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Jean-Louis Durand, Henri Farrugio et Michel Lemoine
simplificateur, cette démarche, dont relèvent trente années de gestion des principaux
stocks halieutiques mondiaux, s'appuie sur quelques hypothèses réductrices :
- les activités des flottilles sur chaque stock sont considérées comme distinctes et
donc unispécifiques (hareng, merlan, lieu noir, ...) ;
- ces flottilles sont reconnues comme homogènes ou aisément convertibles en
équivalents-effort cumulables ;
- les ressources hauturières sont librement accessibles, et tous les navires
concourant à l'exploitation d'un stock ont la même capacité potentielle à
adopter un diagramme d'exploitation équivalent ;
- l'aménagement repose, pour l'essentiel, sur la gestion biologique des principaux
stocks exploités.
Ainsi, l'arsenal réglementaire (quotas de capture, maillages, ...) reposait jusqu'à
une date récente sur un concept unique : le maintien ou le retour de stocks de grande
importance économique à un niveau correspondant au maximum de production
pondérale. L'objectif ainsi défini devenant une préoccupation majeure, l'aménagement
ignorait la plupart des contingences d'ordre économique ou social (coûts ou, plus
généralement, poids des facteurs de production : capital et travail), ou relatives à
l'évolution technique et au contexte de l'exploitation, même si les administrations
nationales chargées de l'application des réglementations tenaient compte en fait
implicitement leurs propres visions et les contraintes économiques lors des négociations
politiques.
11 s'avère à l'expérience que ces mesures ont eu le mérite considérable, oulre
l'émergence d'outils mathématiques d'évaluation performants, d'avoir préservé certains
stocks d'un effondrement total (hareng, par exemple), et surtout, d'avoir convaincu
administration et profession du caractère limité de la production des stocks halieutiques
et de l'intérêt d'une régulation de l'effort de pêche et de l'âge de première capture pour
optimiser la production des cohortes venant successivement entretenir le stock (chapitre
2). Elles ont, cependant, atteint leurs limites à partir du moment déjà ancien où la seule
certitude des observateurs des pêcheries s'est avérée être que, quelque soit la resilience
ou la capacité de reconstitution d'une ressource, l'industrie de pêche était
potentiellement apte à l'anéantir chaque année, alors qu'elle n'a jamais eu autant besoin
d'une ressource abondante et en bon état pour sauvegarder sa rentabilité.
"Dans les années 50 et 60, les économistes élaborèrent des politiques et des
programmes pour "rationaliser" le développement économique de l'activité halieutique,
souvent au détriment des petites unités perçues comme trop dépendantes d'un système
de production considéré comme dépassé et trop consommateur de main-d'oeuvre"
588
Jean-Louis Durand, Henri Farrugio et Michel Lemoine
simplificateur, cette démarche, dont relèvent trente années de gestion des principaux
stocks halieutiques mondiaux, s'appuie sur quelques hypothèses réductrices :
- les activités des flottilles sur chaque stock sont considérées comme distinctes et
donc unispécifiques (hareng, merlan, lieu noir, ...) ;
- ces flottilles sont reconnues comme homogènes ou aisément convertibles en
équivalents-effort cumulables ;
- les ressources hauturières sont librement accessibles, et tous les navires
concourant à l'exploitation d'un stock ont la même capacité potentielle à
adopter un diagramme d'exploitation équivalent ;
- l'aménagement repose, pour l'essentiel, sur la gestion biologique des principaux
stocks exploités.
Ainsi, l'arsenal réglementaire (quotas de capture, maillages, ...) reposait jusqu'à
une date récente sur un concept unique : le maintien ou le retour de stocks de grande
importance économique à un niveau correspondant au maximum de production
pondérale. L'objectif ainsi défini devenant une préoccupation majeure, l'aménagement
ignorait la plupart des contingences d'ordre économique ou social (coûts ou, plus
généralement, poids des facteurs de production : capital et travail), ou relatives à
l'évolution technique et au contexte de l'exploitation, même si les administrations
nationales chargées de l'application des réglementations tenaient compte en fait
implicitement leurs propres visions et les contraintes économiques lors des négociations
politiques.
11 s'avère à l'expérience que ces mesures ont eu le mérite considérable, oulre
l'émergence d'outils mathématiques d'évaluation performants, d'avoir préservé certains
stocks d'un effondrement total (hareng, par exemple), et surtout, d'avoir convaincu
administration et profession du caractère limité de la production des stocks halieutiques
et de l'intérêt d'une régulation de l'effort de pêche et de l'âge de première capture pour
optimiser la production des cohortes venant successivement entretenir le stock (chapitre
2). Elles ont, cependant, atteint leurs limites à partir du moment déjà ancien où la seule
certitude des observateurs des pêcheries s'est avérée être que, quelque soit la resilience
ou la capacité de reconstitution d'une ressource, l'industrie de pêche était
potentiellement apte à l'anéantir chaque année, alors qu'elle n'a jamais eu autant besoin
d'une ressource abondante et en bon état pour sauvegarder sa rentabilité.
"Dans les années 50 et 60, les économistes élaborèrent des politiques et des
programmes pour "rationaliser" le développement économique de l'activité halieutique,
souvent au détriment des petites unités perçues comme trop dépendantes d'un système
de production considéré comme dépassé et trop consommateur de main-d'oeuvre"
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