collectivement optimal, autrement dit "celui qui concourt à la maximisation du revenu net
global procuré par l’exploitation durable de la ressource (rente halieutique
1 )".
À long terme, lorsque le coût réel unitaire induit par l’effort de pêche de chaque entreprise est
égal au produit marginal social, l’optimum collectif est réalisé. Si le premier n’excède pas le
second, c’est-à-dire que l’augmentation du produit marginal social de l’effort est supérieure au
coût supplémentaire supporté, le revenu net global augmente (et inversement). Ainsi,
l’entreprise de pêche peut faire progresser son propre revenu net tout en ajustant son effort au
niveau collectivement optimal. Car, ce dernier permet un produit marginal privé supérieur au
coût réel unitaire.
Toutefois, par défaut de mécanisme de régulation, chaque exploitant se sent obligé d’accentuer
son effort, d’où l’accumulation de surcapacité. La gratuité et le libre accès aux pêcheries
stimulent l’entrée de nouvelles entreprises tant que les recettes générées par les débarquements
excèdent les coûts totaux de l’effort de pêche. Le phénomène se poursuit jusqu’à dissipation
totale de la rente halieutique. Parfois, celle-ci est maintenue artificiellement par des aides
publiques sous prétexte de diminution du coût de l’effort de pêche.
Quand des externalités entre pêcheurs se manifestent de manière significative, principalement
en situation de rareté de la ressource, des tendances à la surcapacité "potentiel de capture
excessif pour l’exploitation d’un stock donné" et de surexploitation de la ressource "stock
d’équilibre inférieur au niveau optimal" apparaissent comme conséquence d’un fonctionnement
en régime concurrentiel des pêcheries.
La spécificité des ressources naturelles souvent d’accès libre ou peu contrôlé avec un caractère
de bien public, les soumet directement aux phénomènes d’effets externes. Les coûts générés
par les externalités, non pris en compte de façon satisfaisante par le marché, compliquent les
décisions stratégiques ou les choix économiques, et rendent plus difficile l’allocation des
ressources.
Toutefois, l’évaluation de ces coûts externes reste nécessaire afin d’apprécier les seuils
d’irréversibilité existant. Les vrais coûts de l’usage croissant des ressources naturelles
permettent de cerner le meilleur outil de politique (taxation, droits d’usage, contingentement,
subventions, etc...) pour leur gestion. Ainsi, dès qu’il s’agisse de la ressource halieutique,
l’intervention publique dans la gestion est indispensable.
1 Le terme de rente dans la littérature des pêches, est utilisé le plus souvent dans le sens général de revenu. Le conseil économique du canada
(1981) le désigne comme "la différence entre le coût total payé par toute les entreprises de pêche, auquel s’ajoute un taux "normal" de rendement
des investissements, et les recettes provenant du poisson vendu par ces entreprises". L’exploitation des ressources naturelles peut donnait lieu
à un profit supérieur au "taux normal", donc à un surprofit. C’est ce surprofit qu’on appelle la rente.
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Economie des pêches - 35/99

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