LA PRODUCTION
57
CAPTURES PAR LIEU DE PÊCHE
Les données mettent en évidence que 55 % des bateaux partis en pêche en quatre siècles et demi, soit 31
843, sont allés à Terre-Neuve et sur les Bancs, y compris le Canada et le Labrador. Ils en ont rapporté 59 % de la
production en 450 ans, soit 2 223 433 tonnes métriques de morue (fig. 24 et 25).
Vers l'Islande sont allés 30 % des morutiers, soit 17 322 unités, qui ont péché 20 % de la production totale de
450 ans soit 759 483 tonnes métriques de morue (fig. 26).
Les îles Saint-Pierre-et-Miquelon constituent le troisième lieu de pêche fréquenté, surtout après la perte de
Terre-Neuve et du French Shore. Alors qu'on estime à 8,5 % le nombre de morutiers en 450 ans (4 939 bateaux), la
production de morue est bonne et atteint 16 % du total soit 759 483 tonnes métriques.
En mer du Nord sur le Dogger Bank partent 6 % des morutiers soit 3 346, mais ils ne rapportent que 1 % de
la production soit 34 644 tonnes (fig. 27).
Enfin la pêcherie du Groenland, redécouverte vers 1929, très riche mais s'appauvrissant rapidement en 1938
a mobilisé 0,5 % des morutiers soit 388 qui ont péché 4 % du total soit 153 746 tonnes métriques de morue (fig. 28).
La plupart des ports morutiers ont "leurs" lieux de pêche auxquels ils sont fidèles, certains même depuis les
années de la découverte soit 1500-1550.
Saint-Malo, port de tradition morutière jusqu'à nos jours, a commencé dès le XVI
e siècle à prospecter à
Terre-Neuve où de nombreuses anses et caps ont toujours les noms donnés par les premiers malouins : les Bréhats,
Saint-Lunaire, Boutitou. Cette tradition de pêche à Terre-Neuve s'est perpétuée longtemps, ce sont les guerres et les
traités qui les ont suivies qui furent les principaux obstacles à la pêche sur les côtes. Par la suite, les Malouins ont
péché sur les Bancs, puis à Saint-Pierre-et-Miquelon puis en Islande et un peu au Groenland (fig. 29).
On estime à 10 649 le nombre de départs de morutiers depuis Saint-Malo en 450 ans. Ils représentent 1 107
662 tonneaux et ils ont rapporté 746 433 tonnes métriques de morue (tab. 8) Saint-Malo est un port essentiellement
terre-neuvier, 98 % des morutiers sont allés pêcher dans la zone de Terre-Neuve dont 2 % à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Du nord-ouest atlantique, ils rapportent 91,5 % de la pêche totale de ce port. Autour de 1930, 146 bateaux partent en
pêche au Groenland, représentant 1 % des bateaux malouins, mais ils reviennent avec 63 958 tonnes métriques de
morue soit 8 % de la production du port.
Enfin, 120 morutiers vont en Islande, soit 1 % des départs et pèchent 5 351 tonnes métriques de poisson soit
0,5 % du total. Les Malouins ne vont pas en mer du Nord qui attire plutôt les bateaux de Fécamp et de Dunkerque.
Granville est également un port typiquement terre-neuvier, il en part 4 533 morutiers jusqu'en 1950, soit 4
408 (97 %) qui vont à la Grande Pêche dans les eaux de Terre-Neuve, dont 122 à Saint-Pierre-et-Miquelon. Ils en
rapportent 216 254 tonnes métriques de morue ce qui constitue 99 % de la production de ce port. Quelques bateaux
vont cependant en Islande (2 %), au Groenland et en mer du Nord (fig. 29, tab. 8).
De Fécamp partent 3 706 terre-neuviers, à 77 % vers Terre-Neuve et Saint-Pierre-et-Miquelon (2 879
bateaux), mais aussi 15 % (550 bateaux) vont en Islande et 7 % (225 morutiers) en mer du Nord, les lieux de pêche
sont donc assez diversifiés. La production issue des pêches dans la zone de Terre-Neuve représente 80 % du total,
celle d'Islande 14 % et celle du Groenland 6 % (fig. 29, tab. 8).
Autre port morutier terre-neuvier, Bordeaux envoie 524 bateaux, soit 94 %, dans la zone de Terre-Neuve
dont 5 à Saint-Pierre-et-Miquelon, mais aussi 18 bateaux, soit 3 %, vont pêcher en Islande et 16, soit 2 %, au
Groenland. Sur 450 ans, on estime la production de Bordeaux à 230 745 tonnes métriques dont 88 % provient de TerreNeuve, mais l'importance de ce port est surtout due à son activité de port de décharge depuis le XVIII
e siècle, (fig 29,
tab. 8).
