13 - Les modèles bioéconomiques
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sa taille. Cette différence de prix peut refléter une préférence du consommateur et/ou
résulter d'un meilleur taux de récupération lors du traitement des produits (Gates 1974,
Meuriot et Gilly 1986). Dans certains cas, il peut y avoir une remise sur les prix en
fonction de la taille du produit, comme c'est le cas pour certaines palourdes en
Nouvelle-Angleterre. Si nous retenons le cas le plus fréquent où le prix du poisson
augmente avec sa taille, l'effet combiné de l'augmentation escomptée des captures et
des prix unitaires déplacera encore davantage la courbe de la figure 13.1 vers le haut el
la droite.
Ces effets ont plusieurs conséquences :
- pour une flottille de taille donnée, on peut accroître les bénéfices par un choix
judicieux de l'âge de première capture ;
- mais, pour tirer un maximum de richesse d'une pêcherie, il est indispensable de
contrôler aussi bien la capacité, que l'âge de première capture (chapitre 2) ;
- si l'on ne peut limiter l'effort de pêche d'une flottille, le point d'équilibre pour
lequel la création de richesse est nulle (point B) sera atteint, que l'âge de
première capture soit ou non optimisé (fig. 18.3) ;
- l'amélioration du produit par un bon choix de l'âge de première capture peut se
traduire par un bénéfice économique appréciable pour le consommateur
(Richardson and Gates 1985).
L'observation empirique des effets de la surexploitation par la croissance montre
que, souvent, l'essentiel des gains potentiels (jusqu'à 90-95 % du maximum théorique)
est à attendre de la régulation des capacités de capture. Comme, on l'a vu, les gains liés
à la régulation de la taille de première capture sont aussi conditionnés par celle de
l'effort : le contrôle de l'entrée constitue pratiquement une condition sine qua non de
l'aménagement économique de la pêche, (chapitre 18).
Deux réserves doivent être formulées. La première se rapporte aux stocks dont le
recrutement risque de s'effondrer par surpêche. Un tel risque existe pour les
mammifères marins. Chez les poissons, les évidences scientifiques claires que je
connaisse concernent les espèces anadromes et tiennent surtout à la dégradation de leur
habitat dans leurs zones de reproduction (chapitre 8). La seconde concerne l'effet,
mentionné plus haut, de l'amélioration de la valeur des produits. Les bénéfices à
attendre à long terme d'une régulation de l'âge de première capture ne peuvent être
obtenus sans des pertes préalables, couvrant la période de rééquilibrage du stock. Selon
le taux d'intérêt courant, les pêcheurs pourront ne jamais récupérer ces pertes.
Cependant, si le bénéfice pour le consommateur excède la perte des pêcheurs, il existe
toujours un gain économique net pour la société.
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sa taille. Cette différence de prix peut refléter une préférence du consommateur et/ou
résulter d'un meilleur taux de récupération lors du traitement des produits (Gates 1974,
Meuriot et Gilly 1986). Dans certains cas, il peut y avoir une remise sur les prix en
fonction de la taille du produit, comme c'est le cas pour certaines palourdes en
Nouvelle-Angleterre. Si nous retenons le cas le plus fréquent où le prix du poisson
augmente avec sa taille, l'effet combiné de l'augmentation escomptée des captures et
des prix unitaires déplacera encore davantage la courbe de la figure 13.1 vers le haut el
la droite.
Ces effets ont plusieurs conséquences :
- pour une flottille de taille donnée, on peut accroître les bénéfices par un choix
judicieux de l'âge de première capture ;
- mais, pour tirer un maximum de richesse d'une pêcherie, il est indispensable de
contrôler aussi bien la capacité, que l'âge de première capture (chapitre 2) ;
- si l'on ne peut limiter l'effort de pêche d'une flottille, le point d'équilibre pour
lequel la création de richesse est nulle (point B) sera atteint, que l'âge de
première capture soit ou non optimisé (fig. 18.3) ;
- l'amélioration du produit par un bon choix de l'âge de première capture peut se
traduire par un bénéfice économique appréciable pour le consommateur
(Richardson and Gates 1985).
L'observation empirique des effets de la surexploitation par la croissance montre
que, souvent, l'essentiel des gains potentiels (jusqu'à 90-95 % du maximum théorique)
est à attendre de la régulation des capacités de capture. Comme, on l'a vu, les gains liés
à la régulation de la taille de première capture sont aussi conditionnés par celle de
l'effort : le contrôle de l'entrée constitue pratiquement une condition sine qua non de
l'aménagement économique de la pêche, (chapitre 18).
Deux réserves doivent être formulées. La première se rapporte aux stocks dont le
recrutement risque de s'effondrer par surpêche. Un tel risque existe pour les
mammifères marins. Chez les poissons, les évidences scientifiques claires que je
connaisse concernent les espèces anadromes et tiennent surtout à la dégradation de leur
habitat dans leurs zones de reproduction (chapitre 8). La seconde concerne l'effet,
mentionné plus haut, de l'amélioration de la valeur des produits. Les bénéfices à
attendre à long terme d'une régulation de l'âge de première capture ne peuvent être
obtenus sans des pertes préalables, couvrant la période de rééquilibrage du stock. Selon
le taux d'intérêt courant, les pêcheurs pourront ne jamais récupérer ces pertes.
Cependant, si le bénéfice pour le consommateur excède la perte des pêcheurs, il existe
toujours un gain économique net pour la société.
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