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S. Garcia
et de l'intensification de l'activité des flottes de grande pêche, avant que les
connaissances de base et les compétences souhaitables aient pu être acquises.
L'évaluation des ressources et l'aménagement des pêches durent s'appuyer, avec plus on
moins de réussite, sur les concepts et les méthodes hérités de l'hémisphère nord.
L'impossibilité pratique de contrôler la pêche dans les pêcheries internationales,
évidente dès la Conférence de Londres sur la surpêche (1946) et reconnue au début des
années 70, en particulier à l'occasion de la Conférence technique FAO sur
l'aménagement et le développement des pêches (Vancouver 1973, Stevenson 1974), le
désaccord général sur les modalités d'accès aux ressources entre grandes puissances
halieutiques et pays riverains, et l'établissement progressif des zones économiques
exclusives qui en résulta, ont eu un impact considérable sur la recherche halieutique ei
la profession d'halieute. Ces événements sonnent la fin d'une certaine orientation de
l'évaluation des stocks et de l'aménagement. Les pratiques et les institutions n'évoluent
cependant que lentement. Les retards pris dans l'ajustement aux nouveaux besoins se
manifestent à plusieurs niveaux :
- prise de conscience, lente mais incontournable, des contraintes économiques ci
politiques de l'optimisation de la pêche ;
- reculs dans la collaboration scientifique internationale et bilatérale, sous l'effet
des implications politiques de certains résultats des recherches nationales ;
- récusation épisodique, par l'administration et la profession, de la validité de
certains avis, voire de certaines méthodes, scientifiques ;
- pressions sur l'avis scientifique, s'accompagnant parfois de mises en doute de
l'objectivité des chercheurs ;
- dégradation sensible de la qualité et de la fiabilité des statistiques de pêche ;
- insuffisance des capacités et des recherches, en économie des pêches dans les
pays développés et, dans pratiquement tous les domaines, dans les pays en
développement ;
- lacunes du paradigme traditionnel et des modèles qui le sous-tendent ; leur
champ ne couvre plus l'ensemble des questions posées (Gulland 1971b); ces
insuffisances sont progressivement comblées par la contribution de nouvelles disciplines
comme l'économie, la sociologie, le droit et l'histoire, et le regain d'intérêt pour
l'océanographie et la climatologie.
Dans le même temps, la demande en compétences se modifie ; elle
s'accompagne de l'apparition de spécialistes privés, et de recours occasionnels aux
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