2 - De la production d'une cohorte vers celle d'une pêcherie
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Dans la phase de simulation, le modèle vise à expliciter la réponse globale du
stock (production et biomasse) ainsi que la part revenant à chaque métier, aux régimes
particuliers appliqués à l'ensemble ou à des sous-ensembles de métiers. Par rapport aux
options du modèle simple, les variables de contrôle sont multipliées puisque l'on
considère pour chaque métier un multiplicateur d'effort et, au besoin, des coefficients
de correction de son diagramme d'exploitation courant. Les résultats sont représentés
par des isoplèthes dans laquelle les multiplicateurs d'effort de couples de métiers sont
portés sur chacun des axes. Graphiquement, on est limité à des images à deux métiers
(cas de la fig. 2.6), les situations à trois métiers ou plus étant difficiles à représenter.
Comme dans le cas des variations de diagramme d'exploitation d'une flottille (fig. 2.5),
les isoplèthes indiquent qu'une même production totale peut être obtenue pour
différentes combinaisons d'effort et de diagrammes d'exploitation des métiers. Enfin, si
les diagrammes propres des métiers ne coïncident pas, le diagramme global sera
modifié chaque fois que le niveau d'effort sera modifié dans l'un ou l'autre des métiers.
Ce type de démarche constitue un progrès considérable pour la compréhension
des pêcheries composites et des interactions techniques entre opérateurs dont elle met
en évidence les termes de concurrence (chapitre 17). Des métiers peuvent intervenir de
façon séquentielle (l'un exploitant les poissons ayant survécu à l'exploitation par un
autre) ou être en concurrence parallèle, avec divers degrés de chevauchement. Dans le
premier cas, la concurrence ne s'exerce pas sur un pied d'égalité. Certains régimes
peuvent de ce fait engendrer, pour certains opérateurs, des contraintes inacceptables
sans mesures d'accompagnement (chapitre 14). Les résistances de certains à des
augmentations de maillage justifiées par l'intérêt général peuvent s'expliquer largement
lorsque les métiers auxquels on envisage de les imposer sont susceptibles de subir une
perte momentanée, non obligatoirement suivie de gains, alors que ceux qui ne sont pas
touchés n'enregistrent que des gains. Ces situations de concurrence déséquilibrée sont
fréquentes : pêcheries séquentielles de crevettes tropicales entre lagune et mer, conflit
entre prises accessoires des métiers à petits maillages et captures dirigées (pêcheries de
consommation/pêcheries minotières ' ' en mer du Nord, merlu/langoustine ou
sole/crevette grise dans le golfe de Gascogne, ...), pêcheries artisanales côtières et
pêcheries industrielles du large, pêches thonières de surface à l'appât vivant et à la
palangre dérivante, pêches d'espèces anadromes en mer et en rivière, pêche nationale et
pêche étrangère dans une zone économique exclusive, etc.
Des situations analogues s'observent également lorsque des métiers différents
opèrent successivement au cours de l'année sur de mêmes stocks. L'analyse de cohortes
et la ventilation des mortalités par pêche partielles seront alors réalisées selon une
même échelle temporelle de façon à définir les diagrammes saisonniers spécifiques de
chaque métier. Compte tenu du fait que certains de ceux-ci ont une activité typiquement
(1) On appelle pêcheries minotières, des exploitations dont la production est destinée à la fabrication de
farine.
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