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T. Panayotou
Les contingents individuels cessibles correspondant aux quotas de capture
négociables, introduits récemment "avec un succès considérable" en Australie et en
Nouvelle Zélande, quoiqu'il soit encore trop tôt pour les évaluer de façon définitive.
Malheureusement, les contingents individuels n'offrent vraisemblablement qu'un intérêt
limité pour les pêcheries plurispécifiques tropicales. Comme plusieurs dizaines
d'espèces peuvent être simultanément capturées dans un seul trait de chalut, et plus
d'une centaine au cours d'une même saison, il sera opérationnellement difficile et
coûteux d'éliminer le tri sélectif des espèces et des rejets importants. Aspect très
important, ce système suppose l'existence de capacités de contrôle effectif des
débarquements, ce dont peu de pays en développement disposent encore.
Un système de licences réirocessibles paraît mieux convenir, quoique l'expérience
canadienne en la matière ne soit pas très encourageante en la matière. La première
étape consiste à geler immédiatement le nombre de bateaux ou d'engins. La seconde
porte sur l'octroi de licences de pêche (contre une redevance) aux navires en activité,
sur la base de leur puissance de pèche courante. Initialement, les licences ne seraient
pas cessibles et seraient forcloses dès le départ à la retraite du propriétaire ou le retrait
du bateau, ceci jusqu'à ce que la flottille ait atteint la taille retenue comme objectif de
l'aménagement. Les licences seraient alors librement tranférables. Il apparaîtrait ainsi
un marché pour l'échange des licences, favorable à l'efficience, et sans effets pervers
marqués sur la distribution.
Le gouvernement a la possibilité d'accélérer la réduction de la flottille en offrant
de racheter et de supprimer les licences des pêcheurs qui choisiraient de quitter le
métier. Il utiliserait pour cela les revenus tirés des redevances sur les licences en cours
de validité. Cette option peut être rendue plus attractive en doublant le système d'un
programme de formation et d'embauché dans d'autres activités développées
parallèlement. Il est en outre possible d'utiliser un système de licences pour contrôler
l'expansion de certaines flottilles, ou en promouvoir d'autres selon leurs niveaux
d'investissement respectifs, ainsi que pour maîtriser la distribution géographique de
leurs opérations, selon le niveau d'exploitation des ressources disponibles. En dépit de
l'intérêt théorique de ce système d'aménagement, l'expérience de son application fait
défaut dans les pêcheries des pays en développement. Une expérimentation localisée
des systèmes de licences pourra se révéler nécessaire avant que leur usage puisse être
généralisé.
Etant donné, enfin, l'intérêt d'une reconversion de pêcheurs dans d'autres
secteurs de l'économie, les contraintes exogènes qu'imposent au secteur de la pêche ces
autres activités et les politiques qui affectent leurs rapports, une nouvelle stratégie du
développement des pêches doit reconnaître que la solution à de nombreux problèmes
de la pêche se situe souvent hors de ce secteur. Le niveau de vie des pêcheurs ne
s'améliorera de façon durable que lorsque leur coût d'opportunité dépassera leurs
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