1. Introduction
Toute société doit répondre à trois questions d'ordre économique :
- quels biens, quels services et en quelles quantités doit-elle produire ?
- qui doit exercer les activités de production ?
- pour le bénéfice de qui ces biens et ces services seront-ils produits ?
Pour répondre à ces questions, les économies capitalistes s'appuient sur les
mécanismes de prix et de marché, ce qui n'empêche pas les décisions prises au niveau
gouvernemental de jouer un rôle important. Les économies à planification centralisée
n'accordent pas la même importance au marché, bien qu'elles aient recours de diverses
façons aux techniques de prix et de marché. Ces dernières années, l'écart entre ces deux
systèmes a tendu à se réduire. Les sociétés capitalistes agissent sur le marché par des
actions publiques telles que des règlements ou des mesures anti-monopoles, tandis que
les pays à planification centralisée recourent davantage au marché pour stimuler la
productivité de la main d'oeuvre, l'efficience dans la production et la distribution des
richesses.
Les pays capitalistes et semi-capitalistes ont obtenu quelques-unes de leurs plus
grandes réussites en agriculture, et quelques-unes de leurs plus grandes déconvenues
dans l'utilisation des ressources naturelles vivantes, notamment halieutiques. La liberté
d'accès aux pêcheries est communément considérée comme à l'origine de l'inefficacité
et du gaspillage économique dans ce secteur. Elle conduit à des situations dans
lesquelles trop de pêcheurs courent après trop peu de poisson. Le gaspillage se
manifeste dans les capacités de capture excessives et les surinvestissements au niveau
des bateaux, des engins et des installations de traitement des produits. Les revenus
fluctuent souvent beaucoup d'une année sur l'autre, les périodes de marasme et de
faillite succédant aux périodes fastes.
Les pouvoirs publics essaient d'y remédier, mais souvent leurs efforts
n'aboutissent pas aux résultats escomptés, quand ils ne font pas involontairement plus
de mal que de bien.
Dans de nombreuses pêcheries, des politiques publiques ne sont adoptées
qu'après un effondrement de la ressource. Quelquefois, le déclin des captures est dû à
la surpêche ; les prises antérieures ont été trop élevées et les captures actuelles ne sont
plus constituées que de poisson de petite taille et de faible poids (chapitre 2). Dans
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