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CAPTURES PAR LIEU DE PÊCHE
Les données mettent en évidence que 55 % des bateaux partis en pêche en quatre siècles et demi, soit 31
843, sont allés à Terre-Neuve et sur les Bancs, y compris le Canada et le Labrador. Ils en ont rapporté 59 % de la
production en 450 ans, soit 2 223 433 tonnes métriques de morue (fig. 24 et 25).
Vers l'Islande sont allés 30 % des morutiers, soit 17 322 unités, qui ont péché 20 % de la production totale de
450 ans soit 759 483 tonnes métriques de morue (fig. 26).
Les îles Saint-Pierre-et-Miquelon constituent le troisième lieu de pêche fréquenté, surtout après la perte de
Terre-Neuve et du French Shore. Alors qu'on estime à 8,5 % le nombre de morutiers en 450 ans (4 939 bateaux), la
production de morue est bonne et atteint 16 % du total soit 759 483 tonnes métriques.
En mer du Nord sur le Dogger Bank partent 6 % des morutiers soit 3 346, mais ils ne rapportent que 1 % de
la production soit 34 644 tonnes (fig. 27).
Enfin la pêcherie du Groenland, redécouverte vers 1929, très riche mais s'appauvrissant rapidement en 1938
a mobilisé 0,5 % des morutiers soit 388 qui ont péché 4 % du total soit 153 746 tonnes métriques de morue (fig. 28).
La plupart des ports morutiers ont "leurs" lieux de pêche auxquels ils sont fidèles, certains même depuis les
années de la découverte soit 1500-1550.
Saint-Malo, port de tradition morutière jusqu'à nos jours, a commencé dès le XVI
e siècle à prospecter à
Terre-Neuve où de nombreuses anses et caps ont toujours les noms donnés par les premiers malouins : les Bréhats,
Saint-Lunaire, Boutitou. Cette tradition de pêche à Terre-Neuve s'est perpétuée longtemps, ce sont les guerres et les
traités qui les ont suivies qui furent les principaux obstacles à la pêche sur les côtes. Par la suite, les Malouins ont
péché sur les Bancs, puis à Saint-Pierre-et-Miquelon puis en Islande et un peu au Groenland (fig. 29).
On estime à 10 649 le nombre de départs de morutiers depuis Saint-Malo en 450 ans. Ils représentent 1 107
662 tonneaux et ils ont rapporté 746 433 tonnes métriques de morue (tab. 8) Saint-Malo est un port essentiellement
terre-neuvier, 98 % des morutiers sont allés pêcher dans la zone de Terre-Neuve dont 2 % à Saint-Pierre-et-Miquelon.
Du nord-ouest atlantique, ils rapportent 91,5 % de la pêche totale de ce port. Autour de 1930, 146 bateaux partent en
pêche au Groenland, représentant 1 % des bateaux malouins, mais ils reviennent avec 63 958 tonnes métriques de
morue soit 8 % de la production du port.
Enfin, 120 morutiers vont en Islande, soit 1 % des départs et pèchent 5 351 tonnes métriques de poisson soit
0,5 % du total. Les Malouins ne vont pas en mer du Nord qui attire plutôt les bateaux de Fécamp et de Dunkerque.
Granville est également un port typiquement terre-neuvier, il en part 4 533 morutiers jusqu'en 1950, soit 4
408 (97 %) qui vont à la Grande Pêche dans les eaux de Terre-Neuve, dont 122 à Saint-Pierre-et-Miquelon. Ils en
rapportent 216 254 tonnes métriques de morue ce qui constitue 99 % de la production de ce port. Quelques bateaux
vont cependant en Islande (2 %), au Groenland et en mer du Nord (fig. 29, tab. 8).
De Fécamp partent 3 706 terre-neuviers, à 77 % vers Terre-Neuve et Saint-Pierre-et-Miquelon (2 879
bateaux), mais aussi 15 % (550 bateaux) vont en Islande et 7 % (225 morutiers) en mer du Nord, les lieux de pêche
sont donc assez diversifiés. La production issue des pêches dans la zone de Terre-Neuve représente 80 % du total,
celle d'Islande 14 % et celle du Groenland 6 % (fig. 29, tab. 8).
Autre port morutier terre-neuvier, Bordeaux envoie 524 bateaux, soit 94 %, dans la zone de Terre-Neuve
dont 5 à Saint-Pierre-et-Miquelon, mais aussi 18 bateaux, soit 3 %, vont pêcher en Islande et 16, soit 2 %, au
Groenland. Sur 450 ans, on estime la production de Bordeaux à 230 745 tonnes métriques dont 88 % provient de TerreNeuve, mais l'importance de ce port est surtout due à son activité de port de décharge depuis le XVIII
e siècle, (fig 29,
tab. 8).
