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T. Panayotou
Ainsi, des possibilités sans précédent s'offrent au secteur halieutique de
contribuer au développement des autres secteurs et au progrès des économies
nationales. Une réduction de l'effort de pêche réduirait les coûts de production,
permettrait aux stocks de se reconstituer, augmenterait dans certains cas les prises
totales et, dans tous les cas, la proportion d'espèces et des tailles de valeur marchande
supérieure. L'augmentation de la valeur et la baisse du coût de production
redresseraient fortement la valeur ajoutée : si, comme cela est possible, le coût de
l'aménagement reste en deçà de cette valeur ajoutée, une plus-value pourrait être
investie. En plus de cette plus-value, des excédents de capital et de main-d'oeuvre
pourraient être transférés vers d'autres secteurs de l'économie où ils peuvent contribuer
à la production (fig. 18.1a).
Le développement des pays du Tiers Monde est handicapé par un manque
critique de capitaux. Dans la mesure où ils peuvent être utilisés de façon efficace dans
d'autres secteurs, le transfert de capitaux hors du secteur halieutique peut être
bénéfique aux économies nationales. La situation n'est pas aussi simple en ce qui
concerne la main-d'oeuvre. Beaucoup de pays en développement disposent de surplus
de main-d'oeuvre, qui apparaissent dans les niveaux élevés de chômage et de sousemploi. Dégager dans ces conditions de la main-d'oeuvre peut n'avoir que peu d'effet
sur les productions nationales. Le chômage pourrait s'en trouver accru et les salaires,
qui souvent ne dépassent guère le seuil de pauvreté, seraient davantage déprimés.
Cependant, pour juger des effets sur l'emploi, de l'aménagement des pêches,
d'autres éléments doivent être pris en compte. Quoique significatif, le secteur de la
pêche occupe, dans la plupart des pays en développement, moins de 5% de la maind'oeuvre nationale. Libérer un tiers de la main-d'oeuvre employée dans la pêche
n'affecterait pas de manière perceptible les rémunérations dans le reste de l'économie.
En second lieu, pour déterminer le niveau optimum d'emploi dans la pêche, il faut tenir
compte du coût d'opportunité social réel de la main-d'oeuvre. Celui-ci n'est pas
simplement égal au salaire moyen des emplois comparables dans les secteurs extérieurs
à la pêche, mais à ce salaire réduit des coûts résultant du maintien ou du redéploiement
de la main-d'oeuvre excédentaire, comme de la probabilité de trouver un emploi hors
de la pêche ; ce coût varie en fonction du taux de chômage. Le niveau socialement
optimum d'emploi dans la pêche sera d'autant plus élevé et, donc, le niveau convenable
du transfert de main-d'oeuvre hors du secteur pêche d'autant plus bas, que le coût de
maintien de l'emploi sera élevé et la probabilité de trouver un emploi hors de la pêche
sera faible (fig. 18.1b).
Fréquemment, dans les pays en développement, les politiques halieutiques
publiques privilégient l'investissement (par des aides sur les taux d'intérêt, des
abattements d'impôts, ...), au détriment de l'emploi de la main-d'oeuvre, dans la mesure
où celle-ci est simultanément pénalisée par les législations sur le salaire minimum et
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T. Panayotou
Ainsi, des possibilités sans précédent s'offrent au secteur halieutique de
contribuer au développement des autres secteurs et au progrès des économies
nationales. Une réduction de l'effort de pêche réduirait les coûts de production,
permettrait aux stocks de se reconstituer, augmenterait dans certains cas les prises
totales et, dans tous les cas, la proportion d'espèces et des tailles de valeur marchande
supérieure. L'augmentation de la valeur et la baisse du coût de production
redresseraient fortement la valeur ajoutée : si, comme cela est possible, le coût de
l'aménagement reste en deçà de cette valeur ajoutée, une plus-value pourrait être
investie. En plus de cette plus-value, des excédents de capital et de main-d'oeuvre
pourraient être transférés vers d'autres secteurs de l'économie où ils peuvent contribuer
à la production (fig. 18.1a).
Le développement des pays du Tiers Monde est handicapé par un manque
critique de capitaux. Dans la mesure où ils peuvent être utilisés de façon efficace dans
d'autres secteurs, le transfert de capitaux hors du secteur halieutique peut être
bénéfique aux économies nationales. La situation n'est pas aussi simple en ce qui
concerne la main-d'oeuvre. Beaucoup de pays en développement disposent de surplus
de main-d'oeuvre, qui apparaissent dans les niveaux élevés de chômage et de sousemploi. Dégager dans ces conditions de la main-d'oeuvre peut n'avoir que peu d'effet
sur les productions nationales. Le chômage pourrait s'en trouver accru et les salaires,
qui souvent ne dépassent guère le seuil de pauvreté, seraient davantage déprimés.
Cependant, pour juger des effets sur l'emploi, de l'aménagement des pêches,
d'autres éléments doivent être pris en compte. Quoique significatif, le secteur de la
pêche occupe, dans la plupart des pays en développement, moins de 5% de la maind'oeuvre nationale. Libérer un tiers de la main-d'oeuvre employée dans la pêche
n'affecterait pas de manière perceptible les rémunérations dans le reste de l'économie.
En second lieu, pour déterminer le niveau optimum d'emploi dans la pêche, il faut tenir
compte du coût d'opportunité social réel de la main-d'oeuvre. Celui-ci n'est pas
simplement égal au salaire moyen des emplois comparables dans les secteurs extérieurs
à la pêche, mais à ce salaire réduit des coûts résultant du maintien ou du redéploiement
de la main-d'oeuvre excédentaire, comme de la probabilité de trouver un emploi hors
de la pêche ; ce coût varie en fonction du taux de chômage. Le niveau socialement
optimum d'emploi dans la pêche sera d'autant plus élevé et, donc, le niveau convenable
du transfert de main-d'oeuvre hors du secteur pêche d'autant plus bas, que le coût de
maintien de l'emploi sera élevé et la probabilité de trouver un emploi hors de la pêche
sera faible (fig. 18.1b).
Fréquemment, dans les pays en développement, les politiques halieutiques
publiques privilégient l'investissement (par des aides sur les taux d'intérêt, des
abattements d'impôts, ...), au détriment de l'emploi de la main-d'oeuvre, dans la mesure
où celle-ci est simultanément pénalisée par les législations sur le salaire minimum et
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