PREFACE
La pleine exploitation du potentiel halieutique mondial a eu des répercussions
profondes sur la pêche. Le déclin des rendements, le rôle joué par la grande pêche dans
la mise en valeur des ressources lointaines et les difficultés rencontrées dans la
régulation du taux d'exploitation au sein des pêcheries internationales ont contribué à
faire accepter le nouveau régime des océans : s'il n'est pas formellement adopté, le
nouveau Droit de la mer tient lieu aujourd'hui, couramment, de droit coutumier dans
les négociations entre pays pêcheurs et pays riverains sur les termes de l'accès aux
ressources et de leur exploitation. Pourtant, les progrès de la pêche restent en deçà de
ce que l'extension des juridictions nationales pouvait laisser escompter. L'aménagement
continue de poser aux responsables nationaux des problèmes comparables à ceux sur
lesquels butaient les commissions halieutiques régionales. L'administration du secteur
se pose toujours en termes de conservation des stocks et de la qualité des milieux
littoraux, de surpêche, de surinvestissement, ou de conflits entre usagers pour l'accès à
des ressources devenues insuffisantes pour satisfaire la demande.
A première vue, ces difficultés sont imputables à l'épuisement de la ressource.
En réalité, le mauvais état des pêches tient au régime de liberté d'accès qui, justement,
ne tient pas compte du caractère fini des ressources renouvelables. Une inadéquation
de pratiques de régulation, issues d'une période au cours de laquelle les ressources
disponibles n'étaient pas globalement contraignantes, en découle. La raréfaction des
ressources suppose le rationnement de leur usage. En régime de liberté d'accès, les
usagers ne peuvent, en effet, optimiser les équilibres entre la valeur des biens produits
et le coût de leur production, ni conserver aux ressources naturelles leur pleine
productivité. Cette situation a suscité un intérêt nouveau pour l'économie. Mais, si les
analyses économiques permettent de chiffrer les pertes subies par la société, la
réalisation des bénéfices économiques et sociaux potentiels dépend avant tout de
l'adoption d'institutions nécessaires à l'allocation de droits d'usage.
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La pleine exploitation du potentiel halieutique mondial a eu des répercussions
profondes sur la pêche. Le déclin des rendements, le rôle joué par la grande pêche dans
la mise en valeur des ressources lointaines et les difficultés rencontrées dans la
régulation du taux d'exploitation au sein des pêcheries internationales ont contribué à
faire accepter le nouveau régime des océans : s'il n'est pas formellement adopté, le
nouveau Droit de la mer tient lieu aujourd'hui, couramment, de droit coutumier dans
les négociations entre pays pêcheurs et pays riverains sur les termes de l'accès aux
ressources et de leur exploitation. Pourtant, les progrès de la pêche restent en deçà de
ce que l'extension des juridictions nationales pouvait laisser escompter. L'aménagement
continue de poser aux responsables nationaux des problèmes comparables à ceux sur
lesquels butaient les commissions halieutiques régionales. L'administration du secteur
se pose toujours en termes de conservation des stocks et de la qualité des milieux
littoraux, de surpêche, de surinvestissement, ou de conflits entre usagers pour l'accès à
des ressources devenues insuffisantes pour satisfaire la demande.
A première vue, ces difficultés sont imputables à l'épuisement de la ressource.
En réalité, le mauvais état des pêches tient au régime de liberté d'accès qui, justement,
ne tient pas compte du caractère fini des ressources renouvelables. Une inadéquation
de pratiques de régulation, issues d'une période au cours de laquelle les ressources
disponibles n'étaient pas globalement contraignantes, en découle. La raréfaction des
ressources suppose le rationnement de leur usage. En régime de liberté d'accès, les
usagers ne peuvent, en effet, optimiser les équilibres entre la valeur des biens produits
et le coût de leur production, ni conserver aux ressources naturelles leur pleine
productivité. Cette situation a suscité un intérêt nouveau pour l'économie. Mais, si les
analyses économiques permettent de chiffrer les pertes subies par la société, la
réalisation des bénéfices économiques et sociaux potentiels dépend avant tout de
l'adoption d'institutions nécessaires à l'allocation de droits d'usage.
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