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T. Panayotou
valeur unitaire des produits se traduit une décroissance du rendement économique à
mesure que la pêcherie se développe (fig. 18.2a).
Malgré la baisse continue des rendements, l'effort peut s'accroître au-delà du
niveau à partir duquel la prise totale commence elle-même à décliner. L'augmentation
de l'effort de pêche se traduit alors par une augmentation des coûts totaux de
production et une baisse des prises totales et de la valeur totale de la production (fig.
18.2b). Que l'effort de pêche puisse augmenter jusqu'à de tels niveaux pourra paraître à
première vue improbable : des déséquilibres aussi irrationnels sont exceptionnels dans
la plupart des autres secteurs de l'activité économique. Pourtant, une telle dynamique
est bien la règle dans la pêche : elle est due aux carences des institutions indispensables
pour réguler l'accès, qui caractérise la quasi-totalité des pêcheries.
Dans les pêcheries plurispécifiques, la production totale ne décline pas
nécessairement. Selon la structure de la ressource et les interactions techniques et
biologiques, elle peut même continuer de croître légèrement (fig. 18.2c). Lorsque
l'exploitation, par un engin non sélectif, d'un stock constitué de plusieurs espèces liées
les unes aux autres par un réseau complexe de relations de compétition et de prédation
s'intensifie, la composition du stock et des captures se modifie : sous l'effet direct de la
pêche, et indirect par l'intermédiaire des relations trophiques entre les espèces, chaque
espèce est différemment affectée. Ainsi, les variations d'intensité de la pêche modifient
la structure d'âge, la composition spécifique et la biomasse totale de la ressource.
L'intensification de la pêche peut très bien se traduire par le déclin prononcé, en
séquence, de certaines espèces et l'émergence de nouvelles, qui ne pouvaient accéder à
un état de dominance en présence des premières, mieux adaptées. Ainsi, Pauly (1979)
indique que, dans le golfe de Thaïlande, les poissons plats étaient, en dépit de leur
fécondité supérieure, dominés par les leiognathidés, prédateurs de petite taille, tant que
ces derniers n'ont pas été réduits par la pêche. Ces interactions biologiques peuvent
expliquer que la production du golfe ait pu continuer de croître pour des niveaux
d'effort qui auraient signifié une surpêche dans une pêcherie unispécifique. Dans les
pêcheries plurispécifiques, les espèces de longévité élevée et de faible fécondité sont
généralement plus vulnérables à la pêche : leur abondance dans les captures décline au
profit d'espèces de longévité plus courte et à plus forte fécondité. Ces dernières sont
souvent de taille inférieure et de valeur commerciale moindre (fig. 18.2c).
La nature plurispécifique des pêcheries tropicales et l'évolution de la
composition spécifique des captures avec l'intensification de la pêche ont plusieurs
implications pour le développement :
- l'examen des statistiques agrégées de capture peut être trompeur
l'augmentation éventuelle de la production pondérale totale peut masquer une
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valeur unitaire des produits se traduit une décroissance du rendement économique à
mesure que la pêcherie se développe (fig. 18.2a).
Malgré la baisse continue des rendements, l'effort peut s'accroître au-delà du
niveau à partir duquel la prise totale commence elle-même à décliner. L'augmentation
de l'effort de pêche se traduit alors par une augmentation des coûts totaux de
production et une baisse des prises totales et de la valeur totale de la production (fig.
18.2b). Que l'effort de pêche puisse augmenter jusqu'à de tels niveaux pourra paraître à
première vue improbable : des déséquilibres aussi irrationnels sont exceptionnels dans
la plupart des autres secteurs de l'activité économique. Pourtant, une telle dynamique
est bien la règle dans la pêche : elle est due aux carences des institutions indispensables
pour réguler l'accès, qui caractérise la quasi-totalité des pêcheries.
Dans les pêcheries plurispécifiques, la production totale ne décline pas
nécessairement. Selon la structure de la ressource et les interactions techniques et
biologiques, elle peut même continuer de croître légèrement (fig. 18.2c). Lorsque
l'exploitation, par un engin non sélectif, d'un stock constitué de plusieurs espèces liées
les unes aux autres par un réseau complexe de relations de compétition et de prédation
s'intensifie, la composition du stock et des captures se modifie : sous l'effet direct de la
pêche, et indirect par l'intermédiaire des relations trophiques entre les espèces, chaque
espèce est différemment affectée. Ainsi, les variations d'intensité de la pêche modifient
la structure d'âge, la composition spécifique et la biomasse totale de la ressource.
L'intensification de la pêche peut très bien se traduire par le déclin prononcé, en
séquence, de certaines espèces et l'émergence de nouvelles, qui ne pouvaient accéder à
un état de dominance en présence des premières, mieux adaptées. Ainsi, Pauly (1979)
indique que, dans le golfe de Thaïlande, les poissons plats étaient, en dépit de leur
fécondité supérieure, dominés par les leiognathidés, prédateurs de petite taille, tant que
ces derniers n'ont pas été réduits par la pêche. Ces interactions biologiques peuvent
expliquer que la production du golfe ait pu continuer de croître pour des niveaux
d'effort qui auraient signifié une surpêche dans une pêcherie unispécifique. Dans les
pêcheries plurispécifiques, les espèces de longévité élevée et de faible fécondité sont
généralement plus vulnérables à la pêche : leur abondance dans les captures décline au
profit d'espèces de longévité plus courte et à plus forte fécondité. Ces dernières sont
souvent de taille inférieure et de valeur commerciale moindre (fig. 18.2c).
La nature plurispécifique des pêcheries tropicales et l'évolution de la
composition spécifique des captures avec l'intensification de la pêche ont plusieurs
implications pour le développement :
- l'examen des statistiques agrégées de capture peut être trompeur
l'augmentation éventuelle de la production pondérale totale peut masquer une
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