par les facteurs de production capital et travail), ou liées aux techniques et au contexte de
l’exploitation, devenaient secondaires et négligées par l’aménagement.
Ainsi, les petites unités de pêche, excessivement tributaires d’un système de production et
consommatrices de main-d’œuvre, selon la perception des économistes tels Hanson, Kasdan et
Lamson, devaient les laisser pour compte, des politiques et des programmes de rationalisation
du développement économique de l’activité halieutique.
Mais, il s’avère que les coûts d’exploitation élevés, la raréfaction des ressources latentes et la
mise en place des zones économiques exclusives, ont tôt fait de remettre en cause le principe
d’aménagement fondé sur l’expansion vers les ressources hauturières distantes des bases
d’armement et de distribution. A contrario, les pêches artisanales apparaissaient plus efficaces
que des systèmes d’exploitation industriels, en raison de consommations intermédiaires moins
importantes, des coûts de remplacement du capital immobilisé moindres, une valeur ajoutée
nette totale plus élevée et un nombre d’emplois direct plus important.
La remise en cause est d’autant plus valable que dans les pays en voie de développement ou le
type industriel s’est souvent avéré inadéquat avec la condition d’intensification de
l’investissement et les moyens disponibles (main-d’œuvre abondante et capital rare) dans ces
pays, où, les pêcheries artisanales jouissent d’une plus faible consommation en énergie et autres
inputs importés et embauchent une main d’œuvre nombreuse par tonne produite.
D’après Kay et Adler (1999), quatre grandes périodes se distinguent dans l’aménagement du
littoral :
La première se situe entre 1950 et 1970 et se caractérise par ses approches sectorielles pour
répondre au développement des grands complexes industrialo-portuaires et l’essor de la pêche
maritime (industrielle et artisanale) dans les pays en voie de développement. Les mots d’ordre
de "progrès technologique", "croissance économique", "retombées sociales" prenaient toute
leur importance pour se concentrer sur les innovations de tous genres (modernisation des
techniques de pêche, augmentation des efforts de pêche, émergence de nouvelles filières).
Ainsi, l’aménagement des pêcheries en cette période, ne concernait que la gestion de la
ressource halieutique. A travers la "théorie de la pêche", la nécessité étant la maximisation de
la production des populations des poissons, le contrôle parallèle du taux global d’exploitation
(effort de pêche) et de l’âge de première capture. Les recherches soutenaient donc la biologie
des ressources, le cycle de vie des populations, leur identification, leurs distribution, la
sélectivité des engins, etc. Le postulat d’invariance moyenne de l’environnement et du
recrutement rendait encore plus aisé les évaluations.
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Economie des pêches - 52/99

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