18 - Les conditions du développement de la pêche
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appartenant à la fois à personne et à tout le monde. Cette absence de droits de
propriété, ou leur ambiguïté, tient aux caractéristiques de la pêche, ainsi qu'à des
raisons historiques (chapitre 1). La fluidité de la ressource et la mobilité des moyens de
capture rendent plus lâche, plus approximative et plus coûteuse, l'exclusion hors de
pêcheries délimitées (chapitre 22). Hormis des implications pour les pêcheurs
traditionnels, ce régime n'a guère contrarié le développement de la pêche tant que les
ressources étaient sous-exploitées. Mais, maintenant que les ressources sont devenues
de plus en plus rares sous l'effet conjugué de l'accroissement de la demande et des
insuffisances de l'aménagement, le besoin et la demande pour des droits de propriété
garantis se font de plus en plus sérieusement sentir. Pourtant, une longue habitude de
liberté et de gratuité d'accès et la persistance de convictions d'abondance, en dépit de
l'accumulation d'évidences contraires, font que les initiatives visant à limiter
explicitement l'effort de pêche sont encore l'exception.
Si l'accès libre et gratuit peut sembler juste et équitable pour une ressource
considérée comme un don de la nature, ses implications économiques sont désastreuses.
Une ressource naturelle n'est une richesse, au sens économique du terme, qu'à
condition qu'elle produise des revenus en sus du coût de son exploitation ; et une
ressource aura d'autant plus de valeur que sa production dégagera une plus-value
élevée. Malheureusement, en régime de libre accès, l'apparition d'un profit attire des
capacités de capture additionnelles -et cela, d'autant plus rapidement que le profil est
élevé-, jusqu'à ce que le profit soit totalement dissipé par cet excédent d'effort et son
coût en capital et en main-d'oeuvre (fig. 18.3a). La ressource cesse alors d'être une
richesse économique. Une fois atteint l'équilibre de profit nul, les pêcheurs ne couvrent
au mieux que leur coût d'opportunité (ce qu'ils gagneraient dans des activités
comparables). Les variations des facteurs biologiques et économiques de la pêcherie
(comme le recrutement, le coût de l'énergie ou de l'argent, le prix du poisson)
entraîneront des profits ou des pertes temporaires, qui provoqueront de nouvelles
entrées ou des départs jusqu'à ce qu'un nouvel état stationnaire soit atteint, où le profit
et la perte seront de nouveau nuls (fig. 18.3b).
Si le régime de liberté d'accès est un trait dominant de la pêche, ses implications
sont plus graves dans les pêcheries du Tiers Monde. Dans ces pays, le coûl
d'opportunité du travail est, en effet, très bas, par suite de l'existence d'un surplus de
main-d'oeuvre qui se manifeste pas le chômage et le sous-emploi. Dans les pêcheries
artisanales, la mobilité d'entrée de la main-d'oeuvre est souvent supérieure à sa
mobilité de sortie, par suite de l'isolement, du niveau moindre d'instruction formelle et
de l'attachement à leur style de vie des communautés rurales. L'effet conjoint du
moindre coût d'opportunité du travail et de la mobilité dissymétrique de la maind'oeuvre fait de la pêche une activité de dernier ressort et, des pêcheries artisanales, un
secteur de pauvreté chronique ; en effet, ces actifs comptent souvent parmi les groupes
socio-économiques les plus défavorisés (point E sur la figure 18.3a). Pour cette raison,
les programmes nationaux et internationaux d'assistance au développement s'y
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appartenant à la fois à personne et à tout le monde. Cette absence de droits de
propriété, ou leur ambiguïté, tient aux caractéristiques de la pêche, ainsi qu'à des
raisons historiques (chapitre 1). La fluidité de la ressource et la mobilité des moyens de
capture rendent plus lâche, plus approximative et plus coûteuse, l'exclusion hors de
pêcheries délimitées (chapitre 22). Hormis des implications pour les pêcheurs
traditionnels, ce régime n'a guère contrarié le développement de la pêche tant que les
ressources étaient sous-exploitées. Mais, maintenant que les ressources sont devenues
de plus en plus rares sous l'effet conjugué de l'accroissement de la demande et des
insuffisances de l'aménagement, le besoin et la demande pour des droits de propriété
garantis se font de plus en plus sérieusement sentir. Pourtant, une longue habitude de
liberté et de gratuité d'accès et la persistance de convictions d'abondance, en dépit de
l'accumulation d'évidences contraires, font que les initiatives visant à limiter
explicitement l'effort de pêche sont encore l'exception.
Si l'accès libre et gratuit peut sembler juste et équitable pour une ressource
considérée comme un don de la nature, ses implications économiques sont désastreuses.
Une ressource naturelle n'est une richesse, au sens économique du terme, qu'à
condition qu'elle produise des revenus en sus du coût de son exploitation ; et une
ressource aura d'autant plus de valeur que sa production dégagera une plus-value
élevée. Malheureusement, en régime de libre accès, l'apparition d'un profit attire des
capacités de capture additionnelles -et cela, d'autant plus rapidement que le profil est
élevé-, jusqu'à ce que le profit soit totalement dissipé par cet excédent d'effort et son
coût en capital et en main-d'oeuvre (fig. 18.3a). La ressource cesse alors d'être une
richesse économique. Une fois atteint l'équilibre de profit nul, les pêcheurs ne couvrent
au mieux que leur coût d'opportunité (ce qu'ils gagneraient dans des activités
comparables). Les variations des facteurs biologiques et économiques de la pêcherie
(comme le recrutement, le coût de l'énergie ou de l'argent, le prix du poisson)
entraîneront des profits ou des pertes temporaires, qui provoqueront de nouvelles
entrées ou des départs jusqu'à ce qu'un nouvel état stationnaire soit atteint, où le profit
et la perte seront de nouveau nuls (fig. 18.3b).
Si le régime de liberté d'accès est un trait dominant de la pêche, ses implications
sont plus graves dans les pêcheries du Tiers Monde. Dans ces pays, le coûl
d'opportunité du travail est, en effet, très bas, par suite de l'existence d'un surplus de
main-d'oeuvre qui se manifeste pas le chômage et le sous-emploi. Dans les pêcheries
artisanales, la mobilité d'entrée de la main-d'oeuvre est souvent supérieure à sa
mobilité de sortie, par suite de l'isolement, du niveau moindre d'instruction formelle et
de l'attachement à leur style de vie des communautés rurales. L'effet conjoint du
moindre coût d'opportunité du travail et de la mobilité dissymétrique de la maind'oeuvre fait de la pêche une activité de dernier ressort et, des pêcheries artisanales, un
secteur de pauvreté chronique ; en effet, ces actifs comptent souvent parmi les groupes
socio-économiques les plus défavorisés (point E sur la figure 18.3a). Pour cette raison,
les programmes nationaux et internationaux d'assistance au développement s'y
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