LES PORTS MORUTIERS
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LES PORTS MORUTIERS
Au cours des siècles, de très nombreux ports français ont armé à la morue. Au XVI
e siècle, au moment où se
produit une poussée formidable vers les Terre-Neuves, presque tous les ports de la Manche et de l'Atlantique ont
participé à cette pêche. Le premier acte de l'armement était de construire ou de faire construire un navire et on a dit
que, entre le XVI
e et le XVIII
e siècle, il y avait autant de genres de navires que de port d'armement. Malgré cela, de
grandes familles de morutiers se sont précisées au cours du temps.
LES FLOTTES
La pêche de la morue sèche et celle de la morue verte nécessitaient deux sortes d'armement. Pour l'une, des
bateaux lourds avec de nombreux marins, pour l'autre des bateaux maniables et rapides avec un nombre réduit de
marins car ils devaient chacun avoir leur place le long des bords du bateau pour effectuer la pêche errante sur les
bancs. La pêche reprenait donc à son compte les navires de l'époque qui étaient à la fois un héritage du moyen-âge et
des nouveautés introduites à l'occasion des découvertes.
• Au XVI
e siècle
Toutes sortes de navires étaient construits pour la pêche en général. On en distingue deux conceptions. La
conception nordique ou hollandaise donne des bateaux lourds à flancs larges, de forme ronde. Les navires de
conception biscaïenne ou portugaise sont à coque fine, rapides et manoeuvrant bien.
• Les navires lourds, de conception nordique, sont puissants, de grande capacité mais aussi de vitesse
réduite (La Morandière, 1962) Ce sont les lieux, les hourques ou hougres, les dogres, les roberges.
Les heux ont le fond plat et portent un mât avec voile.
Les hourques sont des navires de charge, grossiers, gréés en trois-mâts, de forme très pleine afin de charger au
maximum. Ces bateaux sont peu conçus pour la vitesse.
Les dogres sont des navires à deux mâts qui jaugent jusqu'à 150 tonneaux, ils sont surtout utilisés sur le Dogger Bank,
d'où leur nom.
Les roberges ont aussi deux mâts.
Tous sont de grande capacité, de 100 à 200 tonneaux, utilisés pour la pêche sédentaire à Terre-Neuve et nécessitent de
50 à 60 marins. Dans la seconde moitié du XVI
e siècle, les tonnages augmentent, les navires atteignent 250 à 300
tonneaux et ont besoin de 55 à 70 hommes.
• Les navires de conception biscaïenne ou portugaise ont des tonnages peu importants, de 30 à 60 tonneaux.
Ce sont des bateaux rapides tels que les pinasses et les caravelles, qui nécessitent de 10 à 12 hommes et sont
utilisées pour la pêche errante la fin du siècle.
Les pinasses sont des embarcations à fond plat, en pin, très estimées aux XVI
e et XVII
e siècles, utilisées pour la pêche
sur le littoral aussi bien qu'à Terre-Neuve.
Les caravelles possèdent deux ou trois mâts et des voiles carrées : trois fois plus longues que larges, elles sont
adaptées à la haute mer. Ce sont ces "caravelles rondes" de 100 tonneaux, de la deuxième génération à voiles
triangulaires, qui seront utilisées par les Portugais et les Espagnols pour les découvertes.
Au XVI
e siècle, presque tous les ports de la Manche et de l'Atlantique ont armé pour les "Terres-Neuves", dès
que l'on apprît que la morue y abondait (La Morandière, 1962). L'essentiel des données porte sur le nombre des
morutiers partis en pêche et leur tonnage. On a dénombré 314 départs pour Terre-Neuve de 1500 à 1549, totalisant au
moins 3 060 tonneaux ; de nombreux tonnages manquent. Ces navires partaient à la pêche de "la morue" au sens
large, sans qu'il soit précisé morue sèche ou morue verte. Dans la seconde moitié du siècle, l'augmentation des départs
est sensible ; 838 pour 14 675 tonneaux, mais là aussi des données manquent. Le siècle totalise donc 1 153 départs de
morutiers, des bateaux de conception nordique pour la pêche sédentaire qui jaugent entre 100 et 140 tonneaux,
d'autres de conception portugaise, pour la pêche aux bancs entre 40 et 70 tonneaux.
