neuve.
• Au XX
e siècle, la pêche morutiere est importante au début du siècle, on dénombre entre 369 et 634
morutiers par an jusqu'à 1914, péchant en moyenne 56 000 tonnes métriques par an.
La Première Guerre Mondiale provoque une chute brutale des armements qui passent alors de 1915 à 1918
de 70 à 94 par an et certains ports ne reprennent plus leur activité après 1918.
Après la guerre, la pêche reprend, le nombre des départs de morutiers diminue mais les bateaux à
propulsion mécanique, qui remplacent peu à peu les voiliers et font deux saisons de pêche, ont une plus grosse
production. Jusqu' en 1932, plus de cent terreneuviers vont encore en pêche. Par la suite, leur nombre diminue mais la
production reste élevée et, de 1919 à 1938, elle est de 40 500 tonnes métriques en moyenne par an.
La Seconde Guerre mondiale donne pratiquement le coup de grâce à l'activité morutiere française. Pendant
les années de guerre, la pêche est nulle. Au cours de la période de l'après-guerre, de nombreux ports morutiers ne
reprennent plus la pêche. En 1950, 35 morutiers rapportent encore 42 500 tonnes de morue mais la demande a
fortement baissé et c'est peu à peu la décadence d'une activité économique qui a joué un rôle très important, tant
économique que politique pendant plus de 450 ans.
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• Le XIX
e siècle débute par les guerres de Napoléon qui empêchent toute pêche française et provoquent
des importations de Hollande en 1808, de Hollande et de Suède en 1810-1811, de Hollande et de Norvège de 1812 à
1814.
Ensuite, une période de paix relative s'étend de 1814 à 1914. Il semble en effet que les diverses années
troublées par la guerre avec l'Espagne en 1823, les révolutions de 1830 et de 1848 en France et même la guerre de
1870 n'ont pas eu d'impacts importants sur les départs en pêche des morutiers français. Au siècle précédent, il
s'agissait des guerres dans lesquelles l'Angleterre était impliquée. Celle-ci, en tant que principale concurrente de la
France dans le domaine de la pêche et, en particulier, de la pêche morutiere dans l'Atlantique du Nord-Ouest, a toujours
essayé d'anéantir l'économie de la France dans le domaine maritime.
Si on met à part une absence partielle de données pendant six ans, de 1843 à 1848, qui ne nous permet pas
de connaître l'intensité exacte de la pêche au cours de ces années, pendant le reste du siècle, la pêche morutiere est
importante. En cent ans, on a dénombré 37 342 départs de bateaux ce qui est de l'ordre de 373 morutiers en moyenne
par an. L'amélioration du climat, celle des techniques et la bonne consommation de la morue, très prisée,
encourageaient alors les départs vers Terre-Neuve.
• Au XX
e siècle, la pêche morutiere est importante au début du siècle, on dénombre entre 369 et 634
morutiers par an jusqu'à 1914, péchant en moyenne 56 000 tonnes métriques par an.
La Première Guerre Mondiale provoque une chute brutale des armements qui passent alors de 1915 à 1918
de 70 à 94 par an et certains ports ne reprennent plus leur activité après 1918.
Après la guerre, la pêche reprend, le nombre des départs de morutiers diminue mais les bateaux à
propulsion mécanique, qui remplacent peu à peu les voiliers et font deux saisons de pêche, ont une plus grosse
production. Jusqu' en 1932, plus de cent terreneuviers vont encore en pêche. Par la suite, leur nombre diminue mais la
production reste élevée et, de 1919 à 1938, elle est de 40 500 tonnes métriques en moyenne par an.
La Seconde Guerre mondiale donne pratiquement le coup de grâce à l'activité morutiere française. Pendant
les années de guerre, la pêche est nulle. Au cours de la période de l'après-guerre, de nombreux ports morutiers ne
reprennent plus la pêche. En 1950, 35 morutiers rapportent encore 42 500 tonnes de morue mais la demande a
fortement baissé et c'est peu à peu la décadence d'une activité économique qui a joué un rôle très important, tant
économique que politique pendant plus de 450 ans.
