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T. Panayotou
Dans les pays en développement, les systèmes traditionnels d'aménagement,
comme les droits coutumiers d'usage collectif, tels qu'ils survivent au Sri Lanka et dans
plusieurs Etats insulaires du Pacifique, ont jusqu'ici donné les meilleurs résultats pour
la limitation de l'effort. Autrefois, ces systèmes étaient largement répandus, avant de
tomber en désuétude sous la pression combinée de la croissance démographique, du
progrès technique et de l'expansion du commerce des produits (Ruddle 1988, chapitre
16). La réhabilitation des systèmes traditionnels et leur légalisation, sous la forme de
droits territoriaux d'usage halieutique, offrent des perspectives extrêmement
intéressantes pour un aménagement effectif des pêcheries dans les pays en
développement. Encore que l'exemple le plus couramment cité d'institutionalisation
d'un système traditionnel de droits territoriaux nous soit donné par un pays
industrialisé, le Japon (Asada el al. 1983).
Les raisons, qui font que le régime de liberté d'accès soit un frein au
développement de la pêche et à la maximisation de sa contribution à l'économie
nationale, sont nombreuses. En premier lieu, toute apparition conjoncturelle d'une
plus-value économique entraîne une nouvelle entrée de capital et de main-d'oeuvre, qui
annihile le surprofit passager (fig. 18.3a). En second lieu, des évolutions favorables dans
les conditions économiques, ou les efforts faits pour promouvoir l'expansion d'une
pêcherie ou améliorer la situation des pêcheurs attireront de nouveaux pêcheurs,
perpétueront le déclin des rendements et dégraderont davantage la composition du
stock el des prises (fig. 18.4). En troisième lieu, l'aide au développement de pêcheries
ouvertes accentue la mauvaise allocation des ressources, en distrayant du capital et de la
main-d'oeuvre qui auraient pu contribuer au développement d'autres secteurs. Enfin, le
développement volontariste de pêcheries ouvertes accentue sur la longue période
l'instabilité de ces dernières el peut exacerber les problèmes socio-économiques dans la
mesure où la capacité de la main-d'oeuvre à sortir de la pêche y est réduite.
L'effet de la dissymétrie de mobilité (entrée facile, sortie difficile) s'observe
lorsque des pêcheurs traditionnels ne peuvent concourir sur un pied d'égalité avec de
nouveaux arrivants, maîtrisant mieux des techniques plus avancées, et
géographiquement plus mobiles. Le phénomène est général. Dans le golfe de
Thaïlande, le chalulage s'est rapidement développé au cours des années 60 et 70 ; les
petits pêcheurs côliers sont restés dans la pêche, même lorsque leurs revenus tombèrent
en dessous de leur coût d'opportunilé (fig. 18.5). Quand les ressources du golfe furent
épuisées, les chalutiers étendirent leurs opérations vers des fonds de pêche plus
hauturiers et, finalement, hors du golfe de Thaïlande. La mobilité de la flotte hauturière
n'améliora en rien le revenu des petits pêcheurs côtiers, car les premiers continuèrent à
empiéter sur les fonds littoraux, à la recherche d'espèces nobles comme les crevettes.
De leur côté, les petits pêcheurs recherchèrent de nouvelles espèces cible, et des
emplois comme marins dans la pêche chalutière, ou ouvriers dans l'agriculture ; mais
leur mobilité, tant professionnelle que géographique, reste insuffisante pour que leurs
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T. Panayotou
Dans les pays en développement, les systèmes traditionnels d'aménagement,
comme les droits coutumiers d'usage collectif, tels qu'ils survivent au Sri Lanka et dans
plusieurs Etats insulaires du Pacifique, ont jusqu'ici donné les meilleurs résultats pour
la limitation de l'effort. Autrefois, ces systèmes étaient largement répandus, avant de
tomber en désuétude sous la pression combinée de la croissance démographique, du
progrès technique et de l'expansion du commerce des produits (Ruddle 1988, chapitre
16). La réhabilitation des systèmes traditionnels et leur légalisation, sous la forme de
droits territoriaux d'usage halieutique, offrent des perspectives extrêmement
intéressantes pour un aménagement effectif des pêcheries dans les pays en
développement. Encore que l'exemple le plus couramment cité d'institutionalisation
d'un système traditionnel de droits territoriaux nous soit donné par un pays
industrialisé, le Japon (Asada el al. 1983).
Les raisons, qui font que le régime de liberté d'accès soit un frein au
développement de la pêche et à la maximisation de sa contribution à l'économie
nationale, sont nombreuses. En premier lieu, toute apparition conjoncturelle d'une
plus-value économique entraîne une nouvelle entrée de capital et de main-d'oeuvre, qui
annihile le surprofit passager (fig. 18.3a). En second lieu, des évolutions favorables dans
les conditions économiques, ou les efforts faits pour promouvoir l'expansion d'une
pêcherie ou améliorer la situation des pêcheurs attireront de nouveaux pêcheurs,
perpétueront le déclin des rendements et dégraderont davantage la composition du
stock el des prises (fig. 18.4). En troisième lieu, l'aide au développement de pêcheries
ouvertes accentue la mauvaise allocation des ressources, en distrayant du capital et de la
main-d'oeuvre qui auraient pu contribuer au développement d'autres secteurs. Enfin, le
développement volontariste de pêcheries ouvertes accentue sur la longue période
l'instabilité de ces dernières el peut exacerber les problèmes socio-économiques dans la
mesure où la capacité de la main-d'oeuvre à sortir de la pêche y est réduite.
L'effet de la dissymétrie de mobilité (entrée facile, sortie difficile) s'observe
lorsque des pêcheurs traditionnels ne peuvent concourir sur un pied d'égalité avec de
nouveaux arrivants, maîtrisant mieux des techniques plus avancées, et
géographiquement plus mobiles. Le phénomène est général. Dans le golfe de
Thaïlande, le chalulage s'est rapidement développé au cours des années 60 et 70 ; les
petits pêcheurs côliers sont restés dans la pêche, même lorsque leurs revenus tombèrent
en dessous de leur coût d'opportunilé (fig. 18.5). Quand les ressources du golfe furent
épuisées, les chalutiers étendirent leurs opérations vers des fonds de pêche plus
hauturiers et, finalement, hors du golfe de Thaïlande. La mobilité de la flotte hauturière
n'améliora en rien le revenu des petits pêcheurs côtiers, car les premiers continuèrent à
empiéter sur les fonds littoraux, à la recherche d'espèces nobles comme les crevettes.
De leur côté, les petits pêcheurs recherchèrent de nouvelles espèces cible, et des
emplois comme marins dans la pêche chalutière, ou ouvriers dans l'agriculture ; mais
leur mobilité, tant professionnelle que géographique, reste insuffisante pour que leurs
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