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LES PORTS MORUTIERS
Au cours des siècles, de très nombreux ports français ont armé à la morue. Au XVI
e siècle, au moment où se
produit une poussée formidable vers les Terre-Neuves, presque tous les ports de la Manche et de l'Atlantique ont
participé à cette pêche. Le premier acte de l'armement était de construire ou de faire construire un navire et on a dit
que, entre le XVI
e et le XVIII
e siècle, il y avait autant de genres de navires que de port d'armement. Malgré cela, de
grandes familles de morutiers se sont précisées au cours du temps.
LES FLOTTES
La pêche de la morue sèche et celle de la morue verte nécessitaient deux sortes d'armement. Pour l'une, des
bateaux lourds avec de nombreux marins, pour l'autre des bateaux maniables et rapides avec un nombre réduit de
marins car ils devaient chacun avoir leur place le long des bords du bateau pour effectuer la pêche errante sur les
bancs. La pêche reprenait donc à son compte les navires de l'époque qui étaient à la fois un héritage du moyen-âge et
des nouveautés introduites à l'occasion des découvertes.
• Au XVI
e siècle
Toutes sortes de navires étaient construits pour la pêche en général. On en distingue deux conceptions. La
conception nordique ou hollandaise donne des bateaux lourds à flancs larges, de forme ronde. Les navires de
conception biscaïenne ou portugaise sont à coque fine, rapides et manoeuvrant bien.
• Les navires lourds, de conception nordique, sont puissants, de grande capacité mais aussi de vitesse
réduite (La Morandière, 1962) Ce sont les lieux, les hourques ou hougres, les dogres, les roberges.
Les heux ont le fond plat et portent un mât avec voile.
Les hourques sont des navires de charge, grossiers, gréés en trois-mâts, de forme très pleine afin de charger au
maximum. Ces bateaux sont peu conçus pour la vitesse.
Les dogres sont des navires à deux mâts qui jaugent jusqu'à 150 tonneaux, ils sont surtout utilisés sur le Dogger Bank,
d'où leur nom.
Les roberges ont aussi deux mâts.
Tous sont de grande capacité, de 100 à 200 tonneaux, utilisés pour la pêche sédentaire à Terre-Neuve et nécessitent de
50 à 60 marins. Dans la seconde moitié du XVI
e siècle, les tonnages augmentent, les navires atteignent 250 à 300
tonneaux et ont besoin de 55 à 70 hommes.
• Les navires de conception biscaïenne ou portugaise ont des tonnages peu importants, de 30 à 60 tonneaux.
Ce sont des bateaux rapides tels que les pinasses et les caravelles, qui nécessitent de 10 à 12 hommes et sont
utilisées pour la pêche errante la fin du siècle.
Les pinasses sont des embarcations à fond plat, en pin, très estimées aux XVI
e et XVII
e siècles, utilisées pour la pêche
sur le littoral aussi bien qu'à Terre-Neuve.
Les caravelles possèdent deux ou trois mâts et des voiles carrées : trois fois plus longues que larges, elles sont
adaptées à la haute mer. Ce sont ces "caravelles rondes" de 100 tonneaux, de la deuxième génération à voiles
triangulaires, qui seront utilisées par les Portugais et les Espagnols pour les découvertes.
Au XVI
e siècle, presque tous les ports de la Manche et de l'Atlantique ont armé pour les "Terres-Neuves", dès
que l'on apprît que la morue y abondait (La Morandière, 1962). L'essentiel des données porte sur le nombre des
morutiers partis en pêche et leur tonnage. On a dénombré 314 départs pour Terre-Neuve de 1500 à 1549, totalisant au
moins 3 060 tonneaux ; de nombreux tonnages manquent. Ces navires partaient à la pêche de "la morue" au sens
large, sans qu'il soit précisé morue sèche ou morue verte. Dans la seconde moitié du siècle, l'augmentation des départs
est sensible ; 838 pour 14 675 tonneaux, mais là aussi des données manquent. Le siècle totalise donc 1 153 départs de
morutiers, des bateaux de conception nordique pour la pêche sédentaire qui jaugent entre 100 et 140 tonneaux,
d'autres de conception portugaise, pour la pêche aux bancs entre 40 et 70 tonneaux.
