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LA PRODUCTION
La tonne est une unité également très utilisée mais sa valeur varie. Ainsi à Dunkerque, en 1751 elle vaut 300
livres-pesant soit 138,5 kg, de 1766 à 1785 elle vaut 312 livres-pesant soit 135,72 kg (La Morandière, 1962) et en 1763,
elle vaut 300 livres-pesant, poids de Dunkerque, soit 130,5 kg (du Rin, 1935).
On a utilisé les correspondances entre ces diverses unités de façon à estimer la production en tonne
métrique de 1 000 kg.
L'unité de volume utilisée pour le jaugeage des navires est le tonneau de mer équivalant à 1,44 ma au XVII
e
en France et en Angleterre, et 1,686 m au Pays Basque. L'évaluation des équivalences volume/poids a été faite sur la
base de un demi-tonneau équivaut à 10 quintaux (Turgeon, 1986).
PÊCHES GLOBALES DE 1500 À 1950
L'importance des pêches morutières au cours des siècles est mise en évidence par le recensement des
bateaux au départ des campagnes vers Terre-Neuve (fig. 6 et 7). Les débuts sont d'abord assez timides au XVI
e siècle
qui est un siècle de découvertes. Les archives font état de 1 152 départs vers "les Terres Neuves" avec un pic de 119
bateaux pour l'année 1565. Les chiffres indiquent également un volume de 17 945 tonneaux pour le siècle (tab. 3), ce
qui représente en équivalence une production de 358 900 quintaux (unité ancienne) ou 17 406 tonnes métriques. Ces
chiffres, issus d'archives, ne représentent pas vraiment la totalité de la pêche morutière au XVI
e siècle, car de nombreux
résultats de campagnes n'ont pas été retrouvés.
Afin d'estimer la pêche de la morue au cours des siècles, nous avons calculé, à partir de données réelles,
des chiffres théoriques moyens de tonnages et de captures. Pour chaque siècle, en partant du nombre des bateaux de
tonnage connu, nous estimons le volume moyen d'un morutier. Les quantités pêchées, en quintaux (unité ancienne)
sont calculées à partir du nombre de bateaux partis en pêche chaque année, du tonnage moyen calculé selon le siècle
et de l'estimation selon laquelle un tonneau équivaut à 20 quintaux de 48,5 kilos.
Au XVI
e siècle (tab. 3), le volume moyen d'un morutier est voisin de 97 tonneaux. Cette projection fait que
nous pouvons totaliser, pour le première moitié du siècle, un volume de 8 702 tonneaux et estimer la pêche à 609 160
quintaux (unité ancienne) ou 29 544 tonnes métriques. Pour l'autre moitié, c'est de l'ordre de 70 455 tonneaux,
correspondant à 162 572 quintaux soit 78 847 tonnes métriques, ce qui montre déjà la croissance rapide des pêches
morutières.
Les données très partielles retrouvées indiquent des pêches pour le siècle de 17 406 tonnes métriques mais
l'estimation raisonnée de la quantité de morue pêchée par la France serait donc de l'ordre de 108 391 tonnes
métriques. A titre de comparaison, pour l'année 1911, les captures de morues se sont élevées à 118 451 tonnes
métriques, soit davantage que pendant tout le XVI
e siècle.
Au XVII
e siècle, on observe une augmentation significative des morutiers avec, notamment en 1664, un pic
de 345 unités de pêche, recensées pour l'inventaire Colbert. Au cours de ce siècle 4 344 départs en pêche ont été
répertoriés vers Terre-Neuve soit une augmentation de 277 % par rapport au nombre de morutiers du XVI
e siècle. C'est
ce qui fut appelé "La ruée vers Terre-Neuve" (Turgeon, 1982). On totalise également un volume de 196 329 tonneaux
soit en équivalence 3 926 580 quintaux (unité ancienne) ou 190 439 tonnes métriques de morue pêchée (tab. 4). De
même qu'au siècle précédent, il manque de nombreuses données et pour avoir une estimation plus proche de la vérité
concernant les quantités pêchées, on a établi par calcul, pour un nombre recensé de bateaux dont on connaît le
tonnage, une moyenne de 115 tonneaux par bateau, toutes catégories de morues confondues. Pour le siècle, on estime
ainsi à 499 560 tonneaux, le tonnage des morutiers partis à Terre-Neuve qui auraient rapporté 9 991 200 quintaux de
morue (unité ancienne) soit 484 573 tonnes métriques. Cette dernière estimation correspond davantage aux quantités
réellement pêchées. L'augmentation de la pêche par rapport au XVI
e siècle serait vraisemblablement de l'ordre de
447 %.
Le XVIII
e siècle marque encore une augmentation de la pêche avec 11 648 départs, soit une croissance de
168 % par rapport au nombre de bateaux du siècle précédent. Nous avons compté pour le siècle, un tonnage total de
635 279 tonneaux. Désormais, la production étant de mieux en mieux connue, nos données totalisent 291 162 tonnes
métriques de captures (tab. 5).
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