19 - Désertification sur terre et dans l'océan
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Le concept de désertification met aussi l'accent sur l'aspect composite et
holistique du processus de dégradation et, donc, sur la nécessité d'une approche
multidisciplinaire de son étude. Un ingénieur, chargé de forer des puits profonds dans
une zone aride, n'a pas à se préoccuper de savoir si un puits à tel endroit est susceptible
d'affecter l'équilibre naturel entre le bétail et la couverture végétale, ni si
l'accroissement initial des troupeaux auquel son travail contribue ne favorisera pas
finalement la désertification et l'abandon d'une région par une population qui
traditionnellement en vivait. Le même risque existe dans la pêche, comme l'illustre
l'exemple donné de programmes de motorisation de la pêche artisanale ayant
finalement abouti à des résultats contraires à leur objectif (chapitre 18). Les pollutions
aboutissent, entre usagers, à des effets similaires. La valeur sociale des écosystèmes
naturels doit être prise en compte et protégée. A partir du moment où les pêcheurs, ou
les ostréiculteurs, n'ont pas le pouvoir juridique ou politique d'agir contre les sources de
pollution, la responsabilité de conserver les ressources dont vivent les premiers, et
d'assurer leur sauvegarde pour les générations futures, incombe à la puissance publique.
Une autorité doit être désignée et dotée des instruments législatifs appropriés. Tous les
écosystèmes, naturels et exploités, connaissent des besoins similaires. On trouvera par
exemple dans Stone (1974) une présentation des problèmes posés par l'exploitation et la
conservation des forêts.
Si le raisonnement par analogie constitue une méthode utile, il n'est pas pour
autant exempt de pièges. Les connaissances tirées de l'observation des phénomènes de
désertification aident à comprendre le problème de la conservation des écosystèmes
marins. Même si la correspondance n'est pas parfaite, des similarités claires
apparaissent entre les processus d'évolution et de dégradation de l'environnement et les
interactions avec la société. Aussi longtemps que la science ne sera pas à même de
comprendre et de prévoir la variabilité naturelle des écosystèmes, les stratégies qui
doivent assurer simultanément leur exploitation efficace et leur conservation pour les
générations futures ne pourront être que sous-optimales et entachées de risques.
REMERCIEMENTS
Je voudrais exprimer mes remerciements à Marie White pour ses commentaires
critiques sur le manuscrit. Je remercie également Maria Kentz, pour son aide constante
dans la rédaction des différentes versions de ce chapitre, ainsi que Jan Stewart et
Regina Gregory pour leur patience et pour l'intérêt qu'ils ont montré pour sa
préparation.
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