17 - Analyse et aménagement des pêcheries côlières
7
2.1. Typologie des ressources
La caractérisation des ressources exploitées semble essentielle, même si elle n'a
que rarement été abordée jusqu'à présent. En raison de l'influence des contraintes
naturelles sur lesquelles l'homme n'a pas de prise, la réalité de la structure des
ressources doit de plus en plus être intégrée aux analyses. Il devient en fait urgent de
comprendre une ressource halieutique plurispécifique comme un écosystème formé de
populations aux caractéristiques biologiques variées, mais dépendantes les unes des
autres par des relations interspécifiques plus ou moins étroites (chapitre 3).
Cette approche suppose la connaissance des traits dominants de l'écologie des
espèces susceptibles d'être la cible d'un des métiers pratiqués par la flottille. Une masse
d'informations est souvent disponible, même si elle se présente sous forme de
littérature diffuse, accessible sur des supports non répertoriés, voire manuscrits, dans
les institutions spécialisées. Sans fournir une liste exhaustive de l'ensemble des
renseignements utiles, il paraît profitable de disposer pour une caractérisation
satisfaisante :
- des paramètres de croissance : leur estimation n'est pas seulement nécessaire à
leur utilisation dans les modèles d'évaluation des stocks, elle fournit aussi des
indications pertinentes pour la détermination de la vitesse de croissance et de la
longévité ;
- des tailles et âges de première maturité et une évaluation semi-quantitative de
la fécondité : le terme semi-quantitatif indique que la classification en deux groupes
peut être suffisante, l'un très fécond, l'autre de fécondité réduite (dont le meilleur
exemple est la raie) ;
- enfin, une indication même approximative de la place occupée par l'espèce dans
la chaîne trophique, tant il est évident que l'aménagement de l'exploitation d'une espèce
dite "fourrage", support de l'alimentation d'autres espèces dans un biotope donné, devra
intégrer des taux de mortalité naturelle supérieurs à ceux occasionnés par la pêche
(chapitre 3).
Bien que l'ensemble de ces variables soit d'un usage courant, nous les
retiendrons ici surtout pour leur capacité de discrimination des espèces en deux types,
selon la classification proposée par Mac Arthur et Wilson (1967, in Caddy and Sharp
1986). On distingue ainsi un groupe taxonomique doué de fortes facultés de
renouvellement de sa biomasse ; une telle aptitude s'exprime principalement par une
faible longévité, une croissance rapide et un âge précoce de première maturité. Ces
caractéristiques sont typiques d'espèces manifestant des stratégies dites "-r". A titre
d'exemples, on peut citer sur le littoral français les crevettes grise et rose, l'étrille, la
593
7
2.1. Typologie des ressources
La caractérisation des ressources exploitées semble essentielle, même si elle n'a
que rarement été abordée jusqu'à présent. En raison de l'influence des contraintes
naturelles sur lesquelles l'homme n'a pas de prise, la réalité de la structure des
ressources doit de plus en plus être intégrée aux analyses. Il devient en fait urgent de
comprendre une ressource halieutique plurispécifique comme un écosystème formé de
populations aux caractéristiques biologiques variées, mais dépendantes les unes des
autres par des relations interspécifiques plus ou moins étroites (chapitre 3).
Cette approche suppose la connaissance des traits dominants de l'écologie des
espèces susceptibles d'être la cible d'un des métiers pratiqués par la flottille. Une masse
d'informations est souvent disponible, même si elle se présente sous forme de
littérature diffuse, accessible sur des supports non répertoriés, voire manuscrits, dans
les institutions spécialisées. Sans fournir une liste exhaustive de l'ensemble des
renseignements utiles, il paraît profitable de disposer pour une caractérisation
satisfaisante :
- des paramètres de croissance : leur estimation n'est pas seulement nécessaire à
leur utilisation dans les modèles d'évaluation des stocks, elle fournit aussi des
indications pertinentes pour la détermination de la vitesse de croissance et de la
longévité ;
- des tailles et âges de première maturité et une évaluation semi-quantitative de
la fécondité : le terme semi-quantitatif indique que la classification en deux groupes
peut être suffisante, l'un très fécond, l'autre de fécondité réduite (dont le meilleur
exemple est la raie) ;
- enfin, une indication même approximative de la place occupée par l'espèce dans
la chaîne trophique, tant il est évident que l'aménagement de l'exploitation d'une espèce
dite "fourrage", support de l'alimentation d'autres espèces dans un biotope donné, devra
intégrer des taux de mortalité naturelle supérieurs à ceux occasionnés par la pêche
(chapitre 3).
Bien que l'ensemble de ces variables soit d'un usage courant, nous les
retiendrons ici surtout pour leur capacité de discrimination des espèces en deux types,
selon la classification proposée par Mac Arthur et Wilson (1967, in Caddy and Sharp
1986). On distingue ainsi un groupe taxonomique doué de fortes facultés de
renouvellement de sa biomasse ; une telle aptitude s'exprime principalement par une
faible longévité, une croissance rapide et un âge précoce de première maturité. Ces
caractéristiques sont typiques d'espèces manifestant des stratégies dites "-r". A titre
d'exemples, on peut citer sur le littoral français les crevettes grise et rose, l'étrille, la
593
