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J.-P. Troadec
Les systèmes intermédiaires prédominent dans l'aquaculture continentale :
l'extension limitée des masses d'eau y facilite la gestion simultanée du cheptel et du
milieu (chapitre 10). En mer, comme dans les grandes masses d'eau continentales, le
mode extensif prédomine : en diluant les effets des interventions humaines, la fluidité ei
l'étendue des systèmes réduisent les possibilités des modes semi-intensifs. Parallèlement
à la diversification des populations dont on peut espérer forcer le recrutement,
l'intensification aquacole doit, en mer, sauter les formes intermédiaires et passer
directement aux modes plus contrôlés où, comme dans l'agriculture hors-sol, le milieu
sert essentiellement de support physique.
Dans ces conditions, les formes intensives représentent en mer et dans les lacs et
mers intérieures, une voie autonome plutôt qu'une solution de rechange pour la
valorisation de la productivité naturelle des écosystèmes aquatiques.
Jusqu'ici, la pêche a surtout bénéficié de l'apport des sciences naturelles pour l;i
prospection et l'évaluation des ressources, et des techniques de l'ingénieur pour la
capture, la conservation et la valorisation des produits. Aujourd'hui, la priorité s'est
déplacée au profit des sciences de l'homme. L'économie politique, la sociologie el
l'histoire, les sciences politiques ont à collaborer avec la profession et l'administration à
l'analyse des structures et des mécanismes nécessaires à la régulation de l'accès pour
l'utilisation efficace et soutenue des écosystèmes halieutiques.
Mais la démonstration de l'intérêt d'une réforme n'est pas suffisante pour en
déclencher la réalisation. Même si leur marge de manoeuvre diffère en la matière, ni la
profession, ni l'administration, ni la recherche ne disposent seules des facultés
nécessaires. Si la profession est directement intéressée par des réformes
institutionnelles, l'incertitude relative à leurs conséquences sur le partage des ressources
peut faire hésiter plusieurs de ses familles. Les réformes demandent le concours de
l'administration. Mais, sans l'assenlimcnt du politique, cette dernière n'a guère de
possibilité d'entreprendre l'analyse, la conception et la rédaction de nouveaux projets de
loi. Pourtant le secteur public a une responsabilité directe dans la préparation des
nouveaux projets institutionnels. Aujourd'hui, une action dans ce domaine est
autrement plus prioritaire pour l'avenir des pêches et des cultures marines que les
interventions au niveau des investissements et innovations techniques (chapitres 1 el
18). L'universalité des surinvestissements et de la surpêche montre que ce n'est pas au
niveau des facteurs de produclion que le secteur public doit maintenant s'investir, mais
dans la création de L'environnement" indispensable au bon fonctionnement ties
entreprises, sur lequel ces dernières n'ont pas de prise.
Le problème n'est pas propre à la pêche ; il est commun à tous les écosystèmes
naturels exploités ou soumis à des pressions d'origine anthropique (chapitre 19). La
régulation de la pêche est, en fail, qualitativement plus simple que la conservation de
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