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C. Alzieu et G. Ravoia
5. Les axes de recherche et d'action
5.1. Conséquences des carences dans les connaissances
C'est à l'occasion d'intoxications accidentelles ou chroniques que l'opinion
publique a été sensibilisée à la nécessité de conserver la qualité des milieux littoraux,
que ce soit pour garantir la salubrité des produits de la mer, ou celle des activités
d'agrément. Parallèlement, la problématique scientifique a évolué, passant de
l'identification des sources de pollution à la description qualitative des processus, pour
s'intéresser maintenant à leur quantification et à leur modélisation. Le retard des
connaissances résulte du caractère relativement récent de l'émergence des problèmes
dans le domaine maritime, du moins dans leur généralité et dans leur diversité actuelles
et, plus encore, de la complexité des phénomènes en jeu, qu'il s'agisse des processus
écologiques ou des manifestations épidémiologiques. Il se traduit par des incertitudes
de nature et d'importance variables selon les cas, mais qui, même si ce ne sont pas les
seules, contrecarrent et retardent l'action.
A la faiblesse initiale des connaissances correspond un aménagement
essentiellement réactif et empirique. Ainsi, les phénomènes d'eaux colorées sont-ils
traités par la mise en oeuvre d'un réseau de surveillance et l'interdiction de
commercialisation des produits en provenance des secteurs contaminés. Si ces mesures
satisfont les exigences de la consommation (protection de la santé publique), elles ne
satisfont pas celles de la conchyliculture. De même, des solutions aux antagonismes des
activités ont été recherchées dans une stratégie de ségrégation spatiale qui ne peut
valoriser pleinement les potentialités des différents secteurs géographiques. Compte
tenu des risques encourus, les carences dans le savoir amènent à prendre des marges de
sécurité supérieures, ou à fixer arbitrairement les normes d'émission ou de
contamination admissibles. A l'inverse, avec l'expérience et les connaissances acquises
sur la contamination des moules par les efflorescences de Di/wphysis, les interdictions
de commercialisation ont pu être mieux ajustées à la distribution spatio-temporelle des
efflorescences, et raccourcis les délais dans les prises de décision, sans qu'il soit encore
pour autant possible d'agir sur les causes (aménagement préventif et curatif). Ces
phénomènes se produisant aussi dans des conditions naturelles, la cause anthropique de
l'augmentation apparente (il n'existe pas de séries historiques d'observation) de leur
fréquence d'apparition et la dynamique de succession des peuplements
phytoplanctoniques restent à élucider. La situation concernant l'apparition des marées
vertes s'analyse dans les mêmes termes : leur origine peut-elle être reliée aux activités
agricoles ou aux pollutions d'origine domestique et urbaine ? Des réponses à ces
interrogations dépend directement la capacité d'agir sur les sources d'émission, et de
comparer les coûts sociaux des pollutions à celui de leur réduction. Ainsi, la
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