CONDITIONS DE PÊCHE
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MORUE SÈCHE ET MORUE VERTE
Pour pouvoir rapporter, en France, le poisson en bon état, il était nécessaire d'utiliser des techniques de
conservation, efficaces, par le sel et par le séchage. Deux techniques de pêche et de conservation étaient ainsi liées à
la pêche de la morue.
- La pêche de la morue sèche, ou pêche sédentaire, se faisait principalement le long des côtes
poissonneuses de Terre-Neuve. Depuis le navire ancré à la côte et chargé de sel, partaient des chaloupes avec trois
hommes, pour pêcher le poisson à la ligne. A la fin de la journée, elles revenaient à terre débarquer le poisson sur
Téchafaud", sorte de plate-forme en bois bâtie sur pilotis. Le poisson était alors découpé puis salé quelques jours, lavé
et mis à sécher sur les grèves. Une fois bien sèches, les morues étaient alors empilées dans les cales du navire, celuici retournait en France quand il était plein ou en fin de saison de pêche vers la mi-août. Il n'y avait qu'une campagne par
an. La pêche sédentaire nécessitait un navire de fort tonnage qui dépassait souvent 300 tonneaux. Le nombre de
marins assez élevé, était de 70 à 130 hommes.
- La pêche de la morue verte ou pêche errante, qui s'est développée après la pêche sédentaire, était plus
pénible et plus dangereuse. Elle se faisait en pleine mer sur les Bancs où le navire dérivait en permanence, on péchait
avec une ligne tenue à la main depuis le bateau.
Avant 1780, les hommes étaient placés le long du bord dans des sortes de barils espacés pour ne pas se
gêner. A bord, le poisson était ensuite découpé, nettoyé, salé une première fois puis nettoyé et de nouveau salé
abondamment, enfin rangé dans les cales pour le retour. Cette pêche est connue aussi sous le nom de "pêche errante"
parce que le navire va de droite à gauche sur les bancs, à la recherche du poisson (La Morandière, 1962). La pêche de
la morue verte nécessite en moyenne 20 à 30 hommes d'équipage par navire (fig. 3).
Après 1780, on pratique la pêche aux lignes dormantes en utilisant une ligne de fond plombée, munie de
quinze à vingt hameçons garnis d'appâts, qui reliait le navire à une chaloupe, celle-ci s'écartant et tendant ainsi la ligne.
Cette technique permet de très bonnes prises de poissons.
Les navires péchant à la morue verte sont de tonnages compris entre 50 et 150 tonneaux, avec dix à quinze
hommes à bord. Certains bateaux faisaient deux campagnes de pêche par an. (La Morandière, 1962). Les morutiers
quittaient la France en général entre la mi-février et la fin juin, et péchaient donc au printemps et en été.
Pour la morue verte, selon Duhamel du Monceau (1773), les départs avaient lieu de la mi-avril à la fin juin.
En réalité, entre le XVI
e et le XIX
e siècle, les premiers terre-neuviers partaient en février-mars et arrivaient à TerreNeuve un mois après. Dans la plupart des ports on ne faisait qu'une campagne, les départs s'échelonnant de la mifévrier à la fin avril ou même plus tard. Aux Sables d'Olonne on effectuait parfois deux campagnes de pêche, la
première se déroulait sur les bancs d'avril à juillet, l'autre se faisait en septembre et octobre.
Les morutiers armant à la pêche sédentaire ne quittaient pas le port avant la mi-mars et les départs
s'étalaient jusqu'en mai de façon à arriver dans les parages de Terre-Neuve quand les glaces étaient fondues et ne
présentaient plus de danger.
Jusqu'à la Révolution de 1789, les deux sortes de pêche se sont pratiquées séparément. Dès la fin du XVIII
e
siècle, apparût un armement pour ainsi dire "mixte" : pêche de poisson sur le Grand-Banc et sècherie à Saint-Pierre-etMiquelon. Au siècle suivant, la différence entre les deux armements s'atténue encore davantage. Les Français ont leur
zone de pêche limitée au French Shore, sur les bancs et à Saint-Pierre, la pêche aux bancs avec sècherie à SaintPierre se développe considérablement. On ne fait plus guère de distinction entre pêche errante et pêche sédentaire (La
Morandière, 1966).
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