RÔLE DES ÉVÉNEMENTS DE SOCIÉTÉ
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RÔLE DES ÉVÉNEMENTS DE SOCIÉTÉ
• Au XVI
e siècle il est difficile de faire la part de l'influence du climat et celle des événements de société sur
les pêches morutières. Il est vraisemblable que l'insécurité en mer, les bateaux peu adaptés, le manque de
connaissances de la navigation et les ouragans du "petit âge glaciaire" ont joué chacun respectivement un rôle qu'on ne
peut estimer par manque de données précises.
L'époque était cependant celle des découvertes de nouvelles terres qui attiraient les navigateurs. Ceux-ci, en
France notamment, recherchaient de nouvelles zones de pêche dans un but économique, fourniture de poisson, alors
qu'un siècle plus tard, les Anglais ont entrepris les mêmes voyages mais dans un but principalement commercial.
• Au XVII
e siècle, on assiste à une concentration de l'armement. Cette diminution est due à plusieurs
causes dont trois sont déterminantes :
- l'ensablement, qui rend l'accès difficile, par exemple à Agon, Régnéville, Bricqueville, Vannes,
- le meilleur équipement de certains ports qui attirent les capitaux, Rouen, Le Havre, Saint-Malo, La
Rochelle,
- le commerce florissant avec les Antilles qui fait que certaines villes délaissent la pêche de la morue vers la
fin du siècle (Nantes).
Il faut également souligner le rôle de diverses taxes sur les denrées, et les tracasseries administratives sur
les cargaisons de sel (Bordeaux).
Bien qu'il y ait eu la Guerre de Trente Ans de 1618 à 1648, ses conséquences sur les pêches ne sont pas
apparues, le climat a plutôt été l'élément déterminant de l'activité morutière. On a vu précédemment quelles ont été les
rigueurs du climat pendant tout le siècle et on se rend compte que, de 1600 à 1662, les départs en pêche recensés sont
faibles. Si nos données reflètent la totalité des pêches, ces départs peu nombreux peuvent être imputés au climat, mais
il est plus que certain que des données de pêche ne nous soient pas parvenues, en ces temps anciens, le peu de
fiabilité des données est à prendre en compte.
De nombreux départs de morutiers ont lieu de 1675 à 1688, essentiellement vers Terre-Neuve, avec plus de
cent morutiers par an. Un coup d'arrêt s'observe de 1689 à 1897 et correspond à la Guerre de Succession d'Espagne,
la chute des départs en pêche est notable, d'au-delà de 100 en 1688 on passe à 47 en 1689, puis de 51 à 5 dans les
années suivantes. La fin de la guerre, en 1697, permet à 192 morutiers de reprendre la mer l'année suivante (tab. 9 -
fig. 36).
• Le XVIII
e siècle débute par quelques années de paix de 1698 à 1702 qui sont bien accueillies par les
pêcheurs de morue car plus de 100 bateaux par an quittent les ports (fig. 36).
De 1703 à 1716, de nouveau, se produit une chute des départs avec une moyenne annuelle de 42 morutiers,
due à la Guerre de Succession d'Espagne (1702-1713). Après le Traité d'Utrecht où nous perdons l'Acadie et TerreNeuve, en ne gardant qu'un droit de pêche sur les côtes nord et ouest de Terre-Neuve, le French Shore, vingt-quatre
années de paix sont observées. Pendant cette période, la pêche morutière reprend mais les départs sont irréguliers
selon les années, on constate cependant une moyenne de 70 morutiers par an.
De 1741 à 1748, un net fléchissement des départs correspond à la Guerre de Succession d'Autriche (17401748), avec vingt-quatre morutiers en moyenne par an.
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RÔLE DES ÉVÉNEMENTS DE SOCIÉTÉ
• Au XVI
e siècle il est difficile de faire la part de l'influence du climat et celle des événements de société sur
les pêches morutières. Il est vraisemblable que l'insécurité en mer, les bateaux peu adaptés, le manque de
connaissances de la navigation et les ouragans du "petit âge glaciaire" ont joué chacun respectivement un rôle qu'on ne
peut estimer par manque de données précises.
L'époque était cependant celle des découvertes de nouvelles terres qui attiraient les navigateurs. Ceux-ci, en
France notamment, recherchaient de nouvelles zones de pêche dans un but économique, fourniture de poisson, alors
qu'un siècle plus tard, les Anglais ont entrepris les mêmes voyages mais dans un but principalement commercial.
• Au XVII
e siècle, on assiste à une concentration de l'armement. Cette diminution est due à plusieurs
causes dont trois sont déterminantes :
- l'ensablement, qui rend l'accès difficile, par exemple à Agon, Régnéville, Bricqueville, Vannes,
- le meilleur équipement de certains ports qui attirent les capitaux, Rouen, Le Havre, Saint-Malo, La
Rochelle,
- le commerce florissant avec les Antilles qui fait que certaines villes délaissent la pêche de la morue vers la
fin du siècle (Nantes).
Il faut également souligner le rôle de diverses taxes sur les denrées, et les tracasseries administratives sur
les cargaisons de sel (Bordeaux).
Bien qu'il y ait eu la Guerre de Trente Ans de 1618 à 1648, ses conséquences sur les pêches ne sont pas
apparues, le climat a plutôt été l'élément déterminant de l'activité morutière. On a vu précédemment quelles ont été les
rigueurs du climat pendant tout le siècle et on se rend compte que, de 1600 à 1662, les départs en pêche recensés sont
faibles. Si nos données reflètent la totalité des pêches, ces départs peu nombreux peuvent être imputés au climat, mais
il est plus que certain que des données de pêche ne nous soient pas parvenues, en ces temps anciens, le peu de
fiabilité des données est à prendre en compte.
De nombreux départs de morutiers ont lieu de 1675 à 1688, essentiellement vers Terre-Neuve, avec plus de
cent morutiers par an. Un coup d'arrêt s'observe de 1689 à 1897 et correspond à la Guerre de Succession d'Espagne,
la chute des départs en pêche est notable, d'au-delà de 100 en 1688 on passe à 47 en 1689, puis de 51 à 5 dans les
années suivantes. La fin de la guerre, en 1697, permet à 192 morutiers de reprendre la mer l'année suivante (tab. 9 -
fig. 36).
• Le XVIII
e siècle débute par quelques années de paix de 1698 à 1702 qui sont bien accueillies par les
pêcheurs de morue car plus de 100 bateaux par an quittent les ports (fig. 36).
De 1703 à 1716, de nouveau, se produit une chute des départs avec une moyenne annuelle de 42 morutiers,
due à la Guerre de Succession d'Espagne (1702-1713). Après le Traité d'Utrecht où nous perdons l'Acadie et TerreNeuve, en ne gardant qu'un droit de pêche sur les côtes nord et ouest de Terre-Neuve, le French Shore, vingt-quatre
années de paix sont observées. Pendant cette période, la pêche morutière reprend mais les départs sont irréguliers
selon les années, on constate cependant une moyenne de 70 morutiers par an.
De 1741 à 1748, un net fléchissement des départs correspond à la Guerre de Succession d'Autriche (17401748), avec vingt-quatre morutiers en moyenne par an.
