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T. Panayotou
dégradation économique de la pêcherie ; cela est d'autant plus probable que
l'aménagement ne repose encore que rarement sur l'analyse économique des
pêcheries ; même très ralentie, l'augmentation de production peut donner l'illusion que
des possibilités d'expansion restent assurées ; dans une pêcherie plurispécifique, la
maximisation de la production est un objectif encore plus illusoire et totalement
inapproprié ;
- le développement axé sur quelques espèces cible ne peut éviter des captures
importantes d'espèces accessoires ;
- le choix d'une taille optimale de première capture est opérationnellement
difficile : le maillage pour une espèce sera trop petit pour certaines, et trop grand pour
d'autres, qui resteront sous-utilisées ;
- comme la composition des captures dépend finalement de l'impact de la pêche
sur un réseau complexe de relations interspécifiques, les effets de la pêche sur ces
relations (chapitre 3) viennent obscurcir celui de la pêche sur chaque espèce considérée
isolément.
Pour apprécier les perspectives d'expansion de la pêche, on doit toujours
s'appuyer sur l'observation, sur la longue période, de la relation empirique entre l'effort
de pêche et la composition spécifique et la valeur des captures, au sein de pêcheries
explicitement délimitées. Cette relation est encore compliquée par le fait que la
structure d'âge, la composition spécifique et la biomasse totale du stock ne varient pas
seulement en réponse à l'effort de pêche, mais aussi à des dégradations d'origine
anthropique des environnements littoraux (chapitres 12 et 19), ainsi que sous l'effet des
variations naturelles de l'hydroclimat (chapitres 4, 6 et 19). La méthodologie disponible
ne permet pas de distinguer l'effet de ces différents facteurs sur l'état et la productivité
des stocks (chapitres 4 et 9) : le suivi de l'état des ressources reste forcément en partie
pragmatique.
3.2. Contraintes institutionnelles
Ainsi qu'il a été fait allusion, les limites de la ressource et les contraintes
biologiques sont magnifiées par le vide institutionnel du régime d'accès libre et gratuit,
sous lequel opèrent la majorité des pêcheries. Contrairement à la plupart des autres
ressources naturelles, telles que la terre, les forêts, les gisements miniers ou pétroliers,
qui appartiennent légalement, à quelques exceptions près, à des individus, des sociétés
ou à l'Etat, les ressources halieutiques étaient récemment encore considérées comme